Si le pragmatisme a longtemps rencontré des réticences en France, c'est à cause de son caractère "américain" et de sa réduction à la pédagogie Or, il retrouve aujourd'hui un écho et une influence inédits. Cela tient à un processus de sécularisation de la culture, d'individualisation et de privatisation de la vie sociale qui marque l'histoire des sociétés européennes. Le pragmatisme semble contribuer ainsi à une reconstruction de l'éducation. Pourtant, il semble que l'on ait méconnu, et que l'on méconnaisse encore, l'originalité et la force d'une tradition - James, Dewey, Rorty - qui s'attache à tenir ensemble deux domaines d'ordinaire traités distinctement : la théorie de la connaissance et la logique d'une part ; la philosophie politique d'autre part. C'est cette caractérisation qu'examine cet ouvrage pour dégager deux caractéristiques centrales du pragmatisme : la récusation de toute forme de dualisme et l'affirmation du pluralisme. Dans chaque cas, ce livre montre comment s'articulent alors conception du savoir, théorie de la vérité et définitions logiques d'une part, pensée du politique, du pouvoir et de la démocratie d'autre part. Là est l'originalité de cet ouvrage qui permet d'éclairer alors les difficultés d'une pensée française pétrie de cartésianisme et éprise de la passion de l'unité, à faire sienne la philosophie du pragmatisme.
Date de parution
19/06/2013
Poids
390g
Largeur
215mm
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EAN
9782711624898
Titre
PRAGMATISME ET EDUCATION JAMES, DEWEY, RORTY
ISBN
2711624897
Auteur
FRELAT-KAHN
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
390
Date de parution
20130619
Nombre de pages
0,00 €
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Quoi de plus étranger en apparence à notre tradition que le libéralisme ! Importance de la volonté dans la définition de la loi et de la nation, unité abstraite de la laïcité, intervention de l'Etat et Etat-providence sont autant de traits qui font de la France, selon de mot de Hayek la patrie du " rationalisme constructiviste ". Projet d'établissement, discrimination positive incarnée dans la politique des ZEP, diversification des établissements, reconnaissance de la particularité des personnes : voilà un paysage à bien des égards nouveaux pour l'éducation en France. Si le libéralisme désigne le processus d'émancipation de l'individu, il peut sembler que nous vivions aujourd'hui un moment de transition. L'émancipation à l'égard du réel qui caractérise le libéralisme classique rencontre aujourd'hui cette aspiration à une émancipation plus radicale : celle de l'individu à l'égard de sa propre humanité. Partant de la reconnaissance de l'homme naturel, c'est-à-dire essentiel, le penseur du droit naturel a pour souci d'instaurer une société légitime. Le libéral que nous rencontrons et que peut-être nous sommes chacun à quelque égard suppose la naturalité de la société et a pour préoccupation la réalisation de l'individu comme tel. On peut retrouver ce retournement du processus d'émancipation au cœur de l'école.
Conçue pour les lycéens, les étudiants préparant le DEUG ou les concours des grandes Ecoles, la collection " Philosopher " s'organise autour des notions, des doctrines et des auteurs de cette discipline singulière qu'est la philosophie. " La fonction de penser ne se délègue point " disait Alain. Si philosopher, c'est s'interroger sur le sens des mots et des choses, cette collection est une invitation à l'effort de chacun pour penser par soi-même. A la fois essai et cours rédigé, chaque titre est un auxiliaire précieux pour l'exercice difficile de la dissertation.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.