Les marchés sur lesquels nous échangeons ne sont pas terres arides où s'articuleraient froidement des intérêts calculateurs. Ils sont au contraire saturés de repères et d'échelles - logos, noms propres, critiques, réputations, certifications, labels, titres et statuts - qui contribuent à définir nos choix et, partant, à peser sur les jeux concurrentiels. Comment comprendre le rôle déterminant que joue le critique Robert Parker dans la fixation du prix des vins de Bordeaux? Après tout, nul appareil coercitif n'impose aux acteurs du monde bordelais de s'appuyer sur ses notes pour fixer leurs prix; et pourtant nul ne peut les ignorer. C'est donc la puissance de l'institution marchande "Robert Parker" qu'il faut d'abord expliquer. Si ces institutions jouent un tel rôle dans notre vie économique, il nous faut aussi rendre compte de leur origine et de leur transformation: d'où vient par exemple que le Sentier, longtemps associé à l'industrie de la confection, est brutalement devenu synonyme, au tournant des années 1990, de la net-économie naissante? Genèse et puissance des institutions marchandes sont des énigmes que cet ouvrage propose d'explorer au travers d'un cadre théorique original et d'une série d'études portant aussi bien sur le marché du vin, les firmes de biotechnologies ou la norme ISO 26000. Un livre qui ne manquera pas d'intéresser étudiants et enseignants en sociologie, économie et marketing.
Nombre de pages
260
Date de parution
13/01/2011
Poids
323g
Largeur
139mm
Plus d'informations
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EAN
9782724611878
Titre
Vie et mort des institutions marchandes
Auteur
François Pierre
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
139
Poids
323
Date de parution
20110113
Nombre de pages
260,00 €
Disponibilité
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Les marchés, un objet sociologique ? Ce qui naguère aurait paru empiéter sur la " chasse gardée " des économistes est devenu une évidence et un enjeu majeur. Une évidence tant les réalités marchandes encadrent désormais toute réalité humaine. Un enjeu majeur tant la juste compréhension de ce qu'est un marché conditionne toute action politique et sociale. Les marchés assurent-ils la libre coopération de chacun, ou sont-ils fatalement instruments de domination et d'exploitation ? Les pratiques qui les portent relèvent-elles de calculs désincarnés, ou engagent-elles conventions et valeurs ? Qu'en est-il de l'omniprésence des marques, normes et labels divers ? De la violence des dynamiques concurrentielles ? Synthèse des travaux sur le sujet, ce livre propose une lecture originale des phénomènes marchands et retiendra l'attention de tous ceux pour qui les sciences sociales ont pour mission d'aider à décrypter le monde et à construire l'avenir.
François Pierre ; Chartrain Valérie ; Dozo Björn-O
Ce numéro d'Histoire & Mesure, deuxième volet d'une thématique consacrée à l'Art et à la mesure, s'attache à mesurer l'environnement de la production artistique. A travers l'étude du milieu des critiques d'art contemporain, P. François et V. Chartrain s'intéressent au suivi de leur carrière, souvent tiraillée entre leur métier et leur propre vocation littéraire. Deux autres articles s'appuient sur l'analyse des réseaux pour étudier l'institutionnalisation du monde de l'art : le premier (B.-O. Dozo) montre comment les liens tissés entre les animateurs de la vie littéraire francophone en Belgique contribuent à faire de ce milieu un sous-champ de la littérature belge, le second (K. Hamou) analyse, à travers la pratique du featuring. l'émergence et la stabilisation d'un monde social du rap en France. Un quatrième porte sur les savoirs et les savoir-faire de la construction du bâti dans la France médiévale (M. Wolfe), s'interrogeant sur les rapports entre les différentes strates de l'histoire des sciences, sur la variété et pesanteur des pratiques héritées du passé dans l'architecture et la conception de la construction des agglomérations, sur les apports des artistes et, enfin, sur la tendance à la rationalisation dont font preuve des pouvoirs publics au pouvoir croissant. Le premier des trois articles (M. Brejon de Lavergnée) de Varia centre son objet sur l'étude d'un milieu social, les congrégations du début du XIXe siècle ; il s'agit moins ici de voir comment ce milieu se constitue, que de tenter de le " déconstruire ", en montrant, grâce à l'analyse relationnelle, son hétérogénéité et comment il a pu servir à des stratégies diverses (d'ordre politiques ou professionnelles).T. Jaulin porte son attention sur le rôle joué par les émigrés et leur statut dans l'élaboration du Pacte national libanais, en insistant sur le rôle essentiel des statistiques démographiques dans l'élaboration du compromis socio-politique. Sur ce thème de l'usage de la mesure, Y. Rumpala se penche sur la question du développement durable et sur la construction de ses indicateurs, montrant en quoi cette démarche, éminemment politique, conduit à de nombreux allers-retours entre connaissance et action publique et à des modifications dans la production des données chiffrées.
Après un long siècle durant lequel le pouvoir des actionnaires s'est effacé derrière celui des managers, la finance est revenue au coeur du capitalisme contemporain. Les investisseurs captent désormais l'essentiel du profit et décident de l'orientation stratégique des grandes entreprises. Et après des décennies dominées par des logiques industrielles et commerciales, ce sont désormais les raisonnements de la théorie financière qui priment. Les banques et les sociétés d'assurances sont elles-mêmes transformées jusque dans leur fonctionnement ; elles poursuivent des objectifs et déploient des instruments profondément différents de ce qu'ils étaient il y a quarante ans. Ce mouvement de financiarisation de la finance, ici décrit à partir du cas d'école que constitue le secteur assurantiel, s'explique en l'occurrence par la mise en oeuvre de nouvelles règles du jeu par l'Union européenne : comme Bâle II et III pour le secteur bancaire, la directive Solvabilité II définit depuis 2016 un cadre prudentiel entièrement innervé par la théorie financière contemporaine, destiné à outiller l'actionnaire bien plus qu'à protéger l'assuré.
Ce numéro a pour thème la fabrique du besoin éducatif qui accompagne le développement de politiques éducatives visant l'accessibilisation des systèmes scolaires. Il associe l'institutionnalisation de cette notion à la redéfinition du rôle de l'élève et de l'enseignant liée à des politiques éducatives promouvant l'efficacité du l'institution scolaire. Il porte par ailleurs le regard sur le rôle joué par la généralisation de dispositifs de soutien ciblant les élèves à risque d'échec scolaire. Il s'intéresse enfin aux conventions développées par les acteurs de l'école pour mettre en sens et en scène les principes revendiqués par l'école inclusive tels que la différentiation pédagogique ou les pratiques collaboratives.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.