Extrait J'apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s'arrêter à l'endroit où d'ordinaire tout s'achevait. J'ai un intérieur que j'ignorais. Tout y entre désormais. R. M. Rilke C'est un étonnement non seulement toujours renouvelé mais creusé plus profond au fil des années : la pratique psychanalytique nous amène sur un seuil progressivement repoussé, toujours plus lointain, en lisière de ce qui paraît difficile à nommer et que l'on sent échapper aux mots. Là, se tapit une violence que l'on voudrait pouvoir dénier, notre intime barbarie : celle qui nous habite et celle de nos patients, celle de leur histoire et de notre parcours, la sombre lutte toujours reprise pour admettre pleinement l'altérité ; s'y tiennent aussi les beautés que j'ai tenté de traduire dans mon précédent livre ; s'y dissimule encore, et s'y révèle - d'une façon essentielle - l'énigme du transfert : celui-ci constitue le sujet et la matière même de ce livre. Espace tissé en commun où semblent se mouvoir, secrètement s'accorder ou s'affronter, deux silhouettes à peine discernables, il se laisse deviner, mais jamais saisir et désigner complètement. Il paraît parfois désertifié tant l'effroyable solitude d'un enfant l'envahit, et pourtant il est habité de mille présences : celles des générations antérieures dans des transmissions le plus souvent obscures, celles qui peuplent une culture commune. Le transfert, à la fois lieu des répétitions et des transformations, de mutations possibles au travers des répétitions mêmes car elles trouvent là une adresse nouvelle, a été - et est toujours - un thème majeur de réflexion des psychanalystes : avec et depuis Freud, des conceptions parfois divergentes, notamment sur la question d'une distinction transfert / contre-transfert, se sont exprimées aussi bien dans des travaux purement théoriques qu'au travers d'études cliniques. Ici, je ne prétendrai pas apporter du nouveau à ces débats. Je chercherai à aborder par un autre biais ce domaine fondamental de la pratique de l'analyse : ni réflexion théorique sur le transfert, ni «études de cas» proprement dites destinées à analyser celui-ci, ce livre part de la tentative d'écrire - plus exactement de traduire - le transfert dans la cure de quatre patients de l'intérieur même de ce transfert, dans la diversité et l'ampleur de ce qu'il engage pour les deux sujets en présence. J'essaierai de le transcrire au plus près possible, de suggérer et dépeindre les entrecroisements de tout ce qui le traverse et qui ne se laisse pas toujours penser. Car en grande part maintenu inconscient, il échappe de surcroît pour beaucoup au pensable et au dicible.
Nombre de pages
118
Date de parution
01/05/2011
Poids
149g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782705680961
Titre
Psychanalyses entre mots
Auteur
Franck Annie
Editeur
HERMANN
Largeur
140
Poids
149
Date de parution
20110501
Nombre de pages
118,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Comment la pensée mathématique permet-elle, à certains sujets, de maintenir en équilibre une " potentialité psychotique " ? Comment celle-ci se manifeste-t-elle à l'âge adulte ? Quelle fonction peut remplir dans un tel destin l'investissement d'une pensée rigoureuse qui tient à distance la subjectivité ? De quelle façon certaines spécificités des mathématiques peuvent-elles offrir à ces êtres raisonnables si opaques à eux-mêmes, passionnés de la démonstration sans faille, un point d'appui pour leur je menacé d'effondrement ? Quel lien établir, chez eux, entre la présence d'un " fantôme " et leur orientation vers une pensée fondée sur les " idéalités mathématiques " ? Annie Franck nous propose ici une réflexion psychanalytique sur le devenir de vies et de pensées secrètement affrontées à l'impensable de leurs origines, qui exercent un recours contre le danger extrême de la folie en s'attachant passionnément à la clarté de la raison. Elle le fait à la faveur d'un travail psychothérapique réfléchissant son propre déroulement et non d'une théorie préalable dont elle aurait cherché la validation. C'est ainsi qu'elle croise les approches théoriques de Piera Aulagnier, Winnicott, Melanie Klein, Maria Torok et Nicolas Abraham, pour élaborer une pensée originale et rigoureuse.
De toutes nos barques, nous avons sombré. Non que les tempêtes se soient particu-lièrement déchaînées. Bien au contraire : les eaux étales furent notre perte. Lourdement chargées, chargées de souffrance, nos barques avaient résisté. Peut-être oubliaient-elles le fardeau, peut-être se croyaient-elles légères ? Elles voguaient par tous les temps dans l'ignorance de leur poids immense, car toutes les embarcations – galions et vaisseaux même – ne rêvent-elles pas aussi ? Elles affrontaient l'ouragan ; elles défiaient – en tout méconnaissance – les plus cruelles falaises et les gouffres les plus affreux. Elles avançaient innocentes, soutenues sans doute par leur naïveté. Elles entrèrent un jour dans un port... Or aucun point d'ancrage ne put y être trouvé. Ce qui fut alors devant elles se révéla sans recours. C'était l'impossibilité d'un appel : aucun écho n'aurait répondu. Les échos et les résonances s'étaient engloutis, certainement depuis longtemps : elles l'avaient jusque là ignoré. Ce fut le coup d'arrêt ; il ne serait plus possible, jamais, de l'oublier : une solitude totale s'étendait partout, écrasante. Le vide se creusa sous elles, incompréhensible, dévorant, brutal. Nos cargaisons devinrent insoutenables. Nos coques se fendirent. De toutes nos barques, nous nous sommes retournés vers l'abîme noir... Seul subsiste un lent tournoiement mystérieux des eaux au milieu du port, à peine discernable dans les reflets de lumière. Qui pourrait y deviner ne serait-ce que l'ombre d'un anéantisse-ment passé ? "
Au XXe siècle, l'Europe centrale et orientale a été l'épicentre de tensions internationales. Soumise aux ambitions de puissances totalitaires, elle a connu leur emprise idéologique. La diplomatie culturelle déployée par la France dans cet espace, de 1936 à 1940 puis dans les années succédant à la Seconde Guerre mondiale, a eu une double dimension : stratégique et idéologique. A partir d'archives et d'entretiens, ce livre en étudie les enjeux, les modalités, les adaptations renouvelées, les limites. Il observe les continuités et les évolutions entre les deux temps, et, sous l'angle culturel, appréhende la complexité d'une entrée en guerre froide. Dans la fin des années 1930, l'affirmation culturelle est ambitieuse, multiforme, face aux avancées de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste ; elle connaît des inflexions après " Munich ", en particulier une symbiose entre " culture " et " information ". Ultérieurement, alors que les Alliés, vainqueurs, sont très présents, il s'agit d'une reconstruction pour retrouver une position d'influence. La France de 1945, affaiblie, mobilise ses ressources ; elle affiche sa proximité avec les mutations en cours à l'Est. Rapidement, le contexte international, l'évolution des Etats sous tutelle soviétique, les choix de la France – intérieurs et en politique étrangère – s'interposent dans la poursuite de l'action. Aux espoirs de concordances succède un réalisme face à une " Normalisation ". Une diplomatie culturelle " en résistance " est confrontée à une élimination programmée par le Kominform et ses relais. L'éviction du Bloc de l'Est s'inscrit dans un processus qui atteint l'ensemble des puissances occidentales.
Résumé : Cultiver ses propres légumes, c'est redécouvrir la saveur des tomates ou des haricots verts, c'est l'assurance de manger des légumes sains, gorgés de vitamines ! Grâce à ce livre, vous apprendrez à créer votre premier potager bio étape par étape : choix de l'emplacement, préparation du sol, sélection des légumes et des aromatiques, semis, plantation, entretien, bonnes associations, calendrier de culture des principaux légumes...
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.