Après les attentats du 11 septembre, la ville de New York a été envahie par les écrits. D'innombrables papiers ont recouvert des murs entiers, des vitrines de magasins, le mobilier urbain. Jour après jour, Béatrice Fraenkel a mené une enquête photographique en visitant les hauts lieux de la catastrophe et en documentant les trajets les plus banals, sans liens directs avec les attentats.Tout passant est, de fait, déchiffreur des signes qui l'entourent. Ici, les lectures se font silencieuses, attentives, atterrées, impuissantes. Pourtant chacun en lisant fait circuler la force des encres multicolores, la force blanche des supports de papier, la force des messages répétés encore et encore, la force des signatures accumulées.Béatrice Fraenkel a transcrit et traduit les documents pour la plupart. Il lui a fallu démêler l'incroyable imbrication des inscriptions, procéder à des transcriptions exhaustives, bref, transformer en données ces documents bruts.Son projet éditorial présente une triple ambition :- analyser, du point de vue de la ville, la force de cet événement d?écriture- donner à voir ces écrits dans leur diversité et leur répétition- mettre en lumière la relation intime de l?écriture et de la mort qui constitue, de son point de vue, un socle civilisationnel.Concrètement, l'ouvrage sera composé de deux parties : une introduction analytique d'environ cinquante pages suivies des photographies, des « fresques new-yorkaises ». Un jeu de vis-à-vis rendra lisibles les contenus : transcrits, traduits et commentés par l'auteur.Les écritures exposées font saillir une autre dimension de l'espace urbain : sa dimension politique. La nécessité d?écrire aux yeux de tous, et surtout la pulsion de signature qui s'empare de milliers de passants évoque irrésistiblement l'idée d'une cérémonie civique, la scène improbable de la ratification du contrat social à l'origine de tous les contrats.Forces conjuguées du graphique et du lexique, de la main et de l??il, nous voici, peut-être, au fond le plus profond de la raison d?écrire.
Date de parution
22/08/2002
Poids
350g
Largeur
164mm
Plus d'informations
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EAN
9782845970564
Titre
LES ECRITS DE SEPTEMBRE : NEW YORK 2001
Auteur
FRAENKEL BEATRICE
Editeur
TEXTUEL
Largeur
164
Poids
350
Date de parution
20020822
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Ce livre fait surgir un "continent d'histoire oublié" : la longue gestation, sur dix siècles, du VI ? au XVI ? siècle, de ce geste entre tous familier que nous est devenue la signature. Au carrefour de l'histoire des institutions, de l'anthropologie et de l'histoire des signes, c'est une strate méconnue de l'archéologie du sujet occidental que révèle Béatrice Fraenkel. Au terme du parcours, l'ordonnance de 1554 rendant obligatoire l'apposition de la marque autographe du nom propre sur les actes notariés apparaît comme le sacre d'une nouvelle conception de l'identité. Aux anciennes marques de l'appartenance sociale se substitue la reconnaissance d'une singularité de l'être. Interrogeant en historienne les actes de la chancellerie royale ou les seings notariaux, réfléchissant en linguiste sur la spécificité de ce signe d'identité, entre lettre et image, entre symbole, icone et indice, Béatrice Fraenkel apporte une contribution particulièrement originale à l'intelligence de la constitution de l'individu moderne.
Le travail et son organisation changent. On communique davantage, autrement. Les technologies de la communication et du travail à distance mais aussi de nouvelles attentes managériales expliquent cette évolution. L'informatisation des services, les call-centers, l'assistance téléphonique ou la visioconférence transforment le travail collectif, les relations de vente ou de conseil. Pour satisfaire un client, pour se coordonner, pour respecter des normes de qualité, le salarié écoute, écrit, signe, décrit, reformule, explique. Les hiérarchies éditent des scripts, des chartes, divers formats d'écriture et de parole. Comment les salariés s'accommodent-ils de ce cadrage ? En quoi les nouvelles formes d'organisation rendent-elles nécessaire cette tendance au calibrage ? Jusqu'où peut-on standardiser le langage ? Cet ouvrage collectif s'appuie sur des recherches de terrain variées (SNCF, EDF, industrie automobile et aérospatiale, chirurgie, commerce et conseil, presse écrite, vie syndicale, conseil municipal) pour interroger les liens entre langage et organisation. Car si la communication est évidemment la base de toute coopération, elle devient aujourd'hui une ressource de productivité très convoitée !
Résumé : Grapus est un collectif de graphistes fondé peu après 1968 par trois jeunes militants communistes, Pierre Bernard, François Miehe et Gérard Paris-Clavel, que rejoignent quelques années plus tard Jean-Paul Bachollet et Alex Jordan. Au fil des deux décennies d'existence du groupe, qui se dissout en 1990, quelque quatre vingt graphistes y ont participé, aux côtés de ses fondateurs. Grapus a toujours défendu le travail collaboratif sous une signature unique, et un engagement fort par la création graphique elle-même, pour des commanditaires dans les domaines politique, syndical, associatif et culturel. Si l'affiche a constitué pour Grapus un support d'expression privilégié, bien d'autres formes ont été investies par le collectif, du magazine aux identités visuelles ou à la scénographie d'exposition. Le livre, avec une iconographie largement inédite et l'étude d'aspects peu connus de Grapus, apporte un éclairage original s'appuyant à la fois sur les archives du collectif conservées par la Ville d'Aubervilliers et sur des entretiens avec les protagonistes. Il réunit des articles rédigés par les participants d'un séminaire de recherche pluridsicipliniare (anthropologie, histoire et histoire de l'art) encadré par Béatrice Fraenkel pour l'EHESS et Catherine de Smet pour l'niversité Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, séminaire mené en relation étroite avec un atelier de recherche et création encadré par Isabelle Jégo et Kevin Donnot à l'EESAB de Rennes, impliquant des étudiants en design graphique dans la mise en page du livre. L'ouvrage est le fruit d'une étroite collaboration entre ces trois institutions à l'occasion d'un programme de recherche pluridisciplinaire de deux années, " Engagement politique et création graphique dans les années 1970-1980 ", dans lequel est également engagée la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, dont l'exposition sur ce thème se tiendra aux Invalides en février mars 2016. Le livre sortira à cette occasion.
La science apparaît généralement comme issue d'esprits solitaires et géniaux qui ont façonné leur époque. Cette représentation laisse cependant dans l'ombre le travail collectif qui soutient l'entreprise de production des connaissances. En suivant les chercheurs de plusieurs disciplines dans leurs activités concrètes, David Pontille étudie avec minutie les négociations, les tensions et les justifications dont la signature des publications scientifiques est l'objet. Dans un contexte où la science est une entreprise de plus en plus collective - il n'est pas rare que des articles arborent une centaine de noms -, l'ensemble des participants doit s'accorder pour décider qui signe. Mais signer ne suffit pas toujours. La place occupée par chacun dans la liste des noms revêt elle-même une importance capitale : elle doit en effet refléter le travail exécuté et les compétences personnelles mises en œuvre dans le projet collectif. Enjeu de prestige, la signature est simultanément le lieu d'expression d'un sens de la justice : l'ordre des signatures est tenu de garantir les " bonnes " attributions. Ce parcours dans l'activité scientifique fait apparaître la signature dans son épaisseur pragmatique, comme une pratique où se conjuguent valeurs morales, représentations du travail et formes de l'action en collectif. À coté de l'article qu'elle accompagne et au-delà du contenu scientifique véhiculé, la liste des signatures en science raconte elle aussi une histoire : chaque générique de noms garde les traces et dit à sa manière les modes d'organisation du travail qui sont au fondement de l'économie moderne des connaissances.
Camille Leboulanger a détourné son regard de la figure charismatique de Karl Marx pour nous faire appréhender son épouse, Jenny. Entre essai et roman, cette biographie retrace l’histoire d’une femme intelligente, sacrifiant beaucoup pour la lutte et participant activement aux idées de son mari et à leur diffusion tout en faisant face à un quotidien rude de femme du XIXème siècle. À la fois fresque d’une époque mouvementée, introduction aux pensées de Marx et consorts, réflexion sur la condition des femmes et portrait d’une personnalité remarquable, cet ouvrage se lit sans peine et parvient à nous faire appréhender la collectivité derrière un nom. Passionnant.
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Un dialogue inédit et puissant dans lequel Eric Fassin revient, à l'heure où les savoirs critiques sont attaqués, sur son parcours de sociologue, ses combats intellectuels - du genre à la démocratie précaire - et sa manière d'habiter ce métier. Un texte accessible, pensé comme un passage de relais.