A force d?être invoquée, la laïcité se brouille. Un vrai champ de bataille. Dans cet essai précis pédagogique et vivant, Caroline Fourest distingue trois laïcité en guerre. La laïcité tout court, fruit du compromis de 1905. Et deux tentations qui cherchent à la renégocier. La première dans un sens multiculturaliste, anglo-saxon et dit " ouvert ", au risque des accommodements déraisonnables, d'une " liberté religieuse " envahissante, et de faciliter la montée des intégrismes. L'autre tentation relève du monoculturalisme, normatif, identitaire, replié, à géométrie variable, flattant l'identité et les passe-droits quand il s'agit de parler au nom de l'identité chrétienne et l'exclusion voire la discrimination quand il s'agit d'Islam. Ecartelée entre les deux, la laïcité tout court, sans adjectif, est elle-même tiraillée par un nouveau contexte, qui n'est plus celui de 1905, et peut aller d'une vision équilibrée à une vision plus exigente. Caroline Fourest défend ici une vision équilibrée de la laïcité mais sans concessions envers ceux qui cherchent à l'affaiblir. Elle pose les bases d'un compromis et d'une séparation revivifiés. Un équilibre fait de distinction claire entre l'espace public et privé, entre les différentes niveau d'exigences selon qu'il s'agisse d'espace de liberté ou de contrainte, tout en plaidant pour une vigilance de tous les instants envers les propagandes qui voudraient faire passer ce compromis pour de l'intolérance. Cette laïcité n'est ni fermée ni " ouverte ", ni négative ni positive, ni raciste ni " islamophobe ". Mais le fruit d'une ambition et d'un effort qu'il faut poursuivre, notamment à l?école, si l'on veut vraiment protéger la liberté de conscience (dont la liberté de culte), l?émancipation, l?égalité, la fraternité et en un mot, la République.
Nombre de pages
323
Date de parution
12/10/2016
Poids
325g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782246709817
Titre
Génie de la laïcité
Auteur
Fourest Caroline
Editeur
GRASSET
Largeur
140
Poids
325
Date de parution
20161012
Nombre de pages
323,00 €
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Depuis MeToo, il ne se passe pas un jour sans qu'une nouvelle affaire secoue l'arène publique, le milieu du cinéma, des médias ou de la politique. Beaucoup de coupables sont enfin exposés, mais quelques innocents sont aussi sacrifiés, annulés au premier soupçon. La honte a changé de camp, mais la meute aussi. Et la guillotine semble à géométrie variable, selon qui accuse et qui est accusé. Comment reconnaître le faux MeToo du vrai ? Faut-il se fier à la première accusation ou attendre la justice ? Croire sur parole ou respecter la présomption d'innocence ? Bannir à vie, adopter le principe de précaution, accorder une seconde chance ? Répondre à ces questions exige d'écouter sans renoncer au doute. Ce livre propose d'y réfléchir de façon apaisée, en remontant le fil de l'avant et de l'après-MeToo. Ce brillant essai touche plus que jamais l'essentiel. Les échos. Entre éloge de la nuance et critique d'un féminisme jugé radical. Elle. Un indispensable droit d'inventaire pour protéger cette révolution de ses excès. L'Express.
Résumé : Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d'une cause menace et veut censurer parce qu'il se dit "offensé" . Souvent, le procès est mené en criant à l' "appropriation culturelle" , ce nouveau blasphème. Au Canada, des étudiants réclament la suppression d'un cours de yoga pour ne pas risquer de "s'approprier" la culture indienne. Aux Etats-Unis, des étudiants s'offusquent aux moindres contradictions, qu'ils considèrent comme des "micro-agressions" , exigent des safe spaces, dans lesquels on apprend à fuir le débat et l'altérité. La France elle-même n'y échappe pas, où des groupes tentent d'interdire des expositions ou des pièces de théâtre... souvent antiracistes ! Ce livre propose une autre voie, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l'hommage, tout en continuant à penser et à se parler. Le cri d'alarme d'une figure de la gauche qui ne reconnaît plus les combats des siens. Le Point.
L'universalisme, cette ambition gravée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, semble à bout de souffle. Aux Nations unies, certains Etats invoquent des "circonstances nationales" pour ne pas appliquer les droits de l'homme, et le "respect des religions" pour limiter la liberté d'expression. Au nom de la "diversité", des politiques cultivent le droit à la différence contre le droit à l'égalité. Au nom de la tolérance, on tolère le fanatisme. Le multiculturalisme est partout en crise depuis le 11 septembre 2001. On se déchire pour savoir comment concilier respect des valeurs communes et respect des particularismes. Avec pédagogie, Caroline Fourest explique le "modèle français", le malentendu avec le monde anglo-saxon, tout en poursuivant sa quête intellectuelle: être antiraciste sans tolérer l'intégrisme, refuser à la fois la confusion multiculturaliste et la tentation monoculturaliste.
Résumé : Après l'immense émotion suscitée par l'attentat contre Charlie Hebdo, Caroline Fourest revient sur ces voix, ces "oui mais", qui, au nom de la "responsabilité", de la peur d'"offenser" ou du soupçon d'"islamophobie", n'ont pas voulu "être Charlie". Dans cet essai pédagogique sans concessions, elle recadre les débats sur la liberté d'expression et alerte sur les dangers d'une mondialisation de l'intimidation. Elle clarifie la ligne de fracture entre laïcité à la française et relativisme anglo-saxon. Entre droit au blasphème et incitation à la haine. Entre Charlie et Dieudonné. Entre rire du terrorisme, et rire avec les terroristes.
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
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Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
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