En bref : cet ouvrage présente la manière dont la pensée plurielle déployée par le mouvement franciscain depuis plus de 800 ans a su participer à l'émergence de l'esprit moderne, mais aussi donner des forces pour l'évaluer dans ses limites et ses avancées. A l'heure où un pape, le premier du nom, choisit de s'appeler François, il devient plus urgent de découvrir à quel point le mouvement lancé par François d'Assise (1181-1226) il y a huit siècles, est aussi générateur d'un certain mode de gouvernance et d'un style puissant de pensée, et pas seulement d'une attitude affective face à la nature ou à la pauvreté sociale et économique. Cette pensée multiséculaire s'est développée sur tous les continents selon diverses modalités que le présent ouvrage s'efforce de repenser d'une façon à la fois synthétique (philosophique, théologique et spirituelle principalement) et analytique (par une chronologie intellectuelle précise élaborée de manière nouvelle).Cette approche de la pensée franciscaine met l'accent sur son attrait majeur (la centralité de la liberté) et sur l'effroi qu'elle provoque (la mise en relief des événements contingents dans la logique du monde, une parmi d'autres possibles, la matière, le vivant, l'homme, ses morales, ses politiques, ses lois, ses sciences, mais encore ses rites, religions et perceptions de l'infini). La lecture de La pensée franciscaine suggère que la meilleure force de la vie, c'est de savoir apprécier sa vulnérabilité comme contingence - c'est-à-dire ni hasard, ni nécessité, ni artificiel dosage de l'un et de l'autre, mais ce qui nous touche à l'aube de toute conversation avec le monde. Bernard FORTHOMME, membre de l'Ordre des Franciscains, né en 1952, philosophe, théologien et historien de la spiritualité, enseigne à l'Université jésuite de Paris (Centre Sèvres). Au cours des dix dernières années, il a publié notamment: De l'acédie monastique à l'anxio-dépression. Histoire philosophique de la transformation d'un vice en pathologie (Seuil, 2000) ; L'Expérience de la guérison (Seuil, 2002) ; La Folie du roi Saül (Seuil, 2002) ; La Jalousie. Puissance élective, logique divine, force naturelle et passions humaines (Bruxelles, Lessius, 2005, 815 pages ; diffusé par le CERF) ; La Conversation et les écoutes difficiles (Paris, Editions franciscaines, 2007). Il a fait paraître également une Théologie des émotions - structurée par l'expérience théâtrale (Paris, Cerf, 2008), puis une édition française de l'Histoire de mon bonheur si malheureux (texte italien de 1491) de Camilla da Varano (Paris, Ed. Franciscaines, 2009, diffusé par le CERF), et Les Aventures de la volonté perverse, Lessius, Bruxelles, 2010, 350 pp. (diff. CERF), et récemment, une Théologie de l'Aventure, Paris, Cerf, 2013. A retenir : 800e anniversaire de l'Ordre des Franciscains et des Clarisses.
Nombre de pages
462
Date de parution
13/01/2015
Poids
610g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782251420523
Titre
La pensée franciscaine. Un seuil de la modernité
Auteur
Forthomme Bernard
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
150
Poids
610
Date de parution
20150113
Nombre de pages
462,00 €
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Deleuze a contribué à mieux nous faire entendre la puissance affirmative du désir et la portée métaphysique des hallucinations et délires. Une logique de la folie qui excède la question du langage et des choses... Cet essai prolonge une intuition restée en friche : la prise au sérieux de la dimension " théologique " des délires dont la catégorie psychiatrique obsolète des " délires mystiques " est une occultation au lieu d'être l'explication, le dépliement qu'elle aurait pu suggérer.
Dympna est une princesse irlandaise du VIIe siècle désirée par son père dès la mort prématurée de sa mère. Refusant la fatalité à laquelle son père l'astreint, elle s'enfuit à Geel dans la région d'Anvers, où les séides paternels finirent par la retrouver. Décapitée par son père suite à sa résistance réitérée, le lieu de son supplice devint, bien ultérieurement, un centre d'accueil des insensés qui bénéficia d'une renommée universelle au XIX, siècle, époque où le mode de traitement des aliénés est au centre de nombreux essais théoriques et pratiques. Cette généalogie renouvelée de l'inceste comprend une traduction critique de la légende latine médiévale, une étude des sources bibliques de cette légende concernant la compréhension profonde des différents types d'inceste, une analyse de connotations irlandaises - le motif de l'inceste joue un rôle appuyé dans l'hagiographie insulaire-, ainsi qu'une approche de son influence sur le recueil des "Innocents". Impact touchant les institutions hospitalières religieuses et civiles jusqu'à la révolution française qui bouleversa, et en profondeur, la séculaire tradition d'accueil des malades mentaux, mais sans l'interrompre. Suit une étude de la réalité sociale actuelle du placement familial à Geel, ainsi qu'une réflexion plus générale sur les avantages et les nuisances du placement familial des personnes perturbées, et sur l'essence de la famille comme instance critique de la dérégulation mondialisante ou individualiste réactive, autant que de la tyrannie médicale et du dirigisme politique, comme forme indépassable du "chez soi".
Résumé : Voici un essai de synthèse - la première en langue française -de la théologie franciscaine, de saint François jusqu'à nos jours. Bernard Forthomme nous offre un travail attendu depuis longtemps par tous ceux qui cherchent à découvrir ou à mieux connaître la théologie franciscaine. Pour cela, il fallait reprendre non seulement l'évolution complexe de l'Ordre, mais la création de la théologie nouvelle à Paris, dès la première moitié du Xlle siècle ; théologie dans laquelle les premiers frères vont s'insérer. Et pour éviter l'abîme entre Assise et Paris, il ne fallait pas s'en tenir au côté abstrait et spéculatif du sujet, mais réintroduire la question essentielle du rapport aux lépreux, de la pratique liturgique et de la prédication ; d'où l'importance inédite des Sermons dans une histoire de la théologie universitaire. Il s'agissait ensuite d'éviter un deuxième écueil : la rupture entre le XIVe siècle et... aujourd'hui ! L'auteur met bien en valeur l'humanisme franciscain qui se développe à partir du XVe siècle, la richesse de la pensée du XVIIe (la missiologle est une invention franciscaine), sans parler de l'invention de la christologie et de la défense de la liberté de Jésus (par rapport à la personne divine ou même la nature humaine) par le frère Déodat dès 1900, bien avant K. Barth ou K. Rahner ! La seconde partie de cet ouvrage, plus monographique, offre six profils de théologiens franciscains issus d'une importante contribution de chercheurs américains. Ce livre s'achève sur une présentation de la théologie de la libération, développée notamment par Leonardo Boff.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Depuis sept ans, Le Bulletin des Belles Lettres est le compagnon idéal de vos bibliothèques, arpentant les livres et les époques avec pour seule boussole un thème annuel. Ce numéro part à la rencontre des langues imaginaires, nées par frictions étincelantes avec notre réalité commune. Il rend hommage à l'intraduisible, à ce qui se joue à la lisière des langues et des mondes connus. Certains tissent des mots comme un flot, de conscience ou de rimes. Chez Simine Dânechvar, Virginia Woolf et James Joyce, la langue romanesque prend des formes intimes qui subjuguent la conscience ; les poètes Yahya Kemal et Ahmet Hâsim réinventent l'art poétique turc ; avec Rilke la poésie passe d'une rive à l'autre ; Lewis Carroll fait du langage sa créature. D'autres parlent des langues nouvelles. Déchiffrez l'elfique de Tolkien et conversez en na?vi ; adonnez-vous à la glossolalie jubilatoire d'Antonin Artaud ; inventez des hiéroglyphes avec Athanasius Kircher ; écoutez la confession d'un interprète extra-terrestre mise en récit par Alexander Dickow et animée par Laurent Gapaillard. Cryptogrammes pirates, alphabets sorciers, runes merveilleuses et faux japonais d'un mythomane génial vous initieront au mystère des signes.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Émilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce « grand coeur catholique », qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot « prophétie ». Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un « théâtre dont la scène est le monde », épouse en une langue sublime les contours de l'Écriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l?Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.