La France et l'Algérie en 1962. De l'histoire aux représentations textuelles d'une fin de guerre
Fort Pierre-Louis ; Chaulet-Achour Christiane
KARTHALA
24,99 €
Epuisé
EAN :9782811110475
1962-2012. Cinquante ans ont passé depuis les accords d'Evian, la proclamation de l'indépendance de l'Algérie et la fin de celle qu'en France on appelle désormais officiellement la « guerre d'Algérie ». Car si du côté algérien il fut très vite question de guerre (« Guerre de libération nationale »), dans l'Hexagone, on préféra longtemps évoquer les « événements d'Algérie ». Guerre dite « sans nom », au moins du côté français, elle n'a en revanche jamais été sans mots. Au contraire, de part et d'autre de la Méditerranée, des voix se sont élevées pendant mais aussi après ces combats d'une rare violence, pour témoigner, interroger et transmettre. Ces voix, les universitaires et les chercheurs dont les contributions sont réunies dans ce volume les analysent à travers des textes variés : journaux mais aussi - et surtout - oeuvres littéraires diversifiées tant dans leurs genres (poésie, théâtre, roman, littérature de jeunesse, bande dessinée, témoignage) que dans leurs dates de publication (de 1962 à aujourd'hui). Une spécificité de taille a cependant orienté la constitution des corpus d'étude : celle de ne retenir que des textes qui accordent à l'année 1962 une place de choix, de manière à proposer des lectures novatrices et fermement problématisées autour d'une date fondamentale de cette guerre en particulier et de l'Histoire du XXe siècle en général. Comment cette année résonne-t-elle dans les oeuvres ? Parallèlement à son déroulé, que disent-elles de 1962 ? Quel sens lui donne-t-on dans l'un et l'autre pays ? Pour quels imaginaires et pour quelle(s) mémoire(s) ...
Nombre de pages
332
Date de parution
15/12/2013
Poids
410g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811110475
Auteur
Fort Pierre-Louis ; Chaulet-Achour Christiane
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20131215
Nombre de pages
332,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Une présentation de la problématique littéraire en sept temps : Ouvertures Quelques prolégomènes Perspective 1 Petit parcours historique : la critique à travers les âges Perspective 2 Méthodes critiques Perspective 3 Médias, médiatisation et critique littéraire Perspective 4 L'écrivain critique Perspective 5 Trois regards sur la critique Bilans En guise de conclusion + une bibliographie Recommandé pour les classes de lycée.
L'être que j'appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d'un Français appartenant à une vieille famille du Nord, et d'une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liée, puis s'étaient fixés dans le Hainaut". Ainsi commence Souvenirs pieux, la première partie du triptyque qui constituera Le Labyrinthe du Monde. Cette phrase a servi de matrice aux communications réunies dans cet ouvrage pour explorer l'oeuvre de Marguerite Yourcenar à l'occasion du centenaire de sa naissance. Les auteurs ont réfléchi à cette question dans une perspective tantôt large (création, production, genèse), tantôt relativement restreinte (enfantement). Ils se sont interrogés sur la naissance de l'oeuvre, sur celle de l'auteur comme femme du siècle, sur la (re) naissance et sur toute question qui, d'une manière ou d'une autre, pouvait se rattacher de façon motivée à une problématique de la "naissance" que la critique yourcenarienne avait jusqu'alors peu investie. Par le truchement d'un questionnement riche de sens et de promesses, les auteurs de ce volume nous invitent à lire et relire l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, depuis Alexis ou le Traité du vain combat (1929) jusqu'à Quoi ? L'Eternité (1988), en passant par ses lettres, son théâtre et, bien sûr, ses oeuvres les plus fameuses telles que les Mémoires d'Hadrien (1951).
Ecrire sur la mort de leur mère, se confronter à l'absence ou à la perte, la mettre en mots : au-delà de leurs différences d'époques ou de classes sociales, au-delà de leur variété de parcours de femmes, Marguerite Yourcenar, Simone de Beauvoir et Annie Ernaux ont toutes trois médité sur la mise au tombeau maternelle, qui deviendra l'une des sources de leur ?uvre. Certes, selon les textes, l'évocation des moments difficiles est plus ou moins marquée, les affects plus ou moins mis en jeu, le chagrin plus ou moins exprimé. Mais, à chaque fois, tout se passe comme si, par ce deuil scriptural, l'écrivain restituait la vie à la défunte, la mettait au monde, devenait, par la grâce du verbe, la mère de sa mère... Dans une démarche tout à la fois littéraire et psychanalytique, Pierre-Louis Fort analyse avec subtilité ces trois paroles féminines sur la disparition maternelle et contribue, par cette approche originale, à éclairer les liens complexes unissant mère et fille face à la mort.
Connaît-on vraiment Simone de Beauvoir ? Si cette figure majeure du XXe siècle a pu être qualifiée de "scandaleuse", c'est certainement l'adjectif "révolutionnaire" qui la désigne le mieux. Révolutionnaire parce qu'elle ne cesse de décentrer les certitudes et envisage le monde avec un regard neuf, affranchi du poids des constructions préexistantes : un regard en mouvement, curieux et réflexif. Révolutionnaire, aussi, pour ce goût de la liberté qui est, comme elle le souligne, "une source inépuisable d'inventions". Révolutionnaire, enfin, pour ce désir d'ouverture sans concession et cette propension toujours renouvelée au partage qu'elle place au coeur de la pensée, de l'écriture et, fondamentalement, de la vie.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.