Quelle force de vérité accorder à la poésie ? Apparemment aucune selon Baudelaire. C'est pourtant lui qui assure le passage décisif vers une poésie qui remet en question ses fondements, son devenir, sa nécessité, une poésie qui exige d'être sans cesse perception à valeur existentielle. La réflexivité poétique qui s'exerce entre apparence et tréfonds de l'homme exacerbe le poétique et le menace. Où, quand, comment et vers quoi se joue le vrai du poème ? Pourquoi cette oeuvre pose-t-elle les enjeux de la modernité ? Se débattant contre tout Idéal absolu, la poétique baudelairienne désire la liberté incarnée et douloureuse de l'artiste, de l'humain.
Nombre de pages
458
Date de parution
19/02/2019
Poids
722g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343157641
Titre
Baudelaire et la vérité poétique
Auteur
Foloppe Régine
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
722
Date de parution
20190219
Nombre de pages
458,00 €
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FaminesEntends-tu ce qui courton ne voit pas les chevillesà ces yeux de tout noir, enjointel'énorme saison voisine, déplacedes raccords, des rameauxnuages, nuageux, rougepersonne n'est sur le coeurà cheval, en volsans amour, sans précision, des corps poussent au soleilla moitié de leurs poids au réel, le secet tout plus étroit, plus aux doigtsindivisible et par petits canaux de sang
Si nous ne l'avions pas, nous aurions quoi Pour incendier la cervelle de nos chiens dans l'aube, si seuls Les faire descendre dans leur sang, le sang, un givre Nous aurions quoi comme roc, en pointe, au corps Quelle involution Nous aurions quelle salive Quels genoux, incrustés de farine, plantés, en lumière qui faiblit, le fil On rentrerait encore plus lourds du fond des arbres, dans l'ombre, le lait On avalerait la mort Sans les yeux scintillants, suppliciés Sans la gorge déployée, entravée D'une dernière caresse, carcasse fauve On aurait quoi Née en 1968, Régine Foloppe vit et enseigne à Montpellier. Auteure de plusieurs recueils et essais, dont Famines (Belin, 2023) et Baudelaire et la vérité poétique (L'Harmattan, 2019), son travail a été salué en 1998 par le prix Troubadours pour Qui parle de Fééries, et en 2002 par le prix Max-Pol Fouchet pour Tributaires du vent (Le Castor astral).
Poésie. Voilà donc la langue de la passion, de l'intuition et de la pudeur. Le poème est là : une étoile filante qu'on aurait le loisir de faire surgir plusieurs fois. Il dit dans un resserrement ouvert ce qu'il y a de plus vertigineux en nous : la vie, la vie lorsqu'elle s'emballe, nous étonne et nous métamorphose. Il dit l'émotion terrible et merveilleuse qui fait se percuter deux êtres " tributaires du vent ", deux sensibilités soudain affolées, émues au plus haut point. Tributaires du vent pourrait être une histoire : celle d'un homme et d'une femme stupéfaits de se reconnaître sans se connaître. Densité et banalité : la vie, le vent les éloignent, les rapprochent, les amusent, les déchirent. Et puis l'aventure immense se nimbe de temps, décline à peine, mais trop déjà... Il faut s'arracher à cette brûlure fascinante avant qu'elle ne brûle plus... Créé par l'Atelier Imaginaire, le prix Max-Pol Fouchet récompense sur manuscrit un recueil de poèmes. Un jury international francophone a choisi de l'attribuer à Régine Folonne Ganne.