La sorcellerie et la ville, witchcraft and the city. Edition bilingue français-anglais
Follain Antoine
PU STRASBOURG
23,00 €
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EAN :9782868209863
Dans sa Démonolâtrie (1595), le procureur général de Lorraine, Nicolas Remy, estime que "Les sorciers appartiennent la plupart du temps au monde des bourgs et des campagnes". . Cependant, les vauderies survenues à Lyon et Arras au XVe siècle comme les cas de possession du XVIIe siècle sont autant de témoignages de la présence de la sorcellerie dans les villes européennes. Les études de cas et les essais comparatifs réunis dans ce volume montrent qu'en dépit de la diversité des sociétés urbaines, la sorcellerie apparaît comme un révélateur des enjeux de pouvoir qui traversent les villes modernes. Dans sa postface, Carlo Ginzburg insiste sur la portée d'une approche comparatiste, toujours attentive aux écarts à la norme, et souligne l'importance d'aborder les procès de sorcellerie comme une manifestation particulière des tensions sociales et culturelles.
Nombre de pages
248
Date de parution
10/04/2018
Poids
477g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782868209863
Titre
La sorcellerie et la ville, witchcraft and the city. Edition bilingue français-anglais
Auteur
Follain Antoine
Editeur
PU STRASBOURG
Largeur
165
Poids
477
Date de parution
20180410
Nombre de pages
248,00 €
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Contrôler et punir interroge l'Histoire sur certaines des plus graves inquiétudes politiques actuelles : l'insuffisance, l'indignité, voire la corruption, des dépositaires de l'autorité publique. Les onze contributions abordent à l'époque de création de l'"Etat moderne" les questions essentielles du statut des représentants du pouvoir, de leur choix, de leur responsabilité et de leur éventuelle punition. Il est difficile de trouver des cas qui soient suffisamment documentés, car souvent (déjà !) on préférait occulter les fautes et la punition des agents indignes. Mais plusieurs exemples ont été trouvés et sont traités complètement, depuis le lorrain Barisel jusqu'au financier breton François Miron, en passant par les Aoustenc en Languedoc qui, même au temps de Louis XIV, sont demeurés intouchables. L'illustration de couverture évoque la punition de l'un des personnages du livre qui pensait que sa fonction publique lui donnait davantage de droits qu'aux gens ordinaires. Son juge le fit "déquarteler" pour haute trahison, justement parce que sa fonction induisait tout au contraire des devoirs plus grands.
Du XIIIe au XVIIIe siècle, la vie propre d'un village se mesure à la vigueur des solidarités, au poids des traditions et à l'autonomie de ses moyens. Défendre ses droits et engager un procès, conserver et embellir son église, assister ses pauvres obligent à s'entendre sur ce qu'est l'intérêt collectif, puis requièrent un effort financier. Le renforcement des liens de solidarité ou le repli de chacun sur son privé, se jouent peut-être là. Les villages obligés de recourir à des cotisations, risquent aussi de voir le pouvoir local échoir aux plus capables d'assumer les implications financières d'une décision : " Qui paie, décide ". " L'argent des villages " comporte une synthèse consacrée à l'histoire du village, des études régionales et thématiques accompagnées de sources inédites et un guide bibliographique. Une dizaine de comptes des XVe, XVIe et XVIIe siècles, témoignent de la combativité des villages : nous suivons leurs démarches et leurs ruses : comprenons la nature des " rapports utiles " avec leur seigneur et certains notables ménagés en considération des services et des recommandations attendus d'eux ; nous découvrons les rapports complexes avec l'Eglise, soucieuse de voir une même collectivité dissocier le municipal et le paroissial ; mesurons l'importance des rapports avec l'Etat moderne en construction, bridant les autonomies locales pour donner la priorité à l'impôt du Roi, puis aidant les villages à soumettre aux charges locales, les privilégiés et les propriétaires étrangers.
Le duc Charles III de Lorraine, élevé à la cour de France, en avait ramené l'exemple d'un gouvernement autoritaire. Blaison Barisel, gouverneur de la ville et lieutenant du prévôt, aurait abusé de son autorité, entraîné plusieurs autres à méfaire et même "chié sur les ordonnances ducales". Chargé de mettre fin aux désordres, Nicolas Rémy construisit et enchevêtra plusieurs procès contre celui qui "estoit officier de Monseigneur et qui devoit servir d'exemple aux autres" et qui s'achevèrent par une peine de mort spécifique à la haute trahison.
Le 21 septembre 1617, une jeune maman est retrouvée morte dans la maison des Petermann dans le val de Lièpvre, entre Alsace et Lorraine. On la dit suicidée, mais l'expertise médicale conclut au meurtre. L'affaire Petermann va accuser Anthoine, le vieillard qui dirige la famille et qui n'avait jamais attiré l'attention. Au terme de l'instruction juridique, Anthoine sera condamné à mort. Le crime d'Anthoine commis il y a 400 ans aurait pu avoir été perpétré aujourd'hui pour les mêmes raisons profondes et se retrouver dans la presse et au tribunal.