Que deviennent les passés les plus douloureux quand leurs images photographiques deviennent numériques ? A quel point les mémoires conflictuelles et les écritures de l'histoire se trouvent transformées par les possibles ouverts par la numérisation ? A qui reviennent le droit et l'autorité de parler du passé à travers ces documents souvent perçus comme des preuves irréfutables ? Cet ouvrage offre un panorama des enjeux soulevés par la transformation des traces photographiques des passés les plus contestés en des objets numériques qu'il n'a jamais été aussi facile de partager et de commenter. Derrière la " démocratisation " numérique, déséquilibres politiques, économiques et mémoriels structurent ce basculement vers la digitalisation. Entre passés violents surinvestis et angles morts cultivés, toutes les histoires meurtries ne se valent pas dans l'espace digital.
Nombre de pages
136
Date de parution
14/03/2025
Poids
120g
Largeur
106mm
Plus d'informations
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EAN
9782385191122
Titre
Passés contestés et présents numériques
Auteur
Foliard Daniel ; Schuh Julien
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
106
Poids
120
Date de parution
20250314
Nombre de pages
136,00 €
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Résumé : A l'évocation des mots photojournalisme ou photographie de guerre, la mémoire convoque des icônes dont les plus anciennes remontent aux années 1920 et 1930. On imagine ainsi que les conflits d'avant la Grande Guerre n'ont été que peints, dessinés et gravés ; figés dans un héroïsme un peu innocent avant que les violences du XXe siècle ne soient saisies sur pellicule dans leur réalisme cauchemardesque. Des albums privés des soldats coloniaux aux fonds des premières agences d'images, ce livre, véritable archéologie de la photographie de conflit, est une invitation, et une éducation, à lire l'image-choc pour la désarmer plutôt que la subir. L'auteur se focalise sur les clichés de la violence physique et de la destruction armée, pris non pas comme de simples illustrations mais comme les supports d'une relation sociale. Dans ce monde de la fin du XIXe siècle, les conflits se multiplient de façon inédite et les abus coloniaux ponctuent les conquêtes. En les capturant, l'appareil photographique, devenu portable et abordable, transforme profondément l'économie visuelle de la violence, et ce bien avant 1914. Au-delà d'une histoire des photographies des corps brutalisés et des violences armées, cet ouvrage, loin d'une pornographie du désastre, est aussi une proposition. Comment présenter des photographies montrant les atrocités indicibles pour les penser et en faire l'histoire ? L'observateur, y compris lorsque son regard plonge au coeur des ténèbres, peut retrouver dans les photographies les hommes et les femmes du passé, et non des victimes passives et anonymes figées sur le papier.
Ce numéro de la revue Monde(s) aborde frontalement la question des pratiques de collecte d'objets et de restes humains dans le contexte des conquêtes coloniales de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Il réunit des historiens et des anthropologues formés dans différents pays européens et spécialistes de différents empires coloniaux. Il propose donc une véritable histoire connectée de ces pratiques de victoire et de muséification. Le problème central des mots et des catégories de butin, souvent laissée de côté par les travaux existants, est abordé par plusieurs des articles proposés. Les articles examinent non seulement la capture puis la circulation de ces prises de guerre et de ces objets négociés mais aussi leur vie sociale en métropole.
Ce numéro explore ce que les émulsions et les brusques émissions de lumière artificielle, provoquées par différents moyens techniques allant du magnésium au stroboscope électrique, en passant par les flashbulbs, font à la photographie. Cette archéologie du flash entend échapper au récit trop étroit qui fixe une succession d'innovations technologiques, pour prendre le flash, entendu ici en opposition à l'utilisation de la lumière artificielle en continu, non seulement comme une technique, mais aussi comme un point d'articulation possible entre différentes écritures de l'histoire de la photographie. Les dispositifs socio-techniques que sont l'éclair au magnésium et le flash ont contribué à conférer à la photographie une perspective distincte sur le monde, cet "inconscient optique" cher à Walter Benjamin, capable de faire apparaître ce qui échappe à la vue humaine. Depuis ses premiers développements dans les années 1860, la maîtrise de la fulguration s'inscrit dans une histoire longue de la figuration du monde photographiable, dont ce numéro propose l'histoire, envisagée dans ses imaginaires et ses usages sociaux, ainsi que dans les cultures visuelles qui en découlent.
Les élections ne se gagnent plus dans les urnes, mais dans les flux d'informations qui façonnent nos opinions. Steve Bannon le conseiller de Trump (lors du 1er mandat) ne disait-il pas : "La véritable opposition, ce sont les médias. Et la façon de gérer ça, c'est d'inonder la zone de merde". Nous en sommes là. Chaque jour, des milliards de données sont analysées, triées, amplifiées ou invisibilisées par des algorithmes qui orientent le débat public sans que nous en ayons conscience. L'intelligence artificielle n'est plus seulement un outil : elle redessine les règles du jeu démocratique. Ce livre retrace l'ascension fulgurante de l'IA politique et montre comment la vérité elle-même devient une variable d'ajustement. Cette dérive qui partout met en exergue les "passions tristes" est-elle une fatalité ? Serions-nous condamnés à jamais aux vigueurs orientées des algorithmes ?
Pourquoi un Nouveau manifeste convivialiste ? Parce que, on le voit bien, les conflits qui embrasent désormais le monde, autant ou plus que des conflits économiques, sont des conflits identitaires. Chaque Etat, chaque culture, chaque religion, chaque genre, chaque individu veut être reconnu comme ayant plus ou au moins autant de valeur que les autres. Ces luttes de reconnaissance, par lesquelles chacun veut affirmer une valeur déniée ou retrouver une grandeur perdue (Make America, or Russia, or China etc. great again), sont en train de détruire tous les équilibres moraux et démocratiques hérités. Ils mènent le monde vers une nouvelle lutte de tous contre tous. Vers la barbarie. Le Nouveau Manifeste convivialiste qui, comme les précédents, va être traduit dans de nombreuses langues, se veut une contribution à la préparation d'un grand symposium qui réunira à l'Unesco une centaine de plus hautes autorités intellectuelles, morales et religieuses de notre temps à qui il sera demandé de dire ce qui est autorisé et ce qui est interdit aux humains alors que la survie même de l'humanité est maintenant en jeu.