Entre 1918 et 1940, une charmante petite ville située près du Cap Sicié, le point le plus au sud de la Côte d'Azur, devient un véritable centre artistique européen. Des peintres, des écrivains, des journalistes originaires de plusieurs pays s'y donnent rendez-vous. Les écrivains anglophones sont parmi les premiers: Katherine Mansfield, D. H. Lawrence, Aldous Huxley, Sybille Bedford. Après les peintres comme André Masson, Moïse Kisling, Rudolf Levy, Walter Bondy, des auteurs allemands et autrichiens viennent chercher refuge, notamment après 1933, à l'ombre de la tour médiévale qui constitue le noyau historique de Sanary-sur-Mer. Avec des noms prestigieux - Thomas Mann, Bertolt Brecht, Lion Feuchtwanger, Franz Werfel, Alma Mahler-Werfel, Franz Hessel... - Sanary se transforme pour un temps en "capitale de la littérature allemande en exil", selon l'expression de Ludwig Marcuse, qui écrit à propos de ce lieu symbolique de l'exil devenu sa patrie d'adoption: "Tout revêtait la couleur bleu azur, excepté notre âme. Nous étions au paradis, mais par contrainte et nécessité."Amer azur est un retour sur les artistes et les ?uvres qui ont fait la légende du Petit Littoral.
Nombre de pages
219
Date de parution
16/05/2007
Poids
340g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782866456504
Titre
Amer Azur. Artistes et écrivains à Sanary
Auteur
Flügge Manfred
Editeur
DU FELIN
Largeur
150
Poids
340
Date de parution
20070516
Nombre de pages
219,00 €
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Extrait Il a tout fait pour s'éloigner de ses débuts, de sa famille, de sa ville natale, mais son passé refait surface de temps en temps. Les retours aux origines restent strictement littéraires. Rien ne l'incite à revoir les lieux de sa jeunesse. Il n'était pas sérieux quand il avait 17 ans. Florence, décembre 1903. Devant le théâtre, à l'heure de l'entracte. Heinrich Mann sort du bâtiment. Cet écrivain allemand de 32 ans vient de publier La chasse à l'amour, son troisième roman en trois ans. Que veut-il au juste à cet instant précis ? Fumer une cigarette ou chercher à apercevoir l'énigmatique Graziella, maîtresse fugitive, qui lui a réécrit récemment («Mio carissimo Enrico») ? Méditer sur la lettre hostile de son frère cadet Thomas qui lui reproche l'excès d'érotisme de ses romans et surtout sa productivité abondante ? Trouver une inspiration sans même la chercher ? Plus tard il dira que la scène avait eu lieu pendant une représentation d'une pièce de Goldoni, Le café, dans laquelle une ballerine fait tourner la tête aux hommes. On aurait préféré que cela fût pendant un opéra de Puccini. Celui qui ne croyait qu'aux rêves et aux souvenirs inventés nous accorderait-il cette licence ? Pourquoi pas Manon Lescaut ? L'histoire d'une femme égarée qui finit dans le désert (à l'écart de la bonne société). Le public bourgeois se délecte de la passion déchaînée, de la musique, des vulgarités. Et pourquoi l'amour, cette belle chose, peut-il (faire) tomber si bas ? Heinrich en sait quelque chose, lui qui a été initié à 17 ans, dans sa ville de Lübeck, dans un discret établissement à deux pas de la petite église Saint-Gilles, l'une des sept tours de la vieille ville hanséatique. Dix marks la passe. Ou bien a-t-il été séduit peu auparavant par une cousine plus âgée que lui ? Sur le dessin qu'il réalisa plus tard de cette scène, on voit un jeune homme écrivant à une table, tout surpris que sa cousine l'attrape par-derrière et le presse contre elle. Dans un coin de la pièce se trouve le petit théâtre de marionnettes qui fut si important dans son enfance. Par la fenêtre on voit le jardin de la belle maison parentale ; au loin on devine une façade lübeckoise typique, un pignon en escalier. À moins que ce dessin ne soit le fruit d'une de ses rêveries ultérieures. Certains rêvent d'un avenir plus beau, pendant que d'autres rêvent d'enjoliver leur passé. Toute sa vie il n'a cessé d'inventer des souvenirs pour embellir l'image qu'il voulait donner de lui. Toute sa vie il a aimé faire des dessins érotiques. Toujours des femmes grosses et grasses à la Rubens, dans des postures indécentes. C'est à ces femmes-là qu'il doit ses émotions les plus intenses. Il fut ravi en découvrant dans une lettre de Flaubert cet aveu : «[...] j'aime la prostitution et pour elle-même, indépendamment de ce qu'il y a en dessous. Je n'ai jamais pu voir passer aux feux du gaz une de ces femmes décolletées, sous la pluie, sans un battement de coeur [...]».
Spécialiste de la vie culturelle à Paris sous l'Occupation et de la littérature française au XXe siècle, l'écrivain berlinois Manfred Flügge écrit pièces de théâtre, des essais, des biographies, des romans dont Le Tourbillon de la vie. La véritable histoire de Jules et Jim (Albin Michel, 1994). Traducteur et critique littéraire, il suit également le parcours de Stéphane Hessel depuis près de 30 ans.
Résumé : Auteur du magnifique Promenades dans Berlin, traducteur de Proust, Stendhal et Balzac, Franz Hessel est l'une des voix les plus originales de la littérature allemande. Traduit pour la première fois en français, préfacé par Walter Benjamin, ce roman pourrait être l'esquisse du célèbre Jules et Jim d'Henri-Pierre Roché dont Hessel fut, avec sa femme Helen, la figure inspiratrice. Wendelin, Karola et Clemens : dans le Berlin bohème qui bat au rythme des Années folles malgré le poids de la crise, les destins de trois personnages s'entrelacent. Wendelin, jeune séducteur, rêve de quitter Berlin. Karola, l'épouse de Clemens qui est l'ami de Wendelin, voudrait le suivre, mais l'amour de son fils la retient? En vingt-quatre heures, Franz Hessel noue et dénoue la relation tourmentée de ce trio amoureux, entre tragédie et marivaudage. Mais le roman est avant tout un fascinant portrait de Berlin dont Hessel dévoile, dans une très belle langue et par petites touches, tout le mystère.
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. " Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. " Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.
Odile de Vasselot a 18 ans lorsque les Allemands envahissent la France. Convaincue dès le début du conflit de la nécessité de résister, elle est orientée vers des réseaux qui, bien qu'animés en grande partie par des civils, ont des objectifs militaires. A partir de 1942, elle est mise en contact avec deux vastes réseaux antinazis oeuvrant en Belgique, en France et en Espagne. Odile de Vasselot est d'abord agente de liaison pour le service de renseignement Zéro, puis sert, au sein du réseau Comète. comme convoyeuse de pilotes anglais rescapés des batailles aériennes, des opérations à haut risque et très mouvementées menées depuis le territoire belge. C'est en brossant le portrait de ses compagnons d'armes portés par leur courage, leur modestie et leur ténacité que l'autrice nous fait revivre une phase essentielle de la Résistance.