Pendant la guerre d'Abyssinie, un lieutenant italien en campagne obtient une permission de quatre jours pour se faire arracher une dent à la ville la plus proche. Le camion qu'il utilise se renverse. Le lieutenant, pressé, abandonne le chauffeur sur la route et tente de gagner du temps en prenant un chemin de traverse. Il se perd dans la forêt africaine. Sur le soir, il rencontre une femme qui se lave dans une flaque d'eau ; il veut lui demander son chemin ; elle ne le comprend pas ; quant à lui, il comprend qu'elle s'appelle Miriam et qu'elle est belle. Il la prend. La nuit, alors qu'ils dorment tous deux, il est réveillé par un bruit qui l'inquiète. Il tire sur une ombre, la balle ricoche et perfore le ventre de Miriam. Pour abréger les souffrances de la jeune femme, il l'achève d'une balle dans la tête, puis l'enterre. Il parvient à la ville, se fait soigner la dent, mais le remords d'avoir tué Miriam le torture. Il cherche à se distraire, à s'étourdir avec des filles, - puis il s'aperçoit que Miriam lui a donné la lèpre. Dès ce moment, le lieutenant devient fou de désespoir et de lâcheté. Il fuit, regagne sa compagnie, obtient une permission, tire sur un médecin, dévalise un camarade qu'il tente d'assassiner, s'enfonce dans la brousse déserte, retrouve le tombeau de Miriam auprès duquel est un vieil Abyssin, Johannès, qui le prend en pitié. Après de longs jours de solitude, Johannès guérit le lieutenant qui va se constituer prisonnier. Ennio Flaiano a magistralement décrit la folie et le désespoir de son héros, perdu dans une terre où le Temps ne compte pas. Paysages et Abyssins, surtout les femmes, douces et patientes, sont évoqués dans ce roman avec une vigueur et un talent qui rappellent Conrad.
Nombre de pages
320
Date de parution
05/04/1951
Poids
250g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782070224067
Titre
Le chemin de traversé
Auteur
Flaiano Ennio
Editeur
GALLIMARD
Largeur
115
Poids
250
Date de parution
19510405
Nombre de pages
320,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le jeu et le massacre est le dernier ouvrage publié de son vivant d'Ennio Flaiano, scénariste et ami de Fellini avec lequel il élabora entre autre les chefs d'oeuvre Huit et demi et La dolce vita. On y retrouve l'audace, l'étrangeté mêlée de mélancolie douce-amère qui a fait la renommée du scénariste et du cinéaste. Le livre regroupe deux textes que travaille la question de la transformation et de l'identité dans un monde obsédé par l'apparence de soi : transformation sexuelle dans Oh! Bombay! où le protagoniste, homosexuel, tente de renoncer à ses désirs pour se fondre dans la " normalité ". Transformation animale dans Melampus, l'histoire de la métamorphose d'une femme en chienne, corollaire troublant de la relation amoureuse tumultueuse qu'elle entretient avec un scénariste en panne d'inspiration dans le New York prétendument libéré des années 1960. " Flaiano est un moraliste désabusé et facétieux " nous dit très justement sa traductrice dans la postface de l'ouvrage, et c'est sans doute pour cela que ces textes, inédits en français, résonnent d'une telle modernité.
Flaiano Ennio ; Charbonnier Georges ; Frédérique A
Un officier en rupture de ban, lors de l'expédition italienne en Ethiopie, tombe sous le charme d'une jeune indigène, avec laquelle il a une aventure. En proie à une sorte d'hallucination, au coeur de la nuit, il la tue accidentellement, et se perd dans une longue errance au cours de laquelle il croise un médecin suspicieux puis un commandant véreux, avant de trouver refuge auprès d'un vieux sage qui n'est pas sans lien avec son amante infortunée... Il a appris entre-temps que le turban que portait cette dernière était celui des victimes de la lèpre. Récit fascinant sur l'expérience de l'étranger, l'opacité de l'autre et l'incertitude du réel, Un temps pour tuer est le seul roman qu'ait écrit Ennio Maiano. Il reçut le prix Strega en 1947 et fut porté à l'écran en 1989.
Avec Flaiano, c'est l'âge d'or du cinéma italien, celui de la Dolce Vita, qui nous est restitué dans sa genèse. Scénariste, critique, visionnaire, il collabora avec les plus grands, avec Fellini beaucoup, mais aussi pour n'en citer que quelques-uns, avec Antonioni, Soldati, Rossellini. Célèbre pour la lucidité de ses aphorismes, pour ce regard entre humour et satire avec lequel il scrute les faits les plus anodins, Flaiano fut pleinement publié après sa mort et ses notes personnelles dévoilent la précision de son processus créatif. Ses carnets, présentés ici dans leur forme originale, décryptent une écriture étonnement actuelle, presque intemporelle, en ce qu'elle perce la société et l'individu au plus profond de leurs singularités. Ce volume est le dernier recueil posthume des perles recueillies dans les fonds de ses tiroirs. Il nous plonge dans cette Italie bruyante, spontanée, en pleine mutation qui fut celle de l'après-guerre et des golden sixties.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.