
Le sentiment d'exister
Flahault François
DESCARTES ET CI
26,40 €
Epuisé
EAN :
9782844460349
| Nombre de pages | 830 |
|---|---|
| Date de parution | 10/04/2002 |
| Poids | 1 066g |
| Largeur | 135mm |
Plus d'informations
| EAN | 9782844460349 |
|---|---|
| Titre | Le sentiment d'exister |
| Auteur | Flahault François |
| Editeur | DESCARTES ET CI |
| Largeur | 135 |
| Poids | 1066 |
| Date de parution | 20020410 |
| Nombre de pages | 830,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
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Adam et Eve. La condition humaine
Flahault FrançoisExtrait Pourquoi revenir à l'histoire d'Adam et Eve ... «Savez-vous, Quincey, que je me suis souvent demandé s'il n'y avait pas, dans cette vieille légende du jardin d'Éden, plus qu'il ne saute aux yeux.» Malcolm Lowry, Au-dessous du volcan «Cette histoire [...] exprime [...] le fond inexprimé - et inexprimable en langage direct et clair - de l'expérience humaine.» Paul Ricoeur, Le Conflit des interprétations On m'a raconté l'histoire d'Adam et Eve au catéchisme, comme à des millions d'autres enfants. J'avais six ou sept ans. Le catholicisme a formé le cadre de vérité dans lequel s'est déroulée mon enfance. Un cadre qui, bien sûr, se voulait absolu, mais qui ne constituait, après tout, que l'une des facettes de la vie quotidienne. Les savoirs avec lesquels le lycée, puis l'université meublèrent progressivement mon esprit me parurent plus en phase avec le monde qui m'entourait. Mon premier horizon de vérité s'estompa, devint pour moi comme un lieu désaffecté. Une fois installé dans une autre ville que celle où l'on a passé sa jeunesse, on a beau en garder le souvenir, le fait est qu'on n'y habite plus ; on perd ce qui faisait qu'on s'y sentait chez soi. Ce changement de demeure mentale, que tant de personnes de ma génération ont vécu, explique en partie le fait que, dans le monde de l'université et de la recherche, le christianisme apparaît souvent comme une dimension mineure de la pensée occidentale. Surtout lorsque l'on fait des études de philosophie : la pensée, la vraie pensée qui a su, au cours de son histoire héroïque, s'affranchir de la religion ! Je me familiarisai durant quelques années avec la haute lignée des philosophes, puis avec les sciences humaines. L'université laïque - je finis par le réaliser - a dû rivaliser avec la source de légitimité intellectuelle qui avait dominé l'Europe durant des siècles. Un système de pensée qui s'impose tend à effacer celui dont il a pris la place et à en minimiser la portée. Après avoir ainsi, durant mes années de formation, oublié ma culture première, j'en suis venu à penser qu'il était dommage de m'en priver. Comme un ethnographe qui interroge son informateur indigène, je me suis retourné vers celui que j'avais été. L'histoire d'Adam et Eve est partagée par les trois monothéismes : elle est racontée dans la Genèse, premier livre des Ecritures juives, héritage repris par le christianisme, puis par l'islam qui en donne des versions résumées dans le Coran. Mais seul le christianisme en a fait la clé de voûte de son anthropologie : dans l'ensemble du monde occidental, durant près de deux mille ans, la réponse à la question «Qu'est-ce que l'être humain ?» a tourné autour de l'histoire d'Adam et Eve. L'Église lui a assuré un monopole. Parmi les contes qui circulaient en Europe de bouche à oreille, il est vraisemblable qu'il y eut autrefois des récits sur l'origine de la condition humaine comme on en trouve encore en Afrique, mais seul subsiste le récit canonique. Les mythes qui nous viennent de l'Antiquité, tel celui de Prométhée et de Pandora, ont été préservés par la culture savante, mais ils ont longtemps été lus en référence à l'unique récit dont l'Église ait fait un dogme.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER25,80 € -

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