L'Homme sans langue. Suivi de Résistance par la langue, Edition bilingue français-allemand
Finck Adrien ; Finck Michèle ; Finck Angèle
ARFUYEN
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EAN :9782845903869
Adrien Finck voyait dans son roman Der Sprachlose (littéralement « L'Aphasique », publié en 1985) un « roman à caractère autobiographique », voire une « autofiction ». Deux personnages sont en son centre : le narrateur, né avant 1914 et témoin du drame, et François, né en 1930 (comme l'auteur) et malade à en mourir (todkrank) de cette forme d'aphasie imposée par l'Histoire. L'Homme sans langue est bâti sur plusieurs jeux de contrepoint : entre l'autobiographie et des collages de textes variés, mais aussi entre les trois langues sous-jacentes au récit : l'allemand, l'alsacien et le français. Le travail du narrateur se fait par « creusements » : « Je suis à la recherche des racines d'une vie, d'une oeuvre. Les autres moissonnent, moi je creuse. » Il y a d'emblée « l'inquiétante étrangeté » du lieu natal porteur d'un fantastique hérité du romantisme allemand. Aux immenses pertes humaines dues aux guerres successives, s'ajoute une perte plus profonde encore : la perte de la parole. Dépossédés tour à tour de leurs différentes langues, les survivants se retrouvent sans identité, sans énergie vitale. Aphasiques, comme privés de leur âme. Si les mots et l'être, les mots et les choses ne coïncident plus, comment la crise ne deviendrait-elle profondément existentielle ? La guerre, on le voit aujourd'hui à nouveau, ne tue pas que les corps, elle ronge et détruit les âmes. L'Homme sans langue marquera pourtant pour Adrien Finck le début d'une période d'intense création sous le signe d'une véritable « Résistance par la langue », titre sous lequel est proposé ici un choix de poèmes le plus souvent écrits en alsacien, car au milieu désastre, seule la langue maternelle , comme l'écrit Paul Celan, « ne ment pas ».
Date de parution
03/04/2025
Poids
330g
Largeur
136mm
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EAN
9782845903869
Titre
L'Homme sans langue. Suivi de Résistance par la langue, Edition bilingue français-allemand
Auteur
Finck Adrien ; Finck Michèle ; Finck Angèle
Editeur
ARFUYEN
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20250403
Nombre de pages
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L'histoire de la littérature en Alsace est celle de langues européennes - de leur rencontre difficile, lourde de rivalités, ou fructueuse, source d'une identité ouverte - : le latin médiéval, l'allemand dans les différentes formes de son évolution (vieux-haut-allemand, moyen-haut-allemand, nouveau-haut-allemand) et de ses expressions dialectales (de l'alémanique au francique), et depuis le XVllle siècle, la langue française. Un yiddish alsacien laisse également des traces mémorables. C'est en ce sens que nous pouvons parler de littérature européenne et que l'Alsace est un lieu privilégié d'étude qui dépasse la seule perspective régionale.
Enfin Jean Basilide avait tué le silence (...). C'était un grand bonheur. Et composé des phrases les plus simples, mais chargées désormais de sens (Yves Bonnefoy, L'Ordalie). A partir de ce texte qui prend acte de la naissance d'une poétique, Michèle Finck formule, dans "l'impatience de l'intuition" une hypothèse de lecture : la genèse de la poésie d'Yves Bonnefoy coincide avec l'avènement du .simple. et du "sens" dans la parole. La poésie d'Yves Bonnefoy est un "risque" qui est la preuve de la "vérité de parole" : "risque" du "simple" car le mot, à peine prononcé, détruit l'immédiat et ne peut dire que la médiation ; "risque" du "sens" qui est ici inséparable de son propre déchirement. Le "risque" prend la forme d'un questionnement des deux catégories dont la remise en cause est l'acte fondateur de la modernité : le corps, le lieu. Pour Yves Bonnefoy, une équivalence s'introduit entre trois vocables qui sont la clé de voûte de son oeuvre : le "simple", le "sens" et le son. La poésie de Bonnefoy a la force d'une révélation : le son est le mode privilégié de l'avènement du simple et du sens dans la parole poétique. Par une écoute de la matière sonore des poèmes, Michèle Finck cherche à proposer une lecture nouvelle des rapports entre la poésie et la musique.
Remarquable est la proximité unique, dans le XXe siècle poétique, entre l'oeuvre de Giacometti et la poésie. Parce que le travail de Giacometti à la fois provoque l'écriture et se dérobe à sa prise, il exerce sur elle un ascendant qui la place sous très haute tension. Cet essai se concentre sur trois poètes de L'Éphémère : Celan, Dupin, Bonnefoy. Giacometti est un aimant qui réunit leurs oeuvres. Mais, au-delà de ce triangle central, l'exploration s'ouvre aussi sur d'autres poètes qui, de Breton à Genet, de Char à Ponge et à du Bouchet, ont interrogé l'oeuvre de Giacometti. La formule de Saint Bernard à vocation heuristique, " Si tu veux voir, écoute ", qui met en tension le " voir " et l?" écoute ", permet de porter le " voir " à un maximum d'intensité et de poser autrement la question des rapports entre la poésie et les arts visuels. Que se passe-t-il quand la poésie, devant la peinture ou la sculpture, tend l'oreille ? La formule cistercienne " Si tu veux voir, écoute " peut se lire comme l'un des paradigmes de l'approche de Giacometti par les poètes, voire comme l'un des paradigmes de l'approche des arts visuels par la poésie moderne.
Cette étude explorant l'interaction du son et du sens en poésie moderne cherche à combler une lacune. Voici la question centrale : dans quelle mesure le sens que le poète peut vouloir donner au monde naît-il au sein même de l'élaboration musicale que la poésie opère sur les mots ? La recherche prend appui sur un tressage des généalogies littéraires françaises et allemandes, à partir de douze oeuvres majeures : celles de Hoffmann, de Baudelaire, de Rimbaud et de Mallarmé (points de départ d'une redéfinition du dialogue entre le poète et le musicien au XIXe siècle) et celles de quelques-uns de leurs héritiers transgressifs dans la poésie du XXe siècle, de langue allemande (Trakl, Rilke, Bachmann) et française (Soupault, Jouve, Michaux, des Forêts, Bonnefoy). L'interprétation risquée, sous le signe du Janus bi frons musical, est qu'il n'y a pas d'exigence poétique sans à la fois une profonde ouverture aux propositions de la musique et une force de résistance du verbal au musical. L'enjeu est de placer cette ambiguïté oscillatoire, propre aux rapports entre poésie et musique, sous le signe d'un air du Don Giovanni de Mozart : " Vorrei e non vorrei ". Le poète est vis à vis de la musique en proie à la tentation conflictuelle d'une adhésion et d'un retrait. Le poète " voudrait et ne voudrait pas " le duo avec le musicien. Il y va d'une approche nouvelle de la poésie, d'une audiocritique capable de se placer au point nodal où la poésie et la musique échangent leur substance.
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.
Dès lors que j'interroge les mots qui me sont fidèles depuis si longtemps, j'y vois le poète en guetteur du réel et de l'invisible. Il dévoile l'horizon, et les songes au-delà, en quête d'un chemin. De vigie, le voici aventurier il avance à mots comptés, découvrant son voyage en même temps qu'il l'inscrit dans la langue. La sienne. Sa ronde. Toujours ouverte, toujours recommencée... Passeur de phrases, il travaille l'espérance et la beauté - celles de chacun, en son périple journalier. Ulysse, de retour dans son île, a-t-il bien bouclé la boucle ... Jean-Claude Walter
« Tous les hommes admettent une morale rigoureuse quand il ne s'agit pas de l'appliquer. » Simone Weil est une toute jeune professeure de philosophie au lycée de Roanne quand elle écrit ses lignes. À l'issue de l'année scolaire 1933-1934, elle quitte l'enseignement pour vivre dans sa chair la condition d'ouvrière. Marxiste, elle a compris pourtant que la révolution ne suffit pas à résoudre le problème social : « Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n'a aucun contenu. » Elle n'a pas plus confiance dans les staliniens et les trotskistes que dans les réformistes : « Toutes les absurdités qui font ressembler l'histoire à un long délire ont leur racine dans une absurdité essentielle, la nature du pouvoir. » C'est au contact le plus proche avec la réalité que l'on peut comprendre les mécanismes de l'oppression et les moyens de s'en affranchir. De même, pacifiste, il lui faudra faire la guerre d'Espagne avec les anar-chistes pour se donner le droit de parler de la paix. Poussant au plus loin cette expérience de la compréhension des autres et de la compassion, la jeune agnostique révoltée en vient à se rapprocher du christianisme. « Nous vivons une époque privée d'avenir, observe-t-elle. L'attente de ce qui viendra n'est plus espérance, mais angoisse. » Après sa mort paraîtront les textes incandescents de la Pesanteur et la Grâce et L'Attente de Dieu qui révèleront en cette infatigable militante l'une des grandes spirituelles de son siècle.