La parution de l'oeuvre de Philippe Jaccottet en Pléiade permet de mesurer la dimension de l'altérité dans une poésie dont l'un des traits distinctifs est d'être fondamentalement dialogique. S'il n'y a pas d'expérience poétique sans une tension entre un principe de solitude et un principe d'altérité, l'oeuvre de Jaccottet est de celles qui assument cette tension tout en orientant le plus possible la parole vers l'exigence de l'altérité dont Mandelstam a donné la formule : "Pas de lyrisme sans dialogue" . Pour Jaccottet, comme pour plusieurs poètes de sa génération, la poésie est par sortie de soi, par ouverture à l'autre - ou n'est pas. Ecrire poétiquement, c'est répondre à l'autre et de l'autre ; il y va de la responsabilité du poète, qui engage aussi la responsabilité du lecteur.
Nombre de pages
454
Date de parution
11/09/2018
Poids
840g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782868209931
Titre
Philippe Jaccottet : poésie et altérité
Auteur
Finck Michèle ; Werly Patrick
Editeur
PU STRASBOURG
Largeur
165
Poids
840
Date de parution
20180911
Nombre de pages
454,00 €
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Enfin Jean Basilide avait tué le silence (...). C'était un grand bonheur. Et composé des phrases les plus simples, mais chargées désormais de sens (Yves Bonnefoy, L'Ordalie). A partir de ce texte qui prend acte de la naissance d'une poétique, Michèle Finck formule, dans "l'impatience de l'intuition" une hypothèse de lecture : la genèse de la poésie d'Yves Bonnefoy coincide avec l'avènement du .simple. et du "sens" dans la parole. La poésie d'Yves Bonnefoy est un "risque" qui est la preuve de la "vérité de parole" : "risque" du "simple" car le mot, à peine prononcé, détruit l'immédiat et ne peut dire que la médiation ; "risque" du "sens" qui est ici inséparable de son propre déchirement. Le "risque" prend la forme d'un questionnement des deux catégories dont la remise en cause est l'acte fondateur de la modernité : le corps, le lieu. Pour Yves Bonnefoy, une équivalence s'introduit entre trois vocables qui sont la clé de voûte de son oeuvre : le "simple", le "sens" et le son. La poésie de Bonnefoy a la force d'une révélation : le son est le mode privilégié de l'avènement du simple et du sens dans la parole poétique. Par une écoute de la matière sonore des poèmes, Michèle Finck cherche à proposer une lecture nouvelle des rapports entre la poésie et la musique.
Il y a une consubstantialité, encore insuffisamment explorée, entre la question du lyrisme et celle de l'épiphanie musicale. L'approfondissement de cette coïncidence s'impose d'autant plus que les études consacrées à la poésie moderne tendent à mettre en sourdine les « moments musicaux » au profit d'une prédilection pour les manifestations de la crise du son et du sens. La modernité poétique qui, tout en prenant en charge les syncopes de notre « temps de détresse », reste ouverte à l'épiphanie musicale, est nommée ici modernité de la clairaudience. Cet essai gravite autour de cinq poètes clairaudiants : Rilke (dont l'œuvre a valeur d'origine) et quatre poètes français, héritiers transgressifs de Rilke : Bonnefoy, des Forêts, Jaccottet et Vigée. Dans la modernité issue de Rilke, un épisode biblique peut se lire comme un emblème du pouvoir salvateur de l'épiphanie musicale : l'épisode dans lequel David guérit par sa cithare la mélancolie de Saül.
ChiromancieLa mémoire fond lentement dans la bouche.Vouloir la vomir et grimper hors du crâne.J'entends la tête sans corps de la folieSiffler ses chiens. Son groin déterre les crisDes astres. Je l'entends lâcher ses chiensSur l'amour mort et dévorer ses excréments.L'absolu ment. Des hululements d'osS'agenouillent dans la boue des larmes.Puis un peu de neige efface tous les sons.Chiromancienne du silence, la poésie.