Le Milieu des mondes. Une histoire laïque du Moyen-Orient de 395 à nos jours
Filiu Jean-Pierre
SEUIL
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EAN :9782021420241
Berceau des trois monothéismes, terre de conflits confessionnels et d'obsessions identitaires, le Moyen-Orient tend à déchaîner les passions, quand il ne suscite pas la résignation devant la répétition du malheur. Pour désamorcer une telle charge symbolique, Jean-Pierre Filiu adopte une démarche résolument laïque, éclairant d'un jour nouveau un millénaire et demi d'histoire de la région, à partir de la fondation, en 395, de l'Empire romain d'Orient.Son approche citoyenne et érudite invalide les amalgames contemporains qui ne font que projeter sur la réalité moyen-orientale les propagandes de guerre des uns et des autres. Elle éclaire le cynisme avec lequel dictateurs et jihadistes défigurent le passé pour légitimer leur barbarie. Une telle histoire devient alors bien plus riche et fascinante que les caricatures dans l'air du temps.Ce livre, qui fera date, offre la première synthèse sur une aussi longue durée de l'histoire de ce " milieu des mondes ", carrefour de trois continents. Il s'appuie sur un solide appareil didactique, avec vingt cartes, dix chronologies et deux index. Il vise ainsi à rendre directement accessibles l'héritage et les enjeux du Moyen-Orient. Il se conclut par une analyse de la place et des ambitions de la France dans cette région. Car cette histoire est également la nôtre, aujourd'hui peut-être plus que jamais.Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient à Sciences Po, Paris. Ses livres, régulièrement primés en France et à l'étranger, ont été publiés dans plus de quinze langues. Son blog " Un si proche Orient ", sur le site du Monde, a attiré plus de huit millions de lecteurs en 2020.Table des matières : Le Milieu des mondes ? Jean-Pierre Filiu1. L'Empire romain d'orient, les Perses et les Arabes (395-661)Une construction politiqueL'empereur et son ÉgliseLes controverses christologiquesLes perses en MésopotamieJustinien et ChosroesLa vague perse et son refluxLes royaumes arabes pré-islamiquesLa Mecque païenneMohammed le messagerLes deux premiers califesLa grande discordeUn bien obscur " âge d'or "2. Des Omeyyades aux Abbassides (661-945)Un empire divers et contesteAbd al-Malik et ses successeursLa révolution abbassideLe califat de BagdadL'émergence tardive du sunnismeJihad majeur et jihad mineurPolitique et religieux en IslamLa naissance du messianisme chiiteMinoritaires et rebellesLes Byzantins en Asie MineureUn califat sous tutelleUn Moyen-Orient califal3. L'ère des deux califats (945-1193)L'ambition fatimideLa bataille pour la SyrieL'imam de tous les excèsDissidents et endogamesDes Abbassides sous tutelleLa restauration seldjoukideByzantins et croisésUn demi-siècle de coexistenceLa Lumière de la ReligionL'ascension ayyoubideVers la troisième croisadeL'interrogation égyptiennePenser l'unique au pluriel4. Sultans et envahisseurs (1193-1501)La croisade contre ByzanceRecompositions ayyoubidesD'un sultanat égyptien à l'autreLa fin du califat de BagdadLe laboratoire mameloukLe dernier chapitre des croisades" Vrai " et " faux " islamLa grande faucheuseLes ravages du boiteuxLa chute de ByzanceLes Ottomans face aux MamelouksUn Moyen-Orient militarisé5. Ottomans et Safavides (1501-1798)Le gardien des deux lieux saintsDeux religions d'etatL'alliance franco-ottomaneVizirs, janissaires et cheikhsUn empire des mers et des terresUne frontière d'empiresLa cour safavideLa Syrie vue d'AlepLe grand jeu des minoritésCrises ottomanesL'ère des tulipesInsoumis d'ArabieLes mamelouks vassalisésDes Safavides aux QadjarsL'enjeu irakien6. L'expansion coloniale (1798-1912)La première guerre des États-UnisLe pari égyptien de la FranceGrandes man?uvres impérialesLa guerre de CriméeDes chrétiens bien mal " protégés "Le canal de SuezLe " grand jeu " anglo-russeL'invention du Middle EastLa naissance du sionismeLa curéeLa question d'Occident7. Réformes, renaissance et révolutions (1798-1914)Le rayonnement de l'ÉgypteL'ère des tanzimatLa Perse de Nassereddine ShahLa diversité de la NahdaL'absolutisme hamidienLa crise arménienneLe constitutionnalisme perseLa révolution jeune-turqueUn vivre-ensemble moyen-oriental8. Le temps des mandats (1914-1949)La " révolte arabe "Le génocide arménienLa paix de toutes les guerresDe Sèvres à LausanneLa saoudisation de l'ArabieDe la Perse à l'IranLe confessionnalisme à la françaiseL'impossibilité palestinienneMobilisations kurdesLe second conflit mondialLa fondation d'IsraëlLa faillite des élites arabes9. Guerre froide et conflit israélo-arabe (1949-1990)Nationalisme et anticommunismeLa République arabe unieLa guerre froide arabeLe septième jourLe choc pétrolierLa pax americanaLa révolution islamiqueLa guerre du GolfeL'invasion du LibanLe retournement iranienLes gaz de SaddamLa première intifadaL'inconnue afghaneLes fronts renversés10. Vie et mort du Moyen-Orient américain (1990-2020)Tempête du désertL'ordre nouveauLe processus de paixL'effondrement du processusGuerres globalesL'occupation de l'IrakL'axe de la résistanceLe discours du CaireLe retour de la NahdaLa révolution syrienneLa faute d'ObamaLe moment poutineTrump le liquidateurLa fin de l'hégémonieLa France moyen-orientaleIndex des personnesIndex des lieux
L'histoire de la nouvelle indépendance de l'Algérie s'écrit sous nos yeux, depuis ce 22 février 2019 où des foules de femmes et d'hommes ont exigé dans tout le pays de reprendre en main leur destin. Cette contestation populaire continue depuis de se mobiliser chaque vendredi, après avoir obtenu la démission du président Bouteflika, en poste depuis vingt ans, et le report d'une élection vidée de sens. Car elle aspire, au-delà de la sanction de tel ou tel dirigeant, à la refonte sur des bases enfin démocratiques du système en place depuis la fin, en 1962, de la domination française. Cet essai, où la réflexion historique se nourrit de l'expérience de terrain, replace les événements en cours en Algérie dans la longue durée de son mouvement national. Il offre, pour la première fois, un cadre d'interprétation à une actualité foisonnante, s'interrogeant sur la portée stratégique de la non violence, sur la place réelle des jeunes ou des femmes dans cette protestation, sur le poids d'une économie de rente, mais aussi sur le rôle central des supporters de football ou les tactiques des groupes islamistes. Il montre comment la hiérarchie militaire, jusqu'alors protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade, est contrainte de gérer ouvertement cette crise, avec une brutalité de plus en plus affichée. Un livre indispensable pour comprendre la vague de fond qui traverse l'Algérie et qui aura des retombées durables dans ce pays et bien au-delà.
L'amitié de François Mitterrand pour Israël, son peuple et son histoire, est ancienne et connue. Il développera tout au long de sa carrière cette amitié exigeante au nom de la justice et des valeurs partagées. Alors comment un tel ami de l'Etat juif en est-il venu à braver l'hostilité du gouvernement israélien pour défendre l'OLP et son chef? C'est ce cheminement de François Mitterrand que ce livre vas'attacher à raconter, depuis sa découverte en 1972 des camps de réfugiés de Gaza et sa rencontre, dès 1974, avec Yasser Arafat. Premier président de la République à visiter Israël, François Mitterrand ouvrira dans son fameux discours à la Knesset la perspective de l'Etat palestinien. Défenseur tenace de la reconnaissance mutuelle entre Israël et l'OLP, il verra au bout d'une décennie d'efforts cette espérance prendre enfin forme à Paris. En nous plongeant au c'ur des crises proche-orientales,Jean-Pierre Filiu éclaire la mobilisation diplomatique et militaire de la France en faveur d'une paix durable entre Israël et la Palestine. Il détaille les différents épisodes du terrible été 1982,lorsque François Mitterrand décide de préserver coûte que coûte "l'honneur des Palestiniens" assiégés dans Beyrouth. Il nous montre la France empêchant en 1983 l'"hallali" de la Syrie et deses alliés contre les combattants "arafatistes" encerclés au Nord-Liban. Il décrit les profondes retombées du "soulèvement" de la Cisjordanie et de Gaza et l'indignation suscitée à l'Elysée par "cette répression continue où l'homme devient un gibier". Voici comment un ami indéfectible d'Israël a, par trois fois, sauvé le symbole de la Palestine.
Biographie de l'auteur Jean-Pierre Filiu, historien et arabisant de formation, a accompli des missions humanitaires au Liban et en Afghanistan. Actuellement professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris, il a déjà publié Mitterrand et la Palestine, Fayard, 2005.
En 1979 à La Mecque comme en 2007 en Irak, des soulèvements messianiques ont ébranlé les villes saintes de l'Islam pour y précipiter la fin des temps. Ils ont été écrasés dans un bain de sang, avec la participation militaire directe de l'Occident, de la France en 1979, des Etats-Unis en 2007. Durant le quart de siècle qui sépare ces deux insurrections, un flot de propagande apocalyptique a inondé les terres d'Islam. Ces pamphlets brutaux et ravageurs puisent dans des traditions multiséculaires, pétries de violence et de rancune. Ils reprennent les références les plus riches en malédictions et en catastrophes. Ils recyclent les classiques de l'antisémitisme européen, jusqu'à leur conférer une valeur gnostique. Et ils retournent contre une Amérique diabolisée les prophéties des apocalypses protestantes. Jean-Pierre Filiu nous permet ici de prendre enfin la mesure de ce phénomène trop longtemps méconnu. Il en déchiffre les codes déroutants et il en éclaire les recoins les moins avouables. Il nous décrit ses réseaux de diffusion, du Canada à l'Asie du Sud-Est. Il nous montre comment Al-Qaida peut inscrire sa planification terroriste dans le calendrier apocalyptique. Il nous explique avec quelle intensité l'invasion américaine de l'Irak a réveillé les démons d'un millénarisme vindicatif. La fin du monde est un sujet sérieux, surtout pour ceux qui s'y préparent. Biographie: Historien et arabisant, Jean-Pierre Filiu est professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris. Il a déjà publié chez Fayard Mitterrand et la Palestine (2005) et Les Frontières du jihad (2006).
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...
Si la défaite actuelle des armées occidentales en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, elle met également en pièces le rêve eurasien d'Alexandre Le Grand. Ce rêve "si beau, perspicace, intemporel, généreux" selon Nicolas Bouvier, et qui bouleversa Malraux. Comment le territoire du Gandhara, où prospéra l'extraordinaire et tolérante civilisation née de la rencontre entre la Grèce et l'Orient, peut-il coïncider avec celui du djihadisme contemporain ? Celui-là même qui vit l'apogée des talibans, la montée d'Oussama Ben Laden, la présence des théoriciens de la guerre sainte, ou encore le passage de Mohammed Merah. Pour le comprendre, Jean-Pierre Perrin a parcouru l'Afghanistan dans les pas d'Alexandre le Grand. Il retrace les batailles du conquérant dans les montagnes de l'Indu Kush, revient sur les échecs militaires de l'URSS et de l'OTAN, tout en évoquant les figures du djihad de - Massoud ou le sanglant Haqqani qu'il a personnellement rencontrés. Comme dans la plupart de ses ouvrages, il fait résonner littérature et souvenirs, Histoire et géopolitique, passé et présent. Ecrivain-voyageur, romancier, longtemps grand reporter à Libération, Jean-Pierre Perrin a publié, entre autres, Jours de poussière (La Table ronde, Prix des lectrices de Elle 2003), La mort est ma servante (Fayard, 2013) et Menaces sur la mémoire de l'humanité (Hoëbeke, 2016).
Le présent livre dépasse l'interminable débat sur l'antisémitisme et l'antisionisme, et lui donne de nouvelles et stimulantes dimensions. Il remonte aux débuts de l'histoire de la judéophobie, et remet en cause l'idée selon laquelle le christianisme se serait édifié après et en opposition au judaïsme. Au contraire, estime-t-il, et malgré le présupposé chronologique, c'est bien le judaïsme qui s'est constitué sous la pression du christianisme, s'accommodant du même coup des termes du procès que lui ont fait, des siècles durant, ses ennemis. Ce renversement est riche de bénéfices intellectuels et politiques. Il rend caduque la mauvaise querelle assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme (celle-là même qui fut relancée par Emmanuel Macron), et nourrit des questionnements parfaitement contemporains : " Jusqu'à quel point, écrit Shlomo Sand, le sionisme, né comme une réponse de détresse à la judéophobie moderne, n'en a-t-il pas été le miroir ? Dans quelle mesure, par un processus dialectique complexe, le sionisme a-t-il hérité des fondements idéologiques qui ont, de tout temps, caractérisé les persécuteurs des juifs ? " Un essai brillant et brûlant. Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'Etat d'Israël. Il a récemment publié au Seuil son premier roman, La Mort du Khazar rouge, désormais en Points. Traduit de l'hébreu par Michel Bilis
De 1975 à 1990, le Moyen-Orient est ébranlé par l'un des conflits les plus longs et les plus destructeurs de son histoire contemporaine. Rupture traumatique fondamentale pour les Libanais, ce conflit aux multiples facettes et enjeux est l'une des sources majeures qui éclaire les impasses d'un Liban en crise profonde depuis les événements d'octobre 2019. Il préfigure aussi à bien des égards les violences extrêmes (massacres, crimes de guerre et déplacements de population) à l'oeuvre en ex-Yougoslavie aux lendemains de la guerre froide, et dans les guerres du XXIe siècle en Irak, en Syrie et au Yémen. Longtemps réduite à sa dimension de guerre civile ou de conflit à dimension régionale, la guerre du Liban est d'abord un conflit fortement connecté à l'espace-monde, aux fortes implications militaires, politiques, économiques, sociales, mais aussi culturelles. Le renouvellement récent et profond de l'historiographie sur le sujet invite plus que jamais à proposer une nouvelle lecture de ce conflit global.
Blanc Pierre ; Chagnollaud Jean-Paul ; Levasseur C
La situation au Moyen-Orient n'est pas une crise de plus mais un basculement historique. Plus de 120 cartes pour comprendre les origines multiples des violences du Moyen-Orient, cet ensemble géopolitique allant de la Turquie au Yémen, et de l'Égypte à l'Iran. - Les racines historiques des conflits actuels, depuis l'effondrement de l'Empire ottoman - Les impasses politiques des régimes autoritaires et les dérives nationalistes, islamistes et sionistes - Pétrole, gaz, eau, terres : des ressources stratégiques très disputées - Les intérêts et les stratégies des grandes puissances dans la région. Dans les conflits du Moyen-Orient, en Syrie, au Yémen, en Irak, en Israël-Palestine, c'est le destin d'États, de peuples et de sociétés civiles parfois en lambeaux qui est en jeu. Pour espérer rétablir une stabilité régional, il est indispensable de comprendre les origines de la violence.