Cet ouvrage collectif questionne l'évolution du documentaire de création à consonance politique en ce début de XXIe siècle à travers l'analyse d'un grand nombre d'oeuvres proposant de nouvelles formes d'engagement. Avec l'avènement du numérique au XXIe siècle, l'art documentaire a, comme tant d'autres domaines, subit de très profondes transformations et se décline désormais dans différents lieux et sous divers formats, allant de la salle de cinéma aux plateformes du web en passant par les musées ou les galeries. Le présent ouvrage porte un regard sur cette évolution récente du documentaire de création à consonance politique. L'analyse d'un grand nombre d'oeuvres, diverses tant dans leurs modes de production que dans leurs propositions esthétiques, y révèle un profond renouvellement des pratiques et des formes artistiques qui ont en commun des modalités inédites d'engagement. Douze textes et trois rencontres avec des cinéastes (Maria Kourkouta, Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval, Mila Turajlic), organisés en trois parties - respectivement axées sur la parole politique, le déracinement et l'exil, les processus d'appropriation d'images et de sons produits par d'autres - démontrent la grande vitalité de l'art documentaire qui, à défaut de changer le monde, l'inscrit et le réfléchit. Antony Fiant et Isabelle Le Corff sont professeurs en études cinématographiques, respectivement à l'Université Rennes 2 et à l'Université de Bretagne occidentale à Brest.
Nombre de pages
283
Date de parution
21/06/2022
Poids
539g
Largeur
161mm
Plus d'informations
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EAN
9782379242502
Titre
L'art documentaire et politique contemporain
Auteur
Fiant Antony ; Le Corff Isabelle
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
161
Poids
539
Date de parution
20220621
Nombre de pages
283,00 €
Disponibilité
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Antony Fiant est maître de conférences en études cinématographiques à l'université Rennes 2. Il a publié en 2002 une monographie intitulée (Et) Le cinéma d'Otan Iosseliani (fut) (éd. L'Âge d'Homme) et est l'auteur de nombreux articles, notamment dans les revues Positif, Images Documentaires et Trafic. Il a par ailleurs co-dirigé deux ouvrages parus dans la collection "Le Spectaculaire" aux PUR: Le Court Métrage français de 1945 à 1968 (2). Documentaire, fiction: allers-retours (avec Roxane Hamery, 2008) et Agnès larda: le cinéma et au-delà (avec Roxane Hamery et Éric Thouvenel, 2009).
Depuis le début du XXIe siècle, on observe l'apparition régulière de films minimalistes manifestant une réticence marquée envers le scénario, le récit, la parole, la musique et la psychologie. Qu'ils relèvent de la fiction, du documentaire, ou des deux à la fois, les films de quinze cinéastes du monde entier (Lisandro Alonso, Wang Bing, Alain Cavalier, Pedro Costa, Darejan Omirbaev, Béla Tarr, entre autres) sont ici analysés d'un point de vue esthétique et dramaturgique pour mieux mettre en évidence un geste soustractif. Moins d'histoire, moins de dialogues, moins de décors, ces caractéristiques manifestent une belle foi en l'art du cinéma et en sa capacité de suggestion.
Ce livre rassemble plusieurs textes autour du cinéma du réalisateur portugais Pedro Costa. L'auteur évoque la démarche et les partis pris des films, pour la plupart réalisés dans le quartier de Fonthainas à Lisbonne. Le cadrage et la position de la caméra revêtent des rôles précis, inscrivant la fiction dans l'histoire des habitants et du Portugal (l'immigration au Cap Vert).
Entre 1998 et 2007, Raymond Depardon a régulièrement filmé des paysans en Lozère, Ardèche, Haute-Loire et Haute-Saône. En résulte une « trilogie paysanne » initiée par deux films réalisés pour la télévision – Profils paysans. Chapitre 1 : L’Approche (2000) et Profils paysans. Chapitre 2 : Le Quotidien (2004) – et couronnée par un film produit pour le cinéma, La Vie moderne (2008). Avec Claudine Nougaret (au son et à la production), Depardon recueille la parole – tantôt aisée, tantôt difficile – de paysans en fin de vie et de quelques jeunes paysans en début de carrière. Marcelle Brès, Raymond et Marcel Privat, Paul Argaud, Robert et Paulette Maneval ou encore Jean-François Pantel, deviennent ainsi les protagonistes d’une trilogie portant un regard sociologique et anthropologique sur un monde paysan à bout de souffle. Cette trilogie revêt également une dimension d’ordre autobiographique puisque Depardon vient de ce milieu-là. L’ombre de la ferme du Garet où il est né en 1942, et qu’il a quittée très jeune pour assouvir sa passion pour la photographie, plane en effet sur les trois films qui visent aussi à surmonter un complexe vis-à-vis du monde paysan.
Usher Phillip John ; Le Roy Cyril ; Aït-taouti Fré
Pour penser la Terre de l'Anthropocène, Ex Terra : Vivre avec les sous-sols propose de détourner l'attention des émissions pour imaginer une nouvelle sensibilité "exterranéenne" Si nous sommes aujourd'hui entrés dans l'Anthropocène, ce n'est pas seulement à cause de nos émissions, mais avant tout de nos extractions. Il importe donc au plus haut point de réinvestir notre rapport aux sous-sols et de réorienter notre regard vers les profondeurs de la Terre. Pour ce faire, l'ouvrage circule entre différentes échelles géographiques et historiques. Il tisse des liens entre notre planète dans son ensemble, les agents humains et non humains de l'extraction et les matières extraites qui accompagnent notre quotidien. En ouvrant de riches archives de textes et d'images prémodernes provenant de toute l'Europe, en confrontant les auteurs humanistes de la Renaissance aux enjeux contemporains de l'écologie, Phillip Usher esquisse une nouvelle sensibilité exterranéenne. Phillip John Usher, né en Angleterre, est professeur de littérature française à l'Université de New York (NYU). Spécialiste de la littérature su XVIe siècle, ses travaux récents portent sur les rapports entre littérature et écologie. Il est l'auteur de nombreux livres, dont Errance et Cohérence (Classiques Garnier, 2010) et L'Aède et le Géographe (Classiques Garnier, 2018). En 2020, il a codirigé avec Pauline Goul le collectif Early Modern Ecologies : Beyond English Ecocriticsm (Amsterdam University Press).
La nécessité de nous orienter dans l'espace pour y projeter nos déplacements a donné aux cartes une importance cruciale pour notre existence. Cette impulsion cartographique est ici interrogée par le biais d'aller et retours entre géographie, cartographie et littérature. "Où suis-je ? Où vais-je ? Comment y vais-je ? " La nécessité de nous orienter dans l'espace pour y projeter nos déplacements physiques ou virtuels a donné aux cartes une importance cruciale pour notre existence et notre survie. A mi-chemin entre le dessin d'art et l'objet technique, la carte est un artefact intellectuel dont l'efficacité tient à sa capacité à modéliser l'espace et à le rendre intelligible. Cartographier, c'est produire à la fois un espace et une connaissance sur cet espace par le biais de représentations spatiales, visuelles et graphiques. Or la modélisation n'est pas l'apanage des seuls géographes, elle est aussi au coeur de la littérature qui est toujours libre de configurer des espaces, de créer des mondes et de générer ainsi de la connaissance. Qu'elle confronte le savoir occidental de l'espace à celui d'autres cultures (Chatwin, Aira) ou qu'elle réfléchisse l'acte cartographique lui-même (Humboldt, Zischler, Houellebecq, Moretti, Borges, Carroll), le savoir qu'elle produit excède la représentation sensible et affective du lieu parce qu'il est aussi réflexif et critique. Laurence Dahan-Gaida est professeure de littérature comparée à l'université de Franche-Comté. Elle est rédactrice en chef de la revue en ligne "Epistémocritique" et directrice de la collection du même nom.
Lire avec les oreilles et les pieds, tel est le défi relevé par Littératures francophones et musiques de l’Atlantique noir qui analyse les formes et les rythmes d’écritures artistiques issues de l’expérience commune de la domination occidentale.Lire avec les oreilles et les pieds, tel est le défi relevé par le présent ouvrage. En s'appuyant sur l'idée d'Atlantique noir développée par Paul Gilroy, les contributions rassemblées dans ce livre montrent comment la présence des musiques dans les récits permet de raconter les mémoires de la colonisation et de l'esclavage, de dénoncer le racisme contemporain et de réclamer le droit à vivre où l'on est et où l'on veut, en inventant une langue porteuse de résistance et d'espoir. La diversité des corpus, qui traversent les trois continents bordant l'Atlantique, les genres littéraires romanesques, théâtraux et poétiques, les musiques aussi variées que la biguine, le jazz, la soul, le blues, la rumba ou le rap démontrent la vitalité et la diversité des littératures francophones. À partir d'un corpus classique et contemporain, allant du Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire à l'afrotrap, les chercheuses et les chercheurs analysent formes et rythmes, et font des littératures francophones un art vivant. Sylvie Brodziak est professeure émérite des universités en littératures française et francophone et histoire des idées (CY Cergy-Paris Université). Ses recherches portent sur l'écriture de l'histoire et des mémoires. Marion Coste, agrégée de lettres modernes, est docteure en langue et littérature françaises et francophones (CY Cergy-Paris Université). Ses recherches portent sur les rapports entre littérature et musique, notamment dans le genre romanesque et le rap francophone.