Jess rentre d'Afghanistan. Son corps est brûlé, son âme est à vif, sa Floride natale est en crise. Tout est à reconstruire. Pour soulager sa douleur, une thérapeute que l'on ne voit jamais lui crée un univers virtuel couvert de neige, où la glace de paysages idéaux vient apaiser le feu des brûlures de guerre. La scène se fait alors métaphore du corps meurtri, tiraillé entre la réalité hésitante du quotidien, où Jess tente de renouer avec sa famille et son ancien amour, et les échappées dans le monde virtuel où les forêts envahissent le plateau. C'est dans cette oscillation entre les mondes que Jess s'efforce de réapprivoiser sa vie, par tâtonnements, entre explosions de colère et ouverture à la tendresse du regard de l'autre.
Le Coeur d'Ester. Au xixe siècle fut retrouvé dans la campagne anglaise un mystérieux manuscrit composé d'extraits d'un journal intime et de poèmes d'amour écrits par une certaine Ester. Elle y décrit comment, à force de s'abandonner corps et âme aux autres, elle disparaît peu à peu. Alberto Cortés met en miroir l'abandon à l'être aimé et son propre abandon face au public : il dessine les contours de cette relation définie par le fait de regarder et d'être regardé, et en conclut qu'à force d'être regardé, on finit par disparaître. Les Garçons de la plage Adoro. Sur la plage Adoro, deux corps d'hommes, l'un portugais, l'autre espagnol, s'unissent pour se fondre l'un dans l'autre dans l'intimité des recoins naturels offerts par les lieux de cruising. Ils s'unissent pour se reconnaître, ont des relations sexuelles pour tenter d'effacer par cet acte intime toutes les dettes qui demeurent entre deux pays qui se tournent le dos. Ils imaginent d'autres façons d'envisager le sexe entre hommes, peut-être par nécessité d'en faire une action curative.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?