La mémoire aux enchères. L'idéologie afrocentriste à l'assaut de l'histoire
Fauvelle-Aymar François-Xavier
VERDIER
11,66 €
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EAN :9782864325925
Nombreux sont les échos actuels des batailles de mémoire, au sujet de l'Afrique, engagées en Amérique à la fin du XIXe siècle, en Europe et en Afrique depuis la fin de la période coloniale: suspicion de racisme envers les chercheurs occidentaux, affirmation du rôle des Juifs dans la traite des esclaves, revendication de la place de l'Afrique dans l'essor de la civilisation, contestation sur la couleur de peau des anciens Egyptiens... Passé d'une scène à l'autre - religieuse et philosophique, académique, médiatique, politique et judiciaire -, ce nouveau genre de guerre culturelle a été analysé sous le vocable d'"afrocentrisme": une idéologie ou plutôt un archipel idéologique aux réticulations planétaires, qui profite aujourd'hui du développement du communautarisme, de l'internet, et de la marginalité sociale des personnes issues de l'immigration. A croire ces batailles nouvelles, à les croire franco-françaises, à penser qu'elles opposent des fronts unis et aisément repérables, on se condamne à une lecture naïve des faits et à une analyse superficielle. C'est à ce danger que la présente étude permet d'échapper.
Nombre de pages
81
Date de parution
08/10/2009
Poids
132g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782864325925
Titre
La mémoire aux enchères. L'idéologie afrocentriste à l'assaut de l'histoire
Auteur
Fauvelle-Aymar François-Xavier
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
132
Date de parution
20091008
Nombre de pages
81,00 €
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Terre de conquêtes, de violences et de métissages, le Sud de l'Afrique fascine: ce furent d'abord les pionniers africains, nomades ou défricheurs, qui découvrirent et transformèrent ces immensités. Puis des voyageurs d'Occident abordèrent le cap de Bonne-Espérance, croyant y voir briller les feux de l'Inde. Ceux qui vinrent ensuite convoitaient le bétail, la terre, le diamant et l'or. L'histoire de l'Afrique du Sud est celle d'un long peuplement qui, depuis des siècles, redessine les frontières et bouleverse les identités. Dans la fournaise de ce creuset, les hommes mêlent leurs sangs et leurs croyances, forgent leurs différences: Noirs et Blancs, Coloureds, Indiens, Afrikaners, Zulu, Khoesan... Qui sont-ils, ou plutôt qui veulent-ils être? Cette histoire africaine est aussi hantée par les multiples visages de la domination et de la soumission. L'apartheid, cet idéal délirant d'ordonnancement du monde, de mise en fiche de l'identité humaine, voulait arrêter le temps, celui qui métisse les peaux et mélange les cultures. Mais l'histoire a repris son cours. Comme un défi à son passé, l'Afrique du Sud continue de s'inventer.
Il y a un demi-siècle, le chercheur sénégalais Cheikh Anta Diop posait la question de la négritude de l'Egypte et de l'antériorité des civilisations nègres. Aujourd'hui, c'est d'Amérique du Nord que nous viennent les échos d'une telle contestation de l'histoire écrite par les Blancs. Les thèmes en sont multiples. Ne serions-nous pas tous les enfants d'une Eve noire? La première civilisation ne fut-elle pas africaine, rayonnant ensuite de son berceau égyptien jusque dans la Grèce classique? La déesse Athéna n'avait-elle pas une origine noire? Les Hébreux n'auraient-ils pas eu l'Ethiopie pour vraie patrie? La réécriture du passé des Africains, vu à la lumière de l'Egypte pharaonique, suscite une relecture du passé européen. Les humanités gréco-latines se voient opposer des humanités négro-égyptiennes. Des jeunes Noirs des métropoles des pays du Nord apprennent les hiéroglyphes et chantent contre la Babylone des Blancs. Et dans les pays du Sud, les Bantous sont érigés en équivalents des Aryens. Plus loin, l'Amérique aurait été découverte et peuplée par des Noirs, déjà présents dans les civilisations précolombiennes. Toute l'historiographie savante est donc soupçonnée d'un complot planétaire contre les peuples noirs, dont elle aurait dérobé l'héritage culturel pour mieux les asservir. Cette science dite eurocentriste est donc défiée par une histoire afrocentriste du monde. L'objet de ce livre est de mieux connaître l'argumentation de ce courant, d'en discuter les sources et les méthodes, d'en comprendre les motivations et d'en analyser les réseaux, sans oublier ni les siècles d'oppression et de discrimination pesant sur la condition noire, ni les aspirations actuelles à une renaissance noire.
Déjouer les arrière-pensées et les silences de la production d'écrits ; interroger les conflits de narration que suscite le recours à l'oralité ; reconnaître les vérités de la mémoire ou surprendre son pouvoir d'occultation ; percer les écrans de censure et de représentation : telles sont les ruses que déploie l'historien dans son travail quotidien. Parce que l'Histoire se joue de ceux qui la reçoivent ou la scrutent, la ruse est une qualité cardinale de l'enquête historienne. Et sa nécessité est peut-être plus grande encore lorsqu'il s'agit de l'histoire de l'Afrique, enrobée de biais, de préjugés et de représentations faussées. Les enquêtes réunies dans ce livre, qui vont de l'Afrique ancienne au monde contemporain, du terrain à la bibliothèque, du document au récit, s'emploient au décryptage du passé, attentives à la variété des sources, aux rapports du pouvoir et de l'écrit, aux formes de la transmission, à l'historiographie. Jean Boulègue, à la mémoire de qui ce livre est dédié, était professeur d'histoire de l'Afrique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a laissé, chez tous ses amis, élèves et collègues, le souvenir et le modèle d'une intelligence pénétrante, précise et rusée du passé et du monde.
Dans les années 1960, au lendemain des indépendances, le destin des rois en Afrique semble scellé. Qu'elles soient issues d'une longue dynastie ou qu'elles résultent d'une création coloniale, les royautés et les chefferies africaines, souvent accusées par les acteurs politiques d'avoir servi les intérêts des colonisateurs, paraissaient avoir perdu toute raison d'être dans le cadre des nouveaux Etats.Leur disparition n'était qu'affaire de temps. Aujourd'hui et depuis les années 1990, de grands changements sont survenus. Les auteurs de ce livre, africains et européens, historiens pour la plupart, s'interrogent à la fois sur les raisons de cette étonnante et spectaculaire reviviscence et sur ses modalités, qui varie fortement d'un pays à l'autre.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.