Selon les meilleurs exégètes, la littérature persane accède à la modernité en 1921, l'année même où la réaction bolchevique, en répriment les insurgés de Cronstadt anéantit les espoirs d'une révolution mondiale. Si le pays qu'on va bientôt appeler l'Iran est limitrophe de cette Russie qui a été naguère l'un des phares de l'avant-garde artistique, il lui est immensément distant dans le temps et émerge à peine des ténèbres du Moyen Age et dans le domaine littéraire comme ailleurs, le retard est considérable. Cependant en à peine quinze ans, grâce à des auteurs comme Djamal Zadé et Sadegh Hedayat, seront inventés, recréés et revécus, entre autres genres, le roman réaliste, le récit satirique et la plongée éperdue dans le surréel, exactement comme si l'on passait de Balzac à Kafka en moins d'une génération. Toutes ces tentatives se déroulaient bien sûr dans un climat d'incompréhension absolue, de vide intellectuel et critique total, qui ont sans doute favorisé la nécessité, pour les rares porteurs d'exigences nouvelles, d'une radicalisation de leurs recherches. Dans de telles conditions, Il n'est guère étonnant que, lorsqu'à peine âgé de vingt ans, M. E Farzaneh, ami et disciple d'Hedayat se met à écrire son premier roman en 1949, il ait comme spontanément assimilé toute les avancées formelles qui ont bouleversé l'écriture romanesque en Occident dans la première moitié du siècle. Dans la lignée de Joyce et de Faulkner, il nous livre alors avec ces Quatre douleurs, quatre monologues intérieurs où la révolte contre l'absurdité du pouvoir et contre la misère se conjugue avec les exigences imprescriptibles du désir. Et il est encore moins étonnant que l'auteur et son livre restent encore à ce jour bannis en leur pays.
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Nombre de pages
258
Date de parution
16/10/1998
Poids
201g
Largeur
201mm
Plus d'informations
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EAN
9782908744255
Titre
Les quatre douleurs
Auteur
Farzaneh Maxime-Féri
Editeur
INSOMNIAQUE
Largeur
201
Poids
201
Date de parution
19981016
Nombre de pages
258,00 €
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Au crépuscule de ce jour d'été, Son Excellence Azraël, Ministre Perpétuel de L'Extermination, se sentit terriblement angoissé : il se trouvait seul ! Aucun de ses employés n'était présent au Service des Opérations Ponctuelles. Les escarmouches des talibans, les conflits au Moyen-Orient, en Palestine, en Irak, au Darfour et bien d'autres massacres ne laissaient pas de répit à ses cadres actifs. IL avait pourtant réclamé plus d'une fois une augmentation substantielle de son budget afin de recruter quelques jeunes commis dynamiques ou, à défaut, pour assister ses cadres, des bourreaux retraités. Mais dans la conjoncture économique actuelle, sa requête était restée sans suite..."
On m'avait toujours considéré comme un déraciné. Mais que sont les racines ? N'en avais-je pas plutôt deux fois plus que les autres ? " Ainsi Manoucher, le héros de cette histoire énigmatique, cherche-t-il à " convertir son handicap en avantage "... Mais cette tentative - amusante et redoutable opération mathématique - ne va pas revigorer longtemps ce naïf pour qui le monde aura jusqu'alors manqué singulièrement de reconnaissance. Certes, il ne va pas sans risque d'aller fouiller dans les décombres du passé, surtout quand celui-ci s'est joué entre Téhéran et Paris. D'autant qu'il appert bien vite, à y regarder de près, que les plus sûres prisons sont celles que l'on construit pour soi-même. M.F. Farzaneh, ici, ne nous laisse pas plus d'espoir que ne l'avait fait avant lui son ami et maître Sadeq Hedâyat. Mais si le regard qu'il promène sur la société de son temps et sur l'âme humaine est impitoyable, à lire cette phrase grinçante un réconfort au moins demeure : les voix qui là-bas ne se peuvent faire entendre ne hurleront pas que dans le désert.
Biographie de l'auteur Né en Iran en 1929, Féri Farzaneh vit en France depuis 1950. Comme producteur-réalisateur, il signe ses films Féri Farzaneh et, comme écrivain, il signe ses récits et ses oeuvres de fiction M F Farzaneh.
Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s'est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois. Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l'étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du "Grand Bond en avant" et de la famine qu'engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l'auteur, ce qu'il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. "Sinologue m'a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule ", proteste-t-il. Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l'auteur y évoque les écrivains et les artistes qu'il a connus - notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n'avoir été ni maolâtre ni "expert" ès-chinoiseries, mais simplement, comme s'en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel "les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales".
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.
On s'entre-tue plus que jamais au nom de Dieu et de ses divers prophètes sur cette fichue planète. Partout, même au "pays de Voltaire", les fanatiques de tout poil - à barbe, papillotes ou tonsure - tentent d'imposer leur morale sépulcrale, fondée sur des fables puériles et les plus absurdes superstitions. L'opium du peuple est devenu l'amphétamine des fous de Dieu. Certes, le retour du religieux se nourrit des multiples névroses et frustrations qu'engendre la société marchande... Et certes, le commerce de la foi prospère grâce à l'ignorance crasse et à la jobardise des croyants... Mais ce n'est pas une raison pour accorder des circonstances atténuantes à ceux qui vendent du vide à ces gogos et les manipulent : prêtres, imams, rabbins, gourous et autres bonzes, dont la cause commune, le grand oeuvre ténébreux, le but affiché ou secret, demeure l'asservissement de l'humanité. Les 144 citations rassemblées ici constituent une réfutation plurielle - tantôt sévère, tantôt souriante - de la notion de Dieu et des sectes qui s'en réclament, mais aussi une dénonciation des mystagogues qui en vivent et des illuminés qui en meurent. Pour choisir ces aphorismes et propos, nous avons mis à contribution quelques-uns des innombrables esprits libres qui ont signalé, au fil de leurs écrits, l'imbécillité et l'hypocrisie qui forment la substance de toute religion.
Le narrateur est interpellé dans son jardin par une cucurbitacée, qui se présente sous le nom de professeure Coloquinte. Elle lui confie la tâche de recenser les multiples dangers qui menacent la vie sur terre en raison de ce "putain de facteur humain", comme dirait Hubert Reeves. Au fil d'une enquête sur les méfaits mortels des pesticides, l'enfouissement irresponsable des déchets nucléaires, les tonnes de gaz à effet de serre expédiées dans l'atmosphère, le narrateur prend conscience de l'emballement des nuisances écologiques provoquées par l'espèce humaine. Il comprend aussi qu'elles sont inéluctables, en raison de la nature même du mode de domination actuel, et seront bientôt irréversibles si la dictature du fric n'est pas renversée au plus vite.