Je prends mon feutre pour colorier. Je m'applique, ne pas dépasser. Du vert... clair... La couleur sèche ! Elle fige le décor ! Elle s'étale dans une rue ! Elle me prolonge cette rue dans la tête ! Elle m'encadre au mur où je suis adossée ! Se trace l'image d'un bonhomme IDEAL. Je pars pour mon cagibi. Me taire m'annonce. J'ai observé le visage de Wendy comme si je venais de me l'offrir. Je n'en ai parlé à personne ! Il fallait attendre que ses traits m'accaparent totalement ! Les gens me tournent le dos. Ils ne peuvent plus me voir. C'est parce que mon image les a frappés. Dorénavant le temps m'espionne. Le jeune homme a pénétré les lieux. Pourquoi es-tu seule ? Il veut savoir si j'ai une maladie incurable. Oui je l'ai ! : à chaque pas, je me donne un gage. En l'accomplissant, je possède ce goût étrange dans la gueule, je tremble d'impatience, je vois de si loin et de si près en même temps que je n'ai pas la taille d'un être entier... Une trace inouïe - l'INDIVIDU ! Mais je ne dis rien. Je suis comme d'habitude.
Nombre de pages
152
Date de parution
14/06/1999
Poids
173g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782867446375
Titre
LES GAGES
Auteur
Fack Rochelle
Editeur
POL
Largeur
140
Poids
173
Date de parution
19990614
Nombre de pages
152,00 €
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Il ne m'est jamais rien arrivé à cause des autres, non. Mais c'est à cette époque que j'ai senti que mon ennemie, c'était moi. Cela m'a procuré un sentiment de puissance et de grande liberté".
Résumé : "Lole est une crapule, une obscénité d'amertume et d'égoïsme ; sa jalousie est indéfendable. Ecrire pareille colère, c'était engager son oubli ; annuler l'héroïne à mesure que ses traces prenaient corps dans mon texte. Mais vous dire que la toucher ne fut qu'horreur serait mentir. J'avoue aussi avoir joui de ses mots, assassins, jamais à bout de jus ! Regardez-là... Elle est devenue ignorante... Elle n'a plus le cran d'avoir honte... Elle ne sait qu'exhiber en allant chercher sa dose. La jalousie meilleur dealer ? Dealer et substance à la fois ! Paradis !"
Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.Notes Biographiques : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982 puis L'Amie du jaguar Bravoure (prix Passion 1984 prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1987),Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick : Je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige prix Femina 1995 a été porté à l'écran par Claude Miller et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003 Emmanuel Carrère réalise un documentaire Retour à Kotelnitch et adapte lui-même en 2004 La Moustache avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe, D'autres vies que la mienne, Limonov prix Renaudot 2011, Le Royaume prix littéraire Le Monde, lauréat-palmarès Le Point, Meilleur livre de l'année, Lire 2014, Il est avantageux d'avoir où aller et Yoga. En 2020 il a réalisé un nouveau film Ouistreham d'après le livre de Florence Aubenas avec Juliette Binoche et des actrices non professionnelles. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.
Quand j'ai débarqué à Tours (Indre-et-Loire) au printemps 1968, c'était pour enquêter sur ce que mes parents y avaient vécu pendant la guerre. J'étais très loin d'imaginer que, ce printemps-là, tout le pays serait secoué par une révolte étudiante et paralysé par une grève générale, que je tomberais amoureuse, et que mon histoire d'amour me transporterait en 1942, dans la France de l'Occupation ! Vous allez peut-être trouver surprenant que je me décide à raconter mon histoire d'amour, de résistance et de voyage dans le temps à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Mais je crois que c'est le bon moment : en 2026 comme en 1942, il ne faut pas laisser les discours de haine et les mensonges devenir les récits dominants.
Je ne cherche pas ailleurs. Rahmat, le Kabuliwalla, c'est moi. Je ne le filme pas comme un autre, je n'écris pas pour fuir. Je raconte mon histoire à travers lui. Car ce que je poursuis, ce que je veux sauver, ce que je veux comprendre - c'est moi-même, dans ce regard d'exilé, dans ce corps en marche, dans ce silence d'avant la parole.
Plus je lui écrivais de lettres, plus mon affection pour Ilaria grandissait. Il me fallait en savoir plus sur elle. Mais je n'étais pas certaine qu'elle souhaitât que je dévoile les anecdotes intimes que la lecture de son herbier m'avait apprises. Dans le même temps, certains de ses textes sur les plantes laissaient transparaître un désir de percer les secrets de Venise.