Archives de sciences sociales des religions N° 150, Mars-Avril 2010 : Ecritures radicales au Grand S
Fabre Pierre-Antoine
EHESS
22,00 €
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EAN :9782713222542
Dans la France du XVIIe siècle, des volontés de réforme radicale de la vie religieuse se sont exprimées dans de nombreux écrits. L'approche de tels écrits comme formes identitaires et terrains d'affrontements soulève aujourd'hui une série de questions. Quel rôle attribuait-on à l'époque à l'écriture pour définir la norme religieuse? Comment les dynamiques dissidentes passaient-elles par l'écriture? Des écrits peuvent-ils fonctionner comme marqueurs de radicalité? L'écriture peut-elle transformer elle-même des croyants en radicaux? À partir d'études de cas singuliers mais hautement significatifs, historiens de l'écrit comme du fait religieux, analystes littéraires et spécialistes de la théologie de l'époque moderne apportent les nuances nécessaires à la compréhension de ces "guerres de plume " dont notre présent n'est pas indemne. À ce dossier thématique se joint un petit varia qui traite successivement des apparitions de la Vierge Marie à Madagascar, de la mémoire collective comme opération théologique à partir d'une relecture de la Topographie légendaire des évangiles en Terre sainte de Maurice Halbwachs, et enfin des usages pratiques et privés du Coran dans les villes marocaines.
Nombre de pages
195
Date de parution
12/07/2010
Poids
332g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713222542
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 150, Mars-Avril 2010 : Ecritures radicales au Grand S
Auteur
Fabre Pierre-Antoine
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
332
Date de parution
20100712
Nombre de pages
195,00 €
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Prisons et religions en Europe: l'affirmation croissante des identités religieuses dans la population carcérale d'aujourd'hui se manifeste avec plus ou moins d'intensité au sein d'une Europe traversée de flux migratoires. Le premier dossier réuni ici rend compte de diverses situations à cet égard en France, en Grande Bretagne, en Norvège, en Italie, en Allemagne, en Suisse et au Danemark. Ce voyage à travers l'Europe des prisons met à jour les tensions nées de la rencontre entre la diversification culturelle de la population carcérale et la structure chrétienne de l'encadrement spirituel légué par l'histoire. Face à la difficulté de former de nouveaux cadres d'assistance religieuse, les institutions font ainsi pression sur les aumôniers en place pour qu'ils diversifient leurs prestations. De leur côté, les pratiques religieuses des détenus relèvent de multiples raisons allant de la résistance personnelle à l'institution jusqu'à l'affirmation d'une identité communautaire en passant par la stratégie de survie et la revendication d'une assistance sociale. Religions amérindiennes et New Age: les nébuleuses mystiques et ésotériques se répandent sur divers continents. La mouvance New Age, qui participe de ces engouements contemporains, reste aujourd'hui difficile à discerner tant ses pratiques particulières et locales sont indissociables de la circulation globale de leur témoignage ou de leur rumeur dans l'espace planétaire, selon une sorte de marginalité illimitée. S'appuyant sur des enquêtes en Amérique centrale et latine, le second dossier de ce numéro lève un coin de voile sur les syncrétismes qui se réinventent dans ces nouvelles marges, du culte transformé de la Santa Muerte au Mexique à la consommation mondiale de l'Ayahuasca, plante psycho-active associée aux rites chamaniques amérindiens.
Lorsque le Groupe de Sociologie des Religions se constitua en 1954, il mit au premier rang de ses tâches collectives le travail bibliographique", note François-André Isambert dans l'article "Pour une bibliographie systématique en sociologie des Religions" du premier numéro de la revue. Dès sa naissance, la revue s'est en effet attachée à rendre compte des travaux de sciences sociales sur le religieux à l'échelle mondiale. Emile Poulat (1920-2014), qui vient de disparaître, a joué un rôle essentiel dans ce travail de recension. Le présent Bulletin bibliographique lui rend un premier hommage. Cette dernière livraison offre plus d'une centaine de comptes rendus portant sur des approches et des domaines comme toujours très divers, depuis les confessions instituées dans la modernité religieuse jusqu'au chamanisme primitif, depuis l'Antiquité jusqu'au plus contemporain. Les notes critiques portent sur les dimensions religieuses de la Grande Guerre, revisitées à l'occasion de sa commémoration, sur l'étude du sikhisme, sur l'histoire des missions d'évangélisation à l'époque moderne et sur l'oeuvre prophétique de Jacques Ellul. Une nouvelle rubrique apparaît avec la présentation d'une oeuvre exégétique méconnue et inédite sur la vie de Jésus, travail historique du jurisconsulte François-André Isambert (1792-1857), ancêtre homonyme de notre collègue et membre fondateur du Groupe de Sociologie des Religions. La revue Archives de sciences sociales des religions s'assigne trois objectifs : promouvoir une perspective comparative, élargie à toutes les religions, et à toutes les aires culturelles ; favoriser une coopération de toutes les sciences sociales aux fins d'éclairer les facettes multiples du phénomène religieux ; accueillir l'exposé des réflexions méthodologiques et théoriques sur les objets de la recherche. L'effervescence de l'actualité religieuse et la globalisation des formes de religiosité conduisent plus que jamais les sciences sociales à interroger leurs frontières disciplinaires et à mettre à l'épreuve leurs paradigmes du fait religieux.
Le décret de la XXVe session du Concile de Trente sur le culte des saints, des reliques et des images est très souvent cité, évoqué et supposé connu. Mais est-il lu ? A-t-on jamais tenté de comprendre la place des "images" dans la procession des saints, des reliques et des images ? A-t-on pesé ce décret comme le résultat d'un travail, et non pas seulement comme le frontispice de l'art catholique "tridentin" ? A-t-on pris la mesure de la situation de ce décret, clôture d'un Concile ouvert plus de trente ans plus tôt ? Ce petit livre tente d'apporter à ces questions un début de réponse.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.