Archives de sciences sociales des religions N° 161, Janvier-mars 2013 : Messianismes et anthropologi
Fabre Daniel ; Massenzio Marcello ; Albert Jean-Pi
EHESS
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EAN :9782713223945
Le premier dossier de ce numéro à deux thématiques opère un retour à plusieurs voix et dans diverses perspectives sur l'oeuvre de Vittorio Lanternari (1918-2010), anthropologue italien qui fit connaître dans les années 1960 les mouvements religieux des peuples opprimés par le colonialisme occidental, messianismes du Tiers Monde dont on se demandait alors s'ils étaient révolutionnaires. Les diverses contributions rassemblées ici reviennent sur ce moment trop oublié où des échanges internationaux très denses et un programme comparatif ambitieux tâchaient de penser les relations du religieux et du politique. L'oeuvre de Lanternari y est confrontée à son héritage - l'histoire des religions dans ses formes italiennes -, à sa réception - par l'anthropologie française - et à sa mise en débat la plus radicale, par l'ami le plus proche, Ernesto de Martino (1908-1965). Le second dossier réunit plusieurs études anthropologiques récentes ayant en commun de s'interroger sur les figures et substituts du "saint" .Il s'agit pour elles de repérer les formes de mises en présence d'entités surnaturelles à travers des éléments sensibles variés - images, reliques ou tombes mais aussi sang sacrificiel, arbre ou marionnette - qui ont été rapprochés par la notion de substitut. Ces supports de la dévotion, inévitables parce qu'ils rendent l'invisible accessible et manipulable, sont saisis dans les contextes d'action rituelle qui leur confèrent cependant l'essentiel de leur pouvoir de conviction. Les substituts finissent par compter plus que les êtres dont ils ne devraient être qu'un équivalent moindre. A travers divers terrains relevant du christianisme (France, Espagne, Pérou), de l'islam (Maroc, Palestine) ou d'une figure théâtrale frontière entre le bouddhisme et le shinto japonais, la réflexion anthropologique porte sur les modes d'action ou l'efficacité des situations et objets rituels.
Nombre de pages
308
Date de parution
12/04/2013
Poids
504g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713223945
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 161, Janvier-mars 2013 : Messianismes et anthropologi
Auteur
Fabre Daniel ; Massenzio Marcello ; Albert Jean-Pi
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
504
Date de parution
20130412
Nombre de pages
308,00 €
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Fais ce que voudras" proclame le carnaval, mais son ordre est rigoureux. Le domaine de chaque âge, sexe et condition, la relation aux morts, les formes du temps, tout le socle d'une société s'y révèle et s'ordonne sous le masque et par lui. Carnaval! Le mot suffit à faire surgir parades et fêtes populaires parmi les plus tenaces. Daniel Fabre en visite le royaume et en désigne la double énigme. Dans quelle filiation inscrire ces déguisements? Comment comprendre cette inversion toujours renouvelée...
Dans sa poursuite des étrangetés qui dépaysent, l'art moderne n'a cessé de faire bouger ses frontières en incluant " l'autre de l'art" dans son espace. Ce que les historiens de l'art ont nommé " primitivisme " désigne ce mouvement qui s'épanouit au début du XXe siècle. Or, dès le romantisme, l'altérité exotique a été confrontée à une autre, celle qu'incarne l'enfant auprès de nous et en chacun de nous. Le court-circuit a eu lieu vers 1845, à Paris, sous l'égide de George Sand, de Champfleury et de Baudelaire. Il marquera de Corot à Picasso, de Courbet à Kandinsky, de Paul Klee à Joan Miro une longue période de la création plastique. L'équivalence, déjà posée par les artistes, entre les productions de l'enfant et celles du primitif, l'un et l'autre détenteurs des " lignes élémentaires ", rencontre l'idée de quelques biologistes qui perçoivent dans la croissance du petit humain la récapitulation accélérée de l'histoire de notre espèce. L'horizon qui s'ouvre est fascinant : l'art des enfants est-il un reflet de l'enfance de l'art ? Les savants ? psychologues, préhistoriens, anthropologues ? prennent alors le relais des artistes. Ils abandonneront bientôt l'idée d'une pure et simple équivalence pour scruter une énigme qui n'est toujours pas refermée : pourquoi, de par le monde, les productions des enfants se ressemblent-elles et comment en viennent-ils à exprimer les différentes cultures graphiques et plastiques dans lesquelles ils sont élevés ? Les ethnologues des années 1930 (Griaule, Evans-Pritchard, Lévi-Strauss, Thérèse Rivière, Margaret Mead) se souviennent de ces questions et savent solliciter ce que les enfants font de leurs mains. Sans doute les points de vue de l'artiste et du savant se distinguent ? retrouver l'enfance n'est pas étudier l'enfant ? mais les moyens qu'ils utilisent ? l'enquête, la collection et l'exposition ? sont identiques et suscitent souvent leur mutuelle curiosité. Aujourd'hui, " l'art des enfants " est devenu une catégorie à part, isolée dans son monde, tout absorbée par la pédagogie; ce numéro voudrait rappeler combien il fut, pendant un long demi-siècle, un des foyers vivants où création esthétique et réflexion anthropologique se passaient réciproquement le relais.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.