À l'antisémitisme du régime de Vichy, qui ne cesse de se rappeler à la mémoire de notre temps, les historiens ont consacré de très nombreuses recherches. Au Conseil d'État, qui vient de célébrer son deuxième centenaire au sein de l'organisation administrative française, les juristes ont réservé une littérature non moins prospère. Pourtant, sur les relations troubles entretenues par le Conseil d'État avec la politique antijuive de Vichy, la bibliographie disponible, malgré quelques récents apports, s'avère beaucoup plus restreinte. Le fond de ces quelques contributions, en outre, est parfois contradictoire, souvent discutable, toujours environné de crispations individuelles ou collectives. C'est partant de ce constat que le présent ouvrage s'est engagé dans la double voie d'une synthèse et d'un approfondissement des travaux existants. Ainsi trouvera-t-on d'abord en ces pages la matière des plus fiables recherches qui intéressent le sujet, mais aussi une analyse exhaustive, à ce jour la seule, des arrêts rendus par le Conseil d'État dans le contentieux né de l'application du droit antisémite édicté par les autorités de Vichy. L'étude, alliant selon une démarche originale l'approche historique au raisonnement juridique, s'efforce de réexaminer posément les conclusions qui ont été formulées sur cette jurisprudence. À cet effet, elle opère d'amples comparaisons, tant avec le reste de l'activité des membres du Conseil durant la période 1940-1944 qu'avec l'attitude des juridictions judiciaires et de l'ensemble des juristes alors confrontés aux lois raciales. Loin des révisionnismes feutrés, dont la généalogie se trouve également retracée ici, qui depuis la Libération et aujourd'hui encore tentent d'oblitérer les aspects les plus sombres de ce " contentieux de l'antisémitisme ", l'auteur retient un bilan nuancé, soucieux de comprendre les errements passés comme d'ouvrir la réflexion à ce qu'est un juge aussi bien qu'à ce qu'est le droit. Issu d'un mémoire soutenu en 1998 dans le cadre du DEA de droit public interne de l'Université de Paris I (Panthéon -Sorbonne), cet ouvrage, qui a reçu le soutien du Conseil scientifique de l'Université, constitue le premier volume de la collection de l'École doctorale de droit public et de droit fiscal, " De Republica ".
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Date de parution
01/01/2001
Poids
670g
Largeur
159mm
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EAN
9782859443993
Titre
CONSEIL D ETAT ET VICHY
ISBN
2859443991
Auteur
FABRE
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
159
Poids
670
Date de parution
20010101
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Dans ses Exercices spirituels (1548), Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, pose une "composition de lieu" en préambule et en fondement de la contemplation visuelle. On explore ici les différents champs où ce dispositif déploie son efficacité : de la lettre de l'énoncé ignatien à l'histoire des pratiques qu'il engendre, de l'exercice de l'imagination à la place qu'il désigne pour l'image, de l'attitude mélancolique assignée au sujet contemplatif à la formation d'une économie de la mélancolie dans l'activité contemplative. Se trouvent ainsi noués les enjeux spirituels, esthétiques, institutionnels et politiques de l'invention d'un "art jésuite", et tracés les contours du lieu de l'image au temps des Réformes.
Le vocabulaire du problème et de la problématisation envahit le champ de l'éducation et de la formation. On s'en réjouirait s'il s'agissait bien de conjuguer apprentissage et pensée, selon le souhait de Dewey. Malheureusement, une sorte de malédiction affecte les bonnes idées qui ne manquent pas de se dénaturer au fur et à mesure qu'elles se répandent, au point de susciter l'indignation des pères la rigueur, prompts à jeter le bébé avec l'eau du bain. Il importe donc de poser la question dans sa radicalité: qu'est-ce qu'un problème? Que veut dire problématiser? On s'efforcera de retracer la genèse plurielle du paradigme du problème à travers les philosophies de John Dewey, de Gaston Bachelard, de Gilles Deleuze et de Michel Meyer qui toutes s'efforcent d'imaginer des alternatives au dilemme de Menon et à ses avatars modernes. Comment penser la recherche et l'apprentissage autrement que comme réminiscence? Quel rôle y jouent le questionnement la problématisation? Peut-on imaginer - contre toutes les théories de la connaissance de la modernité - une épistémologie, voire une logique de la découverte, de l'invention? Et une pédagogie du problème? Car épistémologie et pédagogie s'avèrent inséparables dès le début, comme Socrate l'avait bien vu, dans la leçon du Menon. A travers ces études philosophiques, il s'agira d'éclairer si possible les questions pédagogiques ou didactiques qui se posent aujourd'hui à l'enseignant ou au formateur en mal de problématisation.
Résumé : Une pochette contenant 4 cartes à gratter grâce à des modèles, des pas à pas et un stylet en bois. Avec le stylet en bois, l'enfant gratte les cartes et révèle de jolis effets dorés, colorés, ou fluos sur ses animaux. Une activité zen et bénéfique qui offre à la fin le plaisir d'offrir des tableaux très réussis !
Résumé : La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un fait physiologique ou un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de " sexe " ne décrit pas la différence naturelle de l'homme et de la femme mais la produit, par la répétition des normes du genre que nos discours et nos pratiques sociales véhiculent sans cesse. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes d'homme et de femme, Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique globale de l'hétéro-sexisme, c'est-à dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité obligatoire. Trouble dans la matière part du contexte polémique de la réception de Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. L'ouvrage entreprend de mettre en lumière la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, mais aussi d'interroger, en retour, la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste. L'exploration de la postérité inédite de Marx qui se dessine entre Althusser et Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, fait de la construction du " sexe " le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui la ressaisissent. L'ouvrage envisage ainsi de penser la matérialité discursive de l'existence sociale, c'est-à-dire la manière dont le discours, esquissant les contours des sujets et des objets qu'il nomme, les constitue socialement comme tels. Il vise, à partir du problème de la construction discursive du sexe, à proposer des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale, et non simplement de la décrire ou de la refléter.
Résumé : En mêlant réflexion théorique et perspectives opérationnelles, ce livre souhaite questionner les transformations urbaines occasionnées sur le temps long par l'émergence des mobilités partagées mises en oeuvre par de grandes firmes privées mondialisées. Dans quelle mesure la participation de ces nouveaux acteurs aux politiques de mobilité des villes transforme-t-elle le rôle des institutions publiques dans la gestion urbaine ? Ces systèmes de mobilité peuvent-ils répondre aux enjeux écologiques du XXIe siècle ? Quels sont les gagnants et les perdants de ces recompositions dans l'économie des transports, les institutions et les structures sociales urbaines ? Ces questions sont abordées à partir de l'analyse du développement récent des systèmes de vélos en libre-service et d'autopartage, en proposant une réflexion plus générale sur la place du capitalisme dans l'innovation en matière de mobilité et dans la fabrique de la ville. L'ouvrage permet de saisir les contours des nouvelles économies collaboratives en interrogeant la gouvernance "public-privé" des mobilités partagées. Cette seconde édition souhaite actualiser le développement de l'auteur à travers l'introduction d'une étude de cas de l'évolution historique des mobilités partagées à Paris, la prise en compte de l'arrivée des dispositifs de mobilité en free floating dans les grandes villes et l'intégration de nombreux éléments d'actualité (changement d'opérateur, nouveaux acteurs, etc.). Le livre souhaite offrir des outils de réflexion aux différents acteurs de la ville avant les élections municipales de 2020, période au cours de laquelle les mobilités partagées seront au coeur des débats politiques et citoyens.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.
L'immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d'hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l'usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l'idée que le regroupement familial n'a été instauré qu'en 1976, après avoir mis fin à l'immigration de travail, et a conduit les partisans d'une politique migratoire restrictive à présenter l'immigration familiale comme l'origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque. Au croisement de l'histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l'ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l'égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Nerva ? une figure militante qui s'est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 ?, pour saisir l'expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l'immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles "invisibles", lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l'existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d'une politique d'immigration spécifique, qui limite l'arrivée des familles algériennes après l'indépendance. A la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d'intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.