Là où la parole veille la blessure, où jamais le noir n'était aussi près et tranchant, parmi les rochers de l'oubli, l'auteur nous fait traverser la rivière des offrandes où ses fantômes paraissent s'asseoir à l'orée de l'absence aimée. L'autre rive est celle des morts et des vivants qu'on croise et qui se confondent dans des plaintes cisaillant le temps. Parmi les méandres de l'exil, l'insomnie et l'oubli, Tarek Essaker nous rend visibles les empreintes d'une nuit que tant d'ombres ont déjà empruntée avant lui. Parmi ces étranges traces dans des sombres éclats, des silences, des blessures, le désir et la mort, le réel et l'imaginaire. Seules les fleurs d'une nuit attablées à mon silence éclosent sans mesure et douleur. Il a fallu que cette ombre soit de ce matin qui faillit à man jour, nous dira l'auteur sans omettre d'ajouter : Sois plus belle que la mort j'inviterai l'éternité à t'aimer et serai là à tes printemps. Tentation de rejoindre ces absents qu'on ne peut oublier ...
Nombre de pages
76
Date de parution
03/05/2000
Poids
120g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738431745
Titre
La prairie des inquiétudes
ISBN
2738431747
Auteur
Essaker Tarek
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
120
Date de parution
20000503
Nombre de pages
76,00 €
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Trois jours pour quitter la demeure des hommes, trois jours au cours desquels Hajer-Aghar doit se faire une raison, dénouer ses sagesses, et surtout remettre en mains sûres ses errances avant de disparaître. Face à l'omnipotence dudit Dieu des hommes, face au diktat du patriarche et du monothéisme, Aghar, Agar ou Hajer - selon les diverses graphies - femme libre rendue esclave pour assurer la descendance du patriarche, fut ensuite rejetée, répudiée et renvoyée dans le désert. Dans son errance, lors de ses cheminements, Aghar, nommée folle, devint ainsi au regard des communautés des hommes, la femme figure de la rupture, de la remise en question de la vérité et de l'ordre établi, comme le signe d'une parole autre et d'un chant énigme. Ici s'ancre le récit d'Aghar et des Cheminants.
La fille de la rivière traverse. Elle tente de traverser ce monde, mais veille à rester à l'écart, elle n'a pas le choix. Elle est de celles à qui on refuse tout. Elle vit dans l'ombre des feuillages à proximité de la rivière, qui elle, au fil des crues et des canicules, changera toujours l'itinéraire de son cours. La Rivière est son lieu de vie, pas son territoire. Un espace sans frontière où tous les êtres ont leur place sans esprit de domination car l'eau, la Bleue est indomptable. Le poème est le reflet exact de l'incontrôlable écoulement que la fille de la rivière nous apprend. Elle nous enseigne qu'aucun rivage ne doit être inabordable, ni lieu d'exclusion, d'humiliation ou de décompte de victimes, mais le lieu où l'on accoste pour aller plus loin, pour franchir, s'affranchir, et, en dernier recours, créer l'altérité qui nous réunira à la terre.