Communauté, immunité, biopolitique. Repenser les termes de la politique
Esposito Roberto ; Neyrat Frédéric
MIMESIS
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EAN :9788869761805
Les communautés politiques contemporaines s'avèrent désormais de plus en plus renfermées sur elles-mêmes : la centralité de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, la question sanitaire des vaccins, les manipulations biotechnologiques du corps humain ainsi que les guerres préventives témoignent d'un souci général et presque obsessionnel de l'auto-immunisation. Dans cet essai Roberto Esposito remonte aux origines théoriques et historiques d'une idée d'État « immunitaire », c'est-à-dire d'une communauté qu'il fallait protéger contre toute agression ou ennemi extérieur, jusqu'au paradoxe effrayant des médecins des camps nazis qui produisaient la mort. En réfutant ce paradigme immunitaire, Esposito reconduit le terme « communauté » à sa racine étymologique latine de «munus», c'est-à-dire de don à l'autre : un environnement où l'instabilité, l'ouverture et l'exposition permanente à autrui sont des éléments constitutifs, à gérer par une approche politique nouvelle et non mortifère.
Nombre de pages
246
Date de parution
12/02/2019
Poids
316g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9788869761805
Titre
Communauté, immunité, biopolitique. Repenser les termes de la politique
Auteur
Esposito Roberto ; Neyrat Frédéric
Editeur
MIMESIS
Largeur
140
Poids
316
Date de parution
20190212
Nombre de pages
246,00 €
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L'actuelle aphasie du langage politique, son incapacité à représenter la réalité, ne naît pas simplement des changements qui ont caractérisé le siècle. Elle vient d'une difficulté qui investit la catégorie même de "représentation", aussi bien au sens, théologico-politique, de la représentation-image du Bien par le pouvoir, qu'au sens, moderne, de la représentation-délégation du plus grand nombre par une instance souveraine unique. Aussi la perspective "impolitique" n'est-elle pas une attitude apolitique ou antipolitique. L'impolitique est le politique considéré depuis sa frontière extérieure. Il est sa détermination, au sens où il en définit les "termes" - les mots et les confins. Selon cette acceptation, tout le grand réalisme politique, c'est-à-dire la pensée non théologique sur la politique, aura donc été impolitique.
Venue du droit, la notion d'immunité occupe une place centrale en médecine. Tout comme le système immunitaire du corps humain protège l'organisme contre les incursions mortelles de virus, la loi garantit la survie de la communauté dans une situation la mettant en péril. Le droit protège et prolonge la vie. Mais comme le corps individuel, le corps collectif ne peut être immunisé contre le danger qu'en permettant à une certaine quantité de ce qui le menace d'y pénétrer. Pour échapper aux griffes de la mort, la vie est obligée d'incorporer en elle un principe mortel et de créer des anticorps. Le commun ne peut être préservé que s'il intègre en son sein un corps étranger, qui l'expose à un risque permanent. Dans ce livre, qui mêle les lexiques juridique et politique à ceux de la théologie, de l'anthropologie et de la biologie, Roberto Esposito propose une analyse de la biopolitique contemporaine d'une extrême actualité. Aujourd'hui, les processus d'immunisation comme la demande de vaccination - mêlée de crainte - caractérisent tous les aspects de notre existence. Plus les individus et les sociétés se sentent sur le point d'être infectés par des corps étrangers, plus ils se renferment ou sont confinés dans leurs limites protectrices, qu'il s'agisse des murs de nos appartements ou des frontières de nos Etats. A une issue immunitaire et finalement destructrice, peut-on imaginer une alternative fondée sur une nouvelle conception de la communauté ? Roberto Esposito est un philosophe contemporain déjà classique en Italie. De l'ensemble de son oeuvre, Communitas (PUF, 2000), Catégories de l'impolitique (Seuil, 2005) et le recueil d'articles Communauté, immunité, biopolitique (Amsterdam, 2010) ont été traduits en français.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.