Communauté, immunité, biopolitique. Repenser les termes de la politique
Esposito Roberto ; Chamayou Bernard ; Neyrat Frédé
AMSTERDAM
15,30 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782350960234
De l'impact des biotechnologies sur le corps humain à l'omniprésence de la sécurité dans les programmes de gouvernement; des guerres dites "préventives" à la centralité de la question sanitaire comme indice privilégié du système économico-productif, innombrables sont aujourd'hui les symptômes qui témoignent d'une obsession létale pour l'immunisation. Ce paradigme immunitaire est, selon Roberto Esposito, celui qui définit le mieux notre monde globalisé, lequel s'apparente de plus en plus à une bulle protégée de tout dérèglement susceptible de surgir de l'"extérieur". Car Roberto Esposito insiste sur ce point: l'immunisation est le mouvement funeste par lequel le vivant, voulant se protéger de lui-même, transforme la biopolitique en gestion normative s'appliquant sur la vie. Et ceci s'expliquerait par une condition nécessairement partagée par tous: celle de la communauté. Celle-ci en effet ne désigne pas un groupement humain fermé sur lui-même et partageant un "intérêt" commun, une identité stable et transparente à elle-même. Elle suppose au contraire une instabilité originaire: ce que nous, tous les êtres humains, avons en commun (cum), n'est rien d'autre qu'un don à faire (munus), soit une exposition permanente à autrui. Et c'est pour stabiliser ce processus sans fond, sans garantie, de la vie, que les régimes politiques modernes (depuis le léviathan jusqu'au néolibéralisme actuel, en passant par le nazisme) ont mis en place des systèmes d'immunisation dont l'efficacité tend à se retourner contre les populations. Conjurer cette thanatopolitique est la principale ambition de ce livre
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
246
Date de parution
04/03/2010
Poids
224g
Largeur
120mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782350960234
Titre
Communauté, immunité, biopolitique. Repenser les termes de la politique
Auteur
Esposito Roberto ; Chamayou Bernard ; Neyrat Frédé
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
120
Poids
224
Date de parution
20100304
Nombre de pages
246,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Dans Les personnes et les choses Roberto Esposito questionne les enjeux de la financiarisation, de la biogénétique, du capitalisme, de l'écologie politique, et nous invite ainsi à repenser radicalement notre relation avec les choses. Si la notion de personne en tant que figure philosophico-juridique a constitué le dispositif à travers lequel la pensée occidentale a cherché à séparer le propre et l'impropre, le corps et l'esprit, ce dispositif a aussi progressivement mené à une division nette entre la personne et la chose. Les choses ont été réduites non seulement à des objets ou à des instruments, mais aussi à des marchandises disponibles à la consommation. Au processus de déréalisation des choses correspond celui dépersonnalisation des personnes, et c'est dans cette division historique qu'apparaît la catégorie des non-personnes, de ceux qui n'ont pas pleinement droit à la légitimité juridique de la personne. Esposito, après un examen historique et philosophique de l'origine et des conséquences de cette division, concentre sa réflexion sur le corps qui, n'étant ni une personne, ni une chose, a généralement été ignoré par la loi. Le corps, souligne l'auteur, occupe une position au coeur même de la politique, en tant qu'objet d'exploitation, et en même temps, lieu de résistance.
Les communautés politiques contemporaines sont désormais de plus en plus renfermées sur elles-mêmes : la place centrale donnée à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme dans les programmes de gouvernement, la question des vaccins, les manipulations biotechnologiques du corps humain ainsi que les guerres préventives témoignent d'un souci général et presque obsessionnel de l'auto-immunisation. Dans cet essai de philosophie politique Roberto Esposito remonte aux origines théoriques et historiques d'une idée d'Etat "immunitaire", c'est-à-dire d'une communauté qu'il fallait protéger contre toute agression ou ennemi extérieur, jusqu'au paradoxe effrayant des médecins des camps nazis qui produisaient la mort. Il faut donc éviter que celles qu'on appelle les "bio-politiques" deviennent plutôt des "thana-topolitiques", terme qu'Esposito forge pour décrire des systèmes d'immunisation qui se retournent contre les populations. En réfutant ce paradigme immunitaire, Esposito reconduit le terme "communauté" à sa racine étymologique latine de "munus", c'est-à-dire de don à l'autre : un environnement où l'instabilité, l'ouverture et l'exposition permanente à autrui sont des éléments constitutifs, à gérer par une approche politique nouvelle et non mortifère.
L'actuelle aphasie du langage politique, son incapacité à représenter la réalité, ne naît pas simplement des changements qui ont caractérisé le siècle. Elle vient d'une difficulté qui investit la catégorie même de "représentation", aussi bien au sens, théologico-politique, de la représentation-image du Bien par le pouvoir, qu'au sens, moderne, de la représentation-délégation du plus grand nombre par une instance souveraine unique. Aussi la perspective "impolitique" n'est-elle pas une attitude apolitique ou antipolitique. L'impolitique est le politique considéré depuis sa frontière extérieure. Il est sa détermination, au sens où il en définit les "termes" - les mots et les confins. Selon cette acceptation, tout le grand réalisme politique, c'est-à-dire la pensée non théologique sur la politique, aura donc été impolitique.
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.
Sellier Geneviève ; Chollet Mona ; Lacurie Occitan
Au tournant des années 1960, la Nouvelle Vague inaugure une nouvelle façon de faire du cinéma : libération de la mise en scène, réalisme des dialogues, attention portée au montage... Ce mouvement se distingue en outre par sa critique politique de la société de consommation et des normes morales bourgeoises. La critique a toutefois une limite, et de taille : elle évacue presque complètement les aspirations des femmes, nouvelles actrices de la culture de masse. Les créateurs sont majoritairement des figures masculines, et les représentations qu'ils véhiculent empreintes de stéréotypes, quand elles ne tendent pas à invisibiliser les femmes ou, pire, à associer leur émancipation à une régression politique. C'est donc avec une vision monolithique et glorifiante de la Nouvelle Vague que Geneviève Sellier nous invite à rompre. Décentrant la figure de l'auteur, articulant l'analyse des films avec leur contexte de production et de réception, elle nous raconte les transformations des rapports de sexe, et la lutte toujours en cours des femmes pour asseoir leur légitimité en tant que créatrices à part entière.