Fondée en 1989 par Jean-Michel Espitallier, Vannina Maestri et Jacques Sivan, Java est probablement la revue qui aura reposé avec le plus d'acuité la question moderne, après les avant-gardes, tout en dégageant un certain nombre de propositions nouvelles. Outre de nombreux dossiers rétrospectifs - autour des "objectivistes" américains, de Christian Prigent, de Fluxus, de Ghérasim Luca, de Denis Roche... - la revue célèbre des figures plus récentes, de Valère Novarina à Olivier Cadiot ou Dominique Fourcade, tout en participant à l'émergence d'une nouvelle génération de poètes : Christophe Tarkos, Philippe Beck, Nathalie Quintane, Charles Pennequin, Cécile Mainardi - parmi beaucoup d'autres. Litanies, cut-ups, collages, syntaxe tourmentée, écritures pauvres ou lyrisme contrarié - tout est mis à contribution pour "redonner des couleurs" (et un rythme neuf) au poème contemporain. Durant ses dix-sept ans d'existence, la revue aura bel et bien été le laboratoire central des écrivains - hommes et femmes - qu'elle a su rassembler, dans un esprit d'ouverture et de diversité. Réunissant plus de 80 auteurs, l'anthologie que nous proposons aujourd'hui traverse l'ensemble de ces 28 numéros. Un long entretien en ouverture avec Jean-Michel Espitallier en restitue l'histoire et en éclaircit les enjeux, dans le contexte d'aujourd'hui.
Nombre de pages
484
Date de parution
25/02/2026
Poids
750g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782080437075
Auteur
Espitallier Jean-Michel ; Maestri Vannina ; Sivan
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Date de parution
20260225
Nombre de pages
484,00 €
Disponibilité
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J'ai cru rendre service aux amateurs de belles-lettres en publiant les textes qui vont suivre, convaincu que leur lecture serait d'un grand bénéfice à ceux qui auraient l'heur de s'y abandonner. [...] Que va-t-on lire, au juste? Pas un roman - encore que l'on y rencontre des personnages et des actions violentes, un peu d'amour et peu d'idées -, ni bien sûr un poème - en dépit de quelques vers, de quelques rimes et d'un peu de musique, lesquels, parfois, pourraient faire illusion -, et pas plus un essai, une tragédie, un livret d'opéra, un petit traité, que sais-je encore, mais bien plutôt et plus précisément un fatras de choses écrites qu'il m'a paru intéressant de livrer au public." Je dois toutefois au lecteur, qu'impatiente sans doute une très saine et fort compréhensible curiosité, deux ou trois explications sur les circonstances qui m'honorent d'être le préfacier de ce terrible livre, lequel nous est parvenu par des voies escarpées et, je l'avoue, à la faveur de très excentriques et très exceptionnels hasards. Que je vous raconte... ""
- Parfois, je me laisse aller à penser que l'infini est une vue de l'esprit.- Objection, maître, que faites-vous des moutons qui sautent...- La raison du sommeil engendre des moutons. Le sommeil a raison de ces moutons qui sautent.- En êtes-vous certain? Les moutons ne continuent-ils pas de sauter pendant que nous dormons...- C'est une bonne question. J'en ai une autre. Savez-vous donc ce qu'ils sautent...
Salle des machines remet en perspective l'ensemble du parcours de Jean-Michel Espitallier. Le livre s'ouvre sur son premier recueil, épuisé de longue date (Ponts de frappe), augmenté ici de plusieurs inédits, et se poursuit avec deux opuscules ultérieurs : une tragi-comédie sanglante (Fantaisie bouchère) et un pamphlet acerbe, rédigé lors de la seconde guerre du Golfe (En guerre). S'y ajoute une suite inédite, composée ces dernières années en vue d'un second Théorème d'Espitallier, finalement laissé en suspens. "Voici donc (nous précise l'auteur) un livre constitué de pièces détachées, exilées de différentes époques. Il doit être lu non comme un recueil un peu contraint de textes parfois conflictuels, mais plutôt comme un livre neuf, constitué d'un seul et même mouvement d'écriture, succession d'épisodes d'une même aventure, d'une même métamorphose, qui, accessoirement, pourra donner des débuts de réponses à l'inusable question placée en préambule : écrire, pourquoi ?"
Cet objet familier aux automobilistes, parfois terne, parfois ridicule quand il n'est pas purement invisible dans sa banalité, est le champ d'investigation d'un poète qui confie à ses jeux d'écriture (syllogismes, paradoxes, digressions, parodie, etc.) le soin de construire sa pensée et de mettre en action des réflexions et observations sociologiques, politiques, esthétiques, anthropologiques, etc. autour du rond-point. Construites par fragments et aphorismes, ces réflexions, dont les développements et les conclusions racontent notre époque, interrogent aussi le langage en le prenant au mot ou en jouant sur ses ambiguïtés et sur ses leurres. Car le rond-point a beaucoup de choses à nous raconter, sur nous-mêmes et la société dans laquelle nous vivons. Il pourrait même être le marqueur de tout ce qui constitue notre contemporanéité dans ses fantasmes et ses utopies, ses médiocrités et ses folies, mais aussi ses beautés et ses prodiges. Quand une pensée sérieuse explore, avec drôlerie et non sans dérision, ce petit monument à la gloire de la fluidité de la circulation automobile, c'est-à-dire du fantasme universel et pourtant ambigu du déplacement et de la liberté absolue