La réception réservée par le xviiie siècle aux autrices classiques éclaire la place de ces femmes dans la littérature des Lumières. Elle montre aussi la continuité d'un siècle à l'autre et la manière dont est élaborée l'histoire littéraire. Le xviiie siècle ne s'est pas contenté d'évaluer les autrices du xviie siècle. Il a lu, réécrit, édité les oeuvres de nombre d'entre elles, autrices déjà érigées en modèles (Sévigné et Lafayette), mais aussi références incontournables (Gournay, Villedieu, Deshoulières), ou encore femmes dont le statut d'écrivain peut être problématique (Montpensier, Louise-Françoise de Bussy-Rabutin). En étudiant la réception - lecture, édition, réécriture, évaluation - que réserve le Siècle des lumières à ces autrices, il s'agit de déterminer la place et le rôle de ces femmes dans la littérature des xviie et xviiie siècles, de mesurer la continuité d'un siècle à l'autre et de comprendre l'histoire littéraire telle qu'elle a été construite. L'examen de leur postérité mobilise plusieurs approches : intertextualité, histoire éditoriale, sociologie de la littérature, autant de perspectives qui posent des questions bien particulières lorsqu'elles relient deux siècles apparemment étrangers l'un à l'autre mais entre lesquels tant de rapprochements semblent pouvoir être faits. Que devient une autrice classique sortie de son contexte particulier, fait de réseaux, de collectivités et d'échanges lettrés ...
Que disent les jardins, que disent les chemins, que disent les pierres et que disent les textes entre autres ceux de Marmontel au XVIIIe siècle ? Telles sont les questions principales auxquelles l'ouvrage apporte des réponses. Il vise à faire résonner jusqu'à nous non seulement la culture et la littérature des Lumières, mais la finesse et la rigueur avec lesquelles Sophie Lefay nous en a fait entendre la note fondamentale.
Traitant de l'oeuvre d'Honoré d'Urfé au programme 2024 des agrégations externes et internes de Lettres classiques, de Lettres modernes, de Grammaire et Spéciale l'ouvrage propose tous les éléments nécessaires à la réussite du candidat. Comme tous les Clefs-concours de Lettres modernes, l'ouvrage est structuré en quatre parties : -Repères : le contexte historique et littéraire ; -Problématiques : comprendre les enjeux de l'oeuvre ; -Le travail du texte : questions de langue, de stylistique et de grammaire ; -Outils : pour retrouver rapidement une définition ou une référence.
L'épopée, qui ne survit plus guère aujourd'hui que dans les littératures orales-les récits de griots africains, par exemple-, ne serait-elle pas la mère et l'inspiratrice d'une part importante de la littérature occidentale ? Des prolongements de la matrice homérique aux " palimpsestes " d'un style dans des genres aussi divers que la tragédie en musique ou les romans de Joseph Delteil, ce volume montre le genre épique se construisant lui-même autour de sa propre récriture : depuis ses origines antiques et dans sa variété médiévale qu'est la chanson de geste, mais aussi par les surgeons qu'il a engendrés dans les autres genres, contribuant ainsi largement à l'élaboration de la théorie du roman comme épopée en prose au XVIIe siècle. L'épopée sans cesse renouvelée dans ses formes et dans ses fonctions a traversé et inspiré toutes les modernités.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.
Dans un non-lieu et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes victimes de la violence des hommes : femmes riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, jeunes et âgées, rebelles et soumises. Libérées par la mort de leur condition de victimes, elles nous racontent leurs histoires. On assiste à des drames provoqués par une société machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées. A travers des témoignages/ fictions de plusieurs pays du monde (Inde, Italie, France, USA, Mexique...), toutes les conditions sociales et toutes les cultures sont mises en cause par la dramaturge. Il en résulte une anthologie de récits bizarrement pleins d'humour et d'ironie, où la tragédie du quotidien demande justice et où l'universalité des histoires pousse le lecteur-spectateur à réfléchir sur la véritable condition de la femme au XXIe siècleSerena dandini est auteure et animatrice télé. Très connue de par le caractère innovant et satyrique de ses émissions, elle a travaillé avec des artistes très populaires en Italie. En 1988, elle écrit et présente La tv delle ragazze (La télé des filles), une émission qui fera connaître au grand public de nombreuses comédiennes et artistes. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte théâtral, Blessées à mort, inspiré par des faits divers de violence sur les femmes. Cette pièce est encore aujourd'hui en tournée en Italie et dans le monde. Texte engagé, militant, dur, il se fait porte-parole d'une situation malheureusement bien présente dans notre société, toutes ces histoires étant inspirées de faits réellement advenus.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.
Blond Stéphane ; Hilaire-Pérez Liliane ; Nègre Val
Ce livre est issu de journées d'étude qui ont renouvelé les approches sur l'histoire des ingénieurs à l'époque moderne en interrogeant les interfaces avec d'autres professions et le rôle des mobilités dans la mise en oeuvre de formes d'intelligence collective. L'enjeu est d'approfondir la thématique de la transmission, des intermédiations et des savoirs mixtes, un sujet majeur de l'historiographie récente. Les auteurs soulignent l'importance des hybridations de savoirs à l'épreuve du terrain, sur les chantiers, qu'il convient de considérer comme de véritables "trading zones" . Mais jusqu'à quel point la diversité des savoirs, des statuts, des langues permet-elle une mixité des savoirs ? Dans quelle mesure aussi l'hybridation des savoirs des élites techniciennes ne constitue-t-elle pas un mode de prédation des savoirs vernaculaires et communautaires ? Ce sont autant de questions auxquelles les auteurs s'efforcent de répondre.