On s'ennuie tellement dans ce bourg. Alors, Patrick et Robert, aidés par un faible d'esprit qui surveille les alentours, s'amusent à tendre des fils d'acier sur la route en espérant provoquer un accident. Leur frère Paul, qui fut un temps capable de se planter des clous dans les mains afin d'éprouver sa douleur, fuit le monde en lisant de la poésie. Jeanne, quant à elle, dessine des plans de villes imaginaires et rêve de rejoindre les Etats-Unis avec Eric, un jeune marchand ambulant installé dans une camionnette pavoisée aux couleurs de l'Amérique. Et puis il y a Caroline, haïe, abandonnée par sa mère, internée dans l'asile du coin, où elle tombe entre les griffes de Patrick et Robert. Sans oublier maître Puiseux, le notaire, qui lit Chateaubriand, rêve de la France éternelle et joue la nuit à Bubble Shooter sur Internet ou pense à son amante, la femme du médecin, pour se consoler de la décadence du monde. Eric sauvera-t-il Jeanne de son désert affectif ? Réalisera-il ses rêves de départ ? Caroline échappera-t-elle aux assauts de Patrick et Robert ? Sa mère ira-t-elle au bout de sa haine ? Maître Puiseux est-il condamné à l'hostilité des habitants ? Voué à sa petite vie morne de notable de province ? Avec des accents qui ne sont pas sans rappeler William Faulkner, Mangés par la terre dit la cruauté d'un monde taraudé par la mesquinerie et les rapports de domination, d'un monde travaillé par le mirage d'une autre vie. Est-il encore possible de rêver dans une telle misère ...
Nombre de pages
196
Date de parution
16/03/2017
Poids
260g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782373850499
Titre
Mangés par la terre
Auteur
Escalle Clotilde
Editeur
SONNEUR
Largeur
142
Poids
260
Date de parution
20170316
Nombre de pages
196,00 €
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Pourquoi Violette n'écoute-t-elle donc pas l'élan maternel que lui inspire le petit Arthur, un gamin de six ans de la DASS? C'est dans un gîte rural où elle séjourne avec son mari pour une semaine consacrée à un reportage culturel qu'elle a fait sa rencontre. Comment Violette peut-elle ignorer ce que le malheureux endure auprès du vieux couple à la tête de la ferme-château: indifférence chez "fausse vieille Maman" et maltraitance pédophile de la part de son ivrogne de mari. Lorsqu'elle ne se promène pas; bras dessus bras dessous, entre son mari Laurent et son petit Arthur, à travers la campagne ensoleillée, Violette, interviewe Désiré Campana, le conservateur d'un musée local aux trésors dérisoires: un homme accablé par la présence continuelle d'une mère sénile qu'il faut surveiller à tout instant. Violette ne s'étonne pas plus des bizarreries de cette vieille devenue si fragile - s'écriant: "Foutaises!" à tout bout de champ - que des demandes pressantes d'Arthur - qui rêverait d'en faire sa "vraie" Maman. D'ailleurs ne cherche-t-il pas à se faire adopter par chaque couple sans enfants qu'il réussit à approcher? De quelque côté que l'on se tourne, l'amour semble impossible. Ce n'est qu'une fois sa mère morte et enterrée que Désiré découvrira à quel point elle lui manque. A quel point la charge qu'elle représentait ne pesait rien en comparaison de sa perte. Quant à Violette et Laurent, n'ont-ils pas mené le petit Arthur en bateau comme prévu dès le départ: "Nous aurons cette cruauté de nous en sentir proches puis de l'abandonner." Mais s'agit-il de cruauté ou d'autre chose: du sentiment qu'on n'était pas taillée pour le "rôle", qu'on a soi-même été abandonnée, dépassée par le rêve aussi insondable que mégalo de ses propres parents? D'ailleurs, tout le temps qu'aura duré cette illusion d'aimer, Violette se sera inlassablement repassé le même film à l'abri des regards: sa mère a la beauté panthère d'Ava Gardner, son père la dégaine auréolé de gloriole tranquille du grand John Wayne. Sur leur image glamour, règne un soleil sans partage. Le soleil de l'enfance marocaine où Ava et Wayne étaient encore dans la force de l'âge et du désir. Mais voici que ce soleil change, vacille à la limite de l'éblouissement et de l'hallucination. Emportant les images de ces héros qu'on a d'abord vénérés puis qu'on voit vieillir, rapetisser, souffrir, gémir puis à jamais s'éteindre. Et dire qu'ils ont oublié de vous aimer... Comme si on avait été soi-même "off".
Clotilde Escalle est un écrivain en eau trouble. Tous ses romans baignent dans un climat de violence et de perversité qu'une écriture limpide et efficace rend accessible à tous. On lit des fleurs sous le sang. La Vieillesse de Peter Pan, où son talent brille de mille feux, met en scène un inspecteur de police désabusé, revenu de toutes les misères humaines. Pourtant, son cynisme n'est qu'une armure pour se protéger. Aussi, quand il découvrira le journal intime de l'une des personnes assassinées par, sans doute, le même tueur, il se laissera aller à l'émotion et son enquête prendra une autre tournure, plus personnelle. La Vieillesse de Peter Pan est de ces ?uvres qui s'inscrivent à jamais dans la mémoire. Un roman noir de haute lignée. Un alcool rare.
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Accompagné de la jeune et blonde Palombine, dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est qu'elle semble beaucoup lui plaire, mais qu'elle le trouve tendrement ringard, le narrateur, poète obscur et misanthrope, effectue en voiture un voyage nostalgique à travers l'Auvergne, son Poitou natal et la Touraine. Chemin faisant, tous deux discutent littérature, géographie, gastronomie, s'amusent avec les mots, dialoguent en compères au fil de reparties émues ou drolatiques, testent des hôtels en bord de route, avant de regagner la région parisienne, où le narrateur doit prendre part à un événement culturel auquel il se rend sans enthousiasme aucun. Cette improbable soirée chez les " bobos " sera l'ultime étape de ce road-trip à la française, qui s'achèvera tragiquement au beau milieu d'un trottoir. C'est sur ce fond narratif sensible, mélancolique parfois mais toujours empreint d'ironie, que Lionel-Edouard Martin développe sa prose poétique, enrichie d'une satire de la vie contemporaine, et particulièrement des milieux artistiques et littéraires.
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À l'été 2025, après vingt-cinq années d'exercice de la profession d'avocat pénaliste, Marie Dosé éprouve le besoin d'exprimer à travers une galerie de portraits, ce qu'elle voit monter ces dernières années : une irrépressible violence judiciaire et institutionnelle. Dans cette galerie de portraits, écrite dans un souffle et à fleur de peau, Marie Dosé relate ce que ni les médias ni l'opinion ne voient jamais : la brutalité concrète d'une institution qui, par indifférence ou jubilation à juger, finit par briser des existences, ici ou ailleurs. Mais La Violence faite aux autres ? cri d'alarme devant le tombeau d'un certain humanisme ? n'a rien d'un tract ou d'un pamphlet : à son écriture implacable, parfois clinique, fait surtout écho une expression d'impuissance devant ce que notre société tend à devenir. Enfin, dans ce récit d'un quotidien en butte à la mécanique judiciaire, vient s'immiscer, non sans pudeur ni délicatesse, les angoisses et les tremblements du drame privé.