Pourquoi Violette n'écoute-t-elle donc pas l'élan maternel que lui inspire le petit Arthur, un gamin de six ans de la DASS? C'est dans un gîte rural où elle séjourne avec son mari pour une semaine consacrée à un reportage culturel qu'elle a fait sa rencontre. Comment Violette peut-elle ignorer ce que le malheureux endure auprès du vieux couple à la tête de la ferme-château: indifférence chez "fausse vieille Maman" et maltraitance pédophile de la part de son ivrogne de mari. Lorsqu'elle ne se promène pas; bras dessus bras dessous, entre son mari Laurent et son petit Arthur, à travers la campagne ensoleillée, Violette, interviewe Désiré Campana, le conservateur d'un musée local aux trésors dérisoires: un homme accablé par la présence continuelle d'une mère sénile qu'il faut surveiller à tout instant. Violette ne s'étonne pas plus des bizarreries de cette vieille devenue si fragile - s'écriant: "Foutaises!" à tout bout de champ - que des demandes pressantes d'Arthur - qui rêverait d'en faire sa "vraie" Maman. D'ailleurs ne cherche-t-il pas à se faire adopter par chaque couple sans enfants qu'il réussit à approcher? De quelque côté que l'on se tourne, l'amour semble impossible. Ce n'est qu'une fois sa mère morte et enterrée que Désiré découvrira à quel point elle lui manque. A quel point la charge qu'elle représentait ne pesait rien en comparaison de sa perte. Quant à Violette et Laurent, n'ont-ils pas mené le petit Arthur en bateau comme prévu dès le départ: "Nous aurons cette cruauté de nous en sentir proches puis de l'abandonner." Mais s'agit-il de cruauté ou d'autre chose: du sentiment qu'on n'était pas taillée pour le "rôle", qu'on a soi-même été abandonnée, dépassée par le rêve aussi insondable que mégalo de ses propres parents? D'ailleurs, tout le temps qu'aura duré cette illusion d'aimer, Violette se sera inlassablement repassé le même film à l'abri des regards: sa mère a la beauté panthère d'Ava Gardner, son père la dégaine auréolé de gloriole tranquille du grand John Wayne. Sur leur image glamour, règne un soleil sans partage. Le soleil de l'enfance marocaine où Ava et Wayne étaient encore dans la force de l'âge et du désir. Mais voici que ce soleil change, vacille à la limite de l'éblouissement et de l'hallucination. Emportant les images de ces héros qu'on a d'abord vénérés puis qu'on voit vieillir, rapetisser, souffrir, gémir puis à jamais s'éteindre. Et dire qu'ils ont oublié de vous aimer... Comme si on avait été soi-même "off".
Nombre de pages
270
Date de parution
20/04/2012
Poids
284g
Largeur
124mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782363710307
Titre
Off
Auteur
Escalle Clotilde
Editeur
PG DE ROUX
Largeur
124
Poids
284
Date de parution
20120420
Nombre de pages
270,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : On s'ennuie tellement dans ce bourg. Alors, Patrick et Robert, aidés par un faible d'esprit qui surveille les alentours, s'amusent à tendre des fils d'acier sur la route en espérant provoquer un accident. Leur frère Paul, qui fut un temps capable de se planter des clous dans les mains afin d'éprouver sa douleur, fuit le monde en lisant de la poésie. Jeanne, quant à elle, dessine des plans de villes imaginaires et rêve de rejoindre les Etats-Unis avec Eric, un jeune marchand ambulant installé dans une camionnette pavoisée aux couleurs de l'Amérique. Et puis il y a Caroline, haïe, abandonnée par sa mère, internée dans l'asile du coin, où elle tombe entre les griffes de Patrick et Robert. Sans oublier maître Puiseux, le notaire, qui lit Chateaubriand, rêve de la France éternelle et joue la nuit à Bubble Shooter sur Internet ou pense à son amante, la femme du médecin, pour se consoler de la décadence du monde. Eric sauvera-t-il Jeanne de son désert affectif ? Réalisera-il ses rêves de départ ? Caroline échappera-t-elle aux assauts de Patrick et Robert ? Sa mère ira-t-elle au bout de sa haine ? Maître Puiseux est-il condamné à l'hostilité des habitants ? Voué à sa petite vie morne de notable de province ? Avec des accents qui ne sont pas sans rappeler William Faulkner, Mangés par la terre dit la cruauté d'un monde taraudé par la mesquinerie et les rapports de domination, d'un monde travaillé par le mirage d'une autre vie. Est-il encore possible de rêver dans une telle misère ?
Clotilde Escalle est un écrivain en eau trouble. Tous ses romans baignent dans un climat de violence et de perversité qu'une écriture limpide et efficace rend accessible à tous. On lit des fleurs sous le sang. La Vieillesse de Peter Pan, où son talent brille de mille feux, met en scène un inspecteur de police désabusé, revenu de toutes les misères humaines. Pourtant, son cynisme n'est qu'une armure pour se protéger. Aussi, quand il découvrira le journal intime de l'une des personnes assassinées par, sans doute, le même tueur, il se laissera aller à l'émotion et son enquête prendra une autre tournure, plus personnelle. La Vieillesse de Peter Pan est de ces ?uvres qui s'inscrivent à jamais dans la mémoire. Un roman noir de haute lignée. Un alcool rare.
Résumé : Jérôme Veulin se retire à la campagne, après avoir roulé sa jeunesse à Paris. Il vit avec sa mère, écrit ce qui lui passe par la tête, au creux d'une attente indéfinie. Le temps alangui égraine des heures sans fin. Jérôme tourne dans un ballet où s'agglutinent, indifférenciés, les objets et les êtres, dont la ressourcerie est le refuge et le théâtre immobile. Et si un coup de dés venait déposer le jour d'après ? Le nouveau roman de Clotilde Escalle exprime la rumeur du monde et ses résonances insensées. Il figure la vie dans ce qu'elle peut avoir de plus insaisissable.
L'inconnu continuait à me fixer. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? M'accueillir dans sa propre solitude ? Pas question. Même si la mienne était insupportable. Une engelure tenace. J'ai voulu me protéger à ma façon, et d'une voix narquoise : - A votre avis, quand le type en trench est entré et qu'il a glissé deux mots à l'oreille de l'autre, qu'est-ce qu'il lui a dit ? II est resté impassible, l'air de ne pas comprendre. Ou de s'en foutre éperdument. Peut-être avait-il dormi pendant le film ? - Si on allait prendre un verre ? J'ai secoué la tête énergiquement. Et avec forfanterie, voire provocation : - Non, merci. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. De toute façon, j'attends quelqu'un. - Vous attendez quelqu'un ? a-t-il dit sur un ton de perplexité moqueuse." Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l'univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d'un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l'illusion ou le fantasme, soudain surpris par l'éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.
La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium). S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc. De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance. Le constat de base que font les "décroissants" est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que "plus" ne veut pas automatiquement dire "mieux" et qu'il est parfois nécessaire de dire : "C'est assez !" Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le " développement durable " est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'"empreinte écologique" et d'"effet-rebond". L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de "valeur intrinsèque de la nature". L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : "Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie".
Roland Jaccard raffole des cinéphiles, l'étant lui-même jusqu'au bout des ongles. Le problème est qu'il aime encore plus John Wayne, l'homme à abattre, jugé coupable de nombreux crimes par les petits censeurs de la bien-pensance anti-Trump. Réac, raciste, génocidaire... on ne compte plus les coups bas que dirige en permanence la charge de la grosse cavalerie idéologique contre le dernier des géants. Heureusement Roland Jaccard dégaine plus vite qu'eux et ne rate jamais sa cible. Et c'est une belle leçon de western - transposé à notre époque démissionnaire - qu'il va leur donner : celle qui sonne tôt ou tard le cinglant retour à la réalité et au savoir-vivre. On retrouvera ici toute l'insolence et l'acuité inimitables de Roland Jaccard.
Dire qu'elle a traversé tous les régimes politiques de la Ve République et donne une image de la "femme française" serait un cliché journalistique ; certes, nous sommes, elle et moi, des corps français qui donnent de la voix, ou qui donnent voix, elle avec sa voix propre, moi dans le propre de cette voix qu'est l'écriture, mais la France dans laquelle nous vivons est fantômatique. Contrairernen t d Depardieu, Huppert n'a pas de corps"politique" : là encore, elle ne dit rien, ne parle pas, se contente de montrer en quoi un corps, un visage, une voix sont un paysage universel dans sa francité fantasmée ou regrettée." Cette superbe méditation sur Huppert, troublante et intemporelle, dessillera plus d'un regard...