À travers douze contributions portant sur les mondes grecs et romains, cet ouvrage étudie la transgression ultime que représentait pour les Anciens la livraison de la cité à l’ennemi. Dans l'Antiquité, trahir sa patrie pour la remettre à l'ennemi est considéré comme une des transgressions les plus graves que peut commettre un citoyen. Les textes antiques regorgent d'épisodes saisissants, dans lesquels les auteurs dépeignent la douleur collective des citoyens tombés sous le joug de l'ennemi à cause d'une trahison. Les sources décrivent précisément les causes de cette catastrophe civique, manigancée dans l'ombre d'un complot ou résultant de l'action d'un individu isolé. Les hommes politiques, les savants et les historiens antiques critiquent vigoureusement cet acte déloyal qui est redouté par toutes les cités en temps de guerre. Pour insister sur le caractère inadmissible de ces trahisons, les auteurs brossent un portrait négatif des traîtres, en décrivant leurs sombres motivations, leur intelligence avec l'ennemi, leur passage à l'acte et, enfin, le châtiment mérité que leur infligent les hommes ou la fortune. Le renouvellement récent des travaux sur les complots antiques permet d'étudier ces trahisons sous un nouvel angle et d'en analyser les causes, les modes opératoires et les conséquences aussi bien pour les traîtres que pour les cités. L'étude de ces différentes thématiques permet aussi de comprendre comment les communautés antiques se sont prémunies contre ces trahisons, que l'on considérait alors comme faisant partie des désastres civiques les plus traumatisants.
Nombre de pages
344
Date de parution
03/05/2023
Poids
570g
Largeur
159mm
Plus d'informations
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EAN
9791032004555
Titre
Livrer sa patrie à l’ennemi dans l’Antiquité
Auteur
Engerbeaud Mathieu ; Millot Romain
Editeur
PU PROVENCE
Largeur
159
Poids
570
Date de parution
20230503
Nombre de pages
344,00 €
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Les cinq premiers siècles de l'histoire de Rome sont présentés par les auteurs antiques comme un mouvement de conquête inexorable de l'Italie, ponctué de multiples victoires, au point que la suprématie romaine a été conçue a posteriori de façon déterministe. Cette vision traditionnelle de la conquête romaine doit être contestée car ce processus n'a pas été linéaire et il n'a obéi à aucun plan préconçu. En effet, des défaites nombreuses viennent souligner des phases de déclin de la cité, bien éloignées d'un schéma de prépondérance croissante et incontestée. Bien qu'ils privilégient la victoire, les historiens antiques décrivent ces défaites avec précision, détaillant le nombre de citoyens tués ou faits prisonniers, retraçant le deuil public, l'abandon de la cité par les dieux, s'interrogeant enfin sur la responsabilité des dirigeants romains. La documentation antique conservée, littéraire et matérielle, permet d'étudier comment Rome se perçoit lorsqu'elle est vaincue et comment les ennemis des Romains célèbrent leurs victoires contre la cité latine ; autrement dit, le rôle déterminant des échecs militaires dans les transformations institutionnelles, religieuses et civiques de Rome entre le VIIIe et le milieu du IIIe siècle avant notre ère.
Que peut-on savoir des premières guerres de Rome ? Quelle a été la portée des défaites romaines au sein de ces conflits militaires, qui ont tous été réécrits postérieurement comme des victoires indubitables de Rome ? Assurément, l'histoire des plus anciennes guerres romaines n'est connue qu'à travers des récits écrits plusieurs siècles après les faits. Confrontés à d'importantes lacunes documentaires, leurs auteurs n'ont pourtant pas renoncé à reconstruire l'histoire des guerres qui ont permis aux Romains de s'affirmer progressivement comme une puissance hégémonique en Italie. Ces historiens ont même composé des récits très détaillés et souvent cohérents de ces conflits militaires, en s'appuyant sur des archives familiales et publiques, des inscriptions, ainsi que sur des récits oraux. A en croire les Anciens, ces sources divergeaient fréquemment, à tel point que les récits conservés présentent des versions différentes des mêmes événements. De plus, chaque oeuvre reflète les choix de son auteur ainsi que sa réinterprétation singulière du passé romain, qui évolue selon l'orientation de son ouvrage et l'époque à laquelle il écrit (de celle d'Auguste jusqu'aux premiers temps chrétiens). Dans un processus de mise en intrigue de l'histoire archaïque, ces historiens ont parfois exagéré le nombre et la portée des victoires romaines, nié l'existence de défaites que d'autres auteurs admettaient pourtant, réécrit des épisodes entiers en s'inspirant de l'histoire grecque et envisagé, plus largement, les premières guerres de Rome comme l'amorce d'un processus de conquête qui prédestinait la cité à gouverner le monde connu. En s'appuyant sur un catalogue exhaustif des affrontements rapportés par les textes entre 753 et 290 av. J. -C. (747 entrées), cette étude propose d'analyser les logiques de réécriture des premières guerres romaines, et tout particulièrement les enjeux complexes que présentent la mise en récit des défaites et des victoires, leur alternance ainsi que l'intrigue construite autour de ces péripéties.
Cet ouvrage explore comment l'art actuel, plus spécifiquement vidéo, permet d'interroger le rapport entre corps et images. La partie I décline les modalités d'influence de l'image et permet de remarquer que l'humain actuel est peuplé d'images. La partie II met en regard corps sensible et corps représenté à travers les traces fluctuantes du référent dans la représentation vidéo afin d'explorer le corps rêvé. La partie III montre le jeu entre la liaison et la déliaison du corps représenté avec le décor.