Vivantes figures - tel est le titre que nous avons donné à un ensemble d'essais de Carl Einstein inédits en français qui ont en commun de traiter de questions esthétiques, abordées en rapport avec les arts plastiques, les arts vivants (théâtre, danse) ou la littérature. Ainsi réunis pour la première fois, ces textes, pour partie posthumes, dont la rédaction s'étend des années 1940 aux années 1930, renouvellent fortement l'image de Carl Einstein. Il n'est pas seulement l'un des premiers critiques d'art ayant livré dès les années 1910 une analyse percutante des arts sculptés en Afrique et de la peinture cubiste. C'est aussi un théoricien extrêmement inventif qui, dans les essais qu'il avait l'intention de réunir dans une Esthétique expérimentale, a livré les passionnants aperçus d'une pensée de la "vie" des oeuvres et des modalités d'une animation de l'espace artistique. Inlassablement, en dialogue avec des disciplines comme la psychologie, l'anthropologie et la sociologie, Einstein cherche à éclairer les conditions qui, échappant à la répétition du donné, inaugure de nouvelles manières de métamorphoser les représentations et de "briser la standardisation causale du monde".
Nombre de pages
192
Date de parution
20/09/2019
Poids
365g
Largeur
194mm
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EAN
9782728806379
Titre
Vivantes figures. Textes esthétiques
Auteur
Einstein Carl ; Kalinowski Isabelle
Editeur
ULM
Largeur
194
Poids
365
Date de parution
20190920
Nombre de pages
192,00 €
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La sculpture nègre de Carl Einstein, parue en 1915 à Leipzig, compte au nombre des ?uvres maîtresses du XXe siècle. Elaborée en phase avec la naissance du cubisme en France, cette analyse formelle, novatrice et audacieuse, donna à l'art africain ( dit "nègre" à l'époque) son statut définitif d'art à part entière. Pour la première fois un Européen portait sur l'art d'Afrique subsaharienne un regard sans préjugé ni ethnocentrisme.
Carl Einstein (1885-1940) fut un esprit d'avant-garde, engagé dans toutes les luttes de son temps. Découvreur de l'art africain, théoricien du cubisme et de l'art moderne, il sut allier à la rigueur du jugement l'enthousiasme pour la création de ses contemporains. Ecrivain, poète, essayiste, il collabora à de très nombreuses revues (Die Aktion, transition) et co-fonda, à Paris, en 1929, Documents qu'il ouvrit largement à l'ethnologie. Des ?uvres hors du commun balisent son itinéraire original et fécond à travers le XXe siècle, citons: Bébuquin ou les dilettantes du miracle (1912), un antiroman à l'écriture cubiste, La sculpture nègre (1915), première analyse formelle de l'art africain sans préjugé ni ethnocentrisme, L'art du XXe siècle (1926, 1928 et 1931), bilan aussi précoce que définitif sur l'art moderne, Georges Braque (1934).
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.
Si je devais donner le nom de trois ouvrages américains qui promettent d'avoir une longue, même une très longue vie, je dirais sans hésiter La Lettre écarlate, Huckleberry Finn et Le Pays des sapins pointus. " Ce commentaire de Willa Cather dans sa préface de 1925 au livre de Jewett (1er éd. 1896) étonnera sans doute le lecteur français qui n'a pu encore parcourir dans sa langue les sentiers rocailleux du pays de Jewett. Il est temps aujourd'hui d'ajouter à la cartographie littéraire de la Nouvelle-Angleterre - entre le Boston de Henry James, le Walden de Thoreau et le Salem de Hawthorne - un autre coin de terre. Ce " pays " devient le lieu d'exploration d'une esthétique propre, lieu de négociation avec un imaginaire qui, retaillé à l'aune du quotidien, du féminin, donne au lecteur de ces petites pièces cousues à la manière d'un roman l'occasion de découvrir une autre vision de l'Amérique.
Cuore ("C?ur"), que les Italiens appellent couramment Le livre C?ur, a été le texte le plus lu en Italie entre sa publication en 1886 et la fin des années 1960. Reconstituant les multiples événements d'une année scolaire vécue par des enfants de Turin, il a connu une immense fortune littéraire avant de susciter chez certains intellectuels comme Umberto Eco une profonde et spirituelle aversion. Depuis sa traduction incomplète et approximative en 1892, on ne disposait d'aucune édition critique intégrale en français de ce livre, dont la portée pédagogique et politique pour l'Italie de la fin du XIXe siècle est comparable à celle du Tour de la France par deux enfants sous la IIIe République, et qui permet d'appréhender l'alchimie rêvée des vertus individuelles, civiques et patriotiques dans l'Italie libérale et bourgeoise une génération après son unification. Lire Le livre C?ur aujourd'hui, que l'on soit captivé ou irrité par l'abondance des bons sentiments qui s'y expriment, c'est d'abord vouloir retrouver une société où les apprentissages personnels prennent leur sens en incarnant une communauté nationale idéale.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.