Les oeuvres littéraires d'Ahmadou Kourouma ont fait l'objet de beaucoup d'études de la part non seulement des critiques littéraires, mais aussi des linguistes. Pour ce qui est de la langue d'écriture de l'écrivain ivoirien, ses aspects stylistiques, sociolinguistiques, grammaticaux, énonciatifs, etc. ont été abondamment examinés. La plupart desdits travaux ont consisté à montrer qu'Ahmadou Kourouma avait une maîtrise approximative des registres littéraires français. D'où, d'après ces linguistes, les distances parfois maximales que l'écrivain prend souvent vis-à-vis des règles du bon usage dans l'usage littéraire du français. Ce livre s'intéresse à un aspect de la langue d'Ahmadou Kourouma qui n'aura pas fait l'objet de beaucoup d'études majeures, à savoir son usage des temps et verbes. L'étude reste sous-tendue par l'idée que l'appropriation de la langue française est moins le résultat d'une non-maîtrise de la langue française par l'écrivain ivoirien que celui d'une régulation linguistique que défend Zang Zang (2013). L'auteur s'attèle ainsi à décrire l'appropriation des systèmes verbal et temporel à l'oeuvre dans la prose romanesque d'Ahmadou Kourouma.
Tout contact de langues est potentiellement générateur de conflits linguistiques. Le français et l'anglais sont en contact au Cameroun dans le cadre d'un bilinguisme officiel ayant résulté de la double colonisation, française et britannique (1919-1960), après celle de l'Allemagne (1884-1918), dont le pays avait fait l'objet. Depuis l'unification du pays en 1972 et surtout l'accession de M Paul Biya au pouvoir en 1982, le Cameroun connaît de nombreux conflits linguistiques qui ont pour facteur aiguiseur le sentiment d'insécurité linguistique dont souffrent au quotidien les Camerounais dans leurs langues officielles. L'objectif du présent ouvrage est l'examen des conflits linguistiques sous le prisme de la théorie sociolinguistique de l'insécurité linguistique dans un contexte de bilinguisme officiel français/anglais, auprès des communautés linguistiques francophone et anglophone du Cameroun. L'idée qui se dégage des contributions réunies dans le cadre de cet ouvrage est que le bilinguisme officiel camerounais est générateur du sentiment d'insécurité linguistique, lequel entraîne de nombreux conflits linguistiques, latents et ouverts. Une situation d'insécurité linguistique qui fait de ce bilinguisme officiel, bien que mis sur pied pour des besoins d'unité, de cohésion et d'intégration, un facteur de désunion, de division, de désintégration et une source potentielle de conflits entre Camerounais anglophones et Camerounais francophones.
La puissance des nations aujourd'hui se lit à travers leur capacité à mener la grande guerre de l'information, favorisée par le développement tous azimuts des technologies de l'information et de la communication. Les éditeurs scientifiques de cet ouvrage ont pu réunir des contributeurs des universités occidentales et africaines convaincus de la puissance de l'image en mondialisation, et surtout des enjeux de sa gestion, en termes d'affichage politique des Etats. Ils démontrent que l'espace discursif, exploité via les différentes possibilités d'expression médiatique, représente le nouveau terrain où se gagne la guerre pour le vrai pouvoir. Dès lors, la puissance politique et économique se détermine au prorata de la qualité des médias mobilisés, qui tiennent lieu de cadre de légitimation et de validation de la vérité historique imposée par l'Occident. Pour le démontrer, les auteurs s'appuient sur la gestion médiatique des questions à dominante politique ayant secoué le monde ces derniers temps, notamment la crise ivoirienne, la crise syrienne, le terrorisme international, avec Boko Haram, le mariage pour tous, etc.
Echu George ; Ebongue Augustin Emmanuel ; Kiwoh Ns
Cinquante ans de bilinguisme officiel au Cameroun (1961-2011) : état des lieux, jeux et perspectives est un ouvrage collectif regroupant seize articles scientifiques qui s'articulent autour de la problématique du bilinguisme officiel au Cameroun. Après adoption de la politique du bilinguisme français-anglais au Cameroun en 1961, la préoccupation majeure des pouvoirs publics pendant les 50 dernières années dans ce domaine a été de promouvoir les deux langues officielles à tous les niveaux, afin de faciliter l'unité et l'intégration nationales. Les auteurs des articles scrutent les différents aspects de l'application de la politique du bilinguisme officiel, dans un pays où près de 300 langues identitaires locales cohabitent avec les autres langues en présence. Le présent ouvrage est, sans doute, une contribution importante qui évalue, de manière scientifique, le chemin parcouru par le bilinguisme officiel camerounais aux niveaux de l'enseignement, de l'administration, de la politique, de la traduction ou de sa pratique, tout simplement. Tout en mettant en relief les atouts de la pratique du bilinguisme officiel, les contributeurs attirent également l'attention sur les enjeux et les perspectives de cette politique ambitieuse en contexte camerounais.
En quelques années seulement, TikTok s'est emparée de la jeunesse. Bloquée en Italie, interdite en Inde, au Pakistan et menacée sur le sol américain, cette application mobile de lipsync utilisée par les adolescents est aujourd'hui valorisée à 75 milliards de dollars, devenant la start-up ayant la valeur marchande la plus importante de notre temps, devant Uber. De Charlie d'Amélio, danseuse la plus suivie sur le réseau social à Emmanuel Macron en passant la Levi's ou McDonald's ; tous ne jurent que par l'application chinoise pour s'adresser à leur communauté. Des challenges historiques comme le #DontRushChallenge ou le #ToosieSlideChallenge ont fait valser la toile durant le confinement connu par près d'un quart de la planète en mars 2020. Durant cette même période, l'application chinoise franchit la barre des 2 milliards de téléchargements devenant ainsi l'application mobile la plus téléchargée sur l'AppStore. Qu'est-ce qui fait le succès de cette application dont tout le monde parle ? Quels sont ses codes ? Comment l'utiliser dans son plan de com' ? Amélie Ebongué, experte social média, vous donne les clés.