Lorsqu'il avait besoin d'expliquer pourquoi le livre était à peu près immuable, en tant que codex, cette forme qui a remplacé le rouleau par un appareillage subtil et efficace de pages protégées par une couverture, Umberto Eco expliquait que le livre était tout comme la fourchette : indépassable. Irremplaçable. Pérenne. Notre vieux livre empégué, surligné, corné, refuse décidément de céder le pas devant les injonctions du temps ou des techno-devins obnubilés par l'emprise de l'informatique. Et, de fait, le livre est lui-même le fruit d'un assemblage hautement précis d'une grande variété de technologies extrêmement précises : encres nées de mélanges de plusieurs métaux lourds, fabrication des papiers évolutive dans le temps, règles de mise en page centenaires, méthodes d'imposition variées, comme les presses dont se servent les imprimeurs, etc. L'opuscule que nous vous proposons aujourd'hui, petit dernier de l'innombrable troupe des ouvrages qui se publient depuis la fin du premier millénaire, n'est ni un dictionnaire, ni une encyclopédie, pas plus qu'un lexique, non plus qu'un compendium, un guide, un traité ou un manuel ; il a été pensé comme une joyeuse collection de mots, de figures et de notions qui se lisent dans le désordre pour découvrir ou se souvenir de ce qui fait de la civilisation humaine une exception dans toute la galaxie".
Nombre de pages
288
Date de parution
28/02/2019
Poids
340g
Largeur
126mm
Plus d'informations
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EAN
9782710383710
Titre
Du corps à l'ouvrage. Les mots du livre
Auteur
Dussert Eric ; Laucou Christian
Editeur
TABLE RONDE
Largeur
126
Poids
340
Date de parution
20190228
Nombre de pages
288,00 €
Disponibilité
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Présentation de l'éditeur Les livres peuplent nos bibliothèques pourtant nous savons bien peu de choses sur eux, sur leurs vies, leurs excès, leurs appas, leur génie, leur mort...Depuis les scandales qui ont émaillé la vie littéraire jusqu'à la gloire éternelle des écrivains maudits, sans oublier les autodafés et autres tentatives de censure, il faut explorer Les 1001 vies des livres pour comprendre leur pouvoir de fascination.Éric Dussert et Éric Walbecq partagent ici leur amour des livres, qu'ils soient brochure, opuscule, somme ou recueil, en relatant les moments les plus réjouissants de leur riche histoire.Des récits saugrenus, édifiants, des anecdotes curieuses ou bien tragiques et parfois mortelles, de celles qui ne peuvent survenir que dans la vie d'un bibliomane.
«Qui sont ces "personnages cardinaux", absents des manuels et des dictionnaires ? Qui sont ces humbles, injustement négligés, vaincus par une postérité désastreuse ? Des romanciers non réédités, certes, mais aussi des directeurs de revue et de collection, des traducteurs, des originaux un peu fous, des fantaisistes, des rentiers, des pauvres, des suicidés, des ronds-de-cuir, des savants et des incultes, des hommes et des femmes, des vieux et des jeunes... tout un monde de mendiants et d'orgueilleux, aux biographies hautes en couleur. Et chacun d'entre eux mérite de figurer dans le paysage littéraire que redessine avec empathie Éric Dussert, un paysage démocratique et sans hiérarchie, dont il repousse l'horizon.» Claire Paulhan.
Dès que les presses entamèrent l'impression d'Une forêt cachée, il m'apparut que sur ses 156 portraits seuls 17 étaient consacrés à des femmes de lettres... Aurais-je été misogyne sans le savoir ? Avec ce nouveau recueil, j'ai souhaité montrer comment de très nombreuses créatrices ont été "cachées par la forêt" de la littérature, comment elles ont oeuvré avec beaucoup d'imagination, de sensibilité, d'érudition, d'astuce et d'humour durant plus d'un millénaire. De quoi se convaincre que le seul XXe siècle a vu d'autres grandes romancières que Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Colette et Annie Ernaux. Il suffit de lire les livres délectables de Myriam Harry, de Fanny Clar, de Rose Celli, de Marie-Louise Haumont, et de beaucoup d'autres, pour se convaincre de leur talent inestimable. Cachées par la forêt,138 femmes de lettres nous contemplent... " Eric Dussert
Embarqué à bord de La Glavane depuis Le Havre, un jeune homme dénommé Gravier Bleu fait naufrage sur une île inconnue, non loin des Galapagos. Perdu dans cette nature luxuriante, le nouveau Robinson se heurte à de curieux mirages. Les inquiétantes manigances de Jack le Hibou le poursuivent comme une ombre, tandis que de poétiques missives de son amie d'enfance Doride lui parviennent, inexplicablement. Et si du Havre aux Galapagos, il n'y avait qu'un rêve ? Malicieux jeu de piste, ce roman aux accents surréalistes revisite le genre du récit de voyage dans une langue envoûtante.
La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément, elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble, et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Eglise ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul ? [... ] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'Eglise. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, donc véritable subversion", Jacques Ellul.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Lorsque le jeune Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre une épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. Dans ce roman, Thackeray ridiculise de sa plume incisive les faiblesses et les travers des grands de ce monde, dont l'affaire Madoff de 2009 est l'un des plus récents avatars. La satire morale de Thackeray semble plus que jamais pertinente.
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.