Le témoin oculaire. Les conditions sociales de l'attestation personnelle
Dulong Renaud
EHESS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782713212468
Qu'est-ce qu'un témoin oculaire ? Selon le sens commun, c'est quelqu'un qui a vu un événement important et l'a enregistré en sorte de pouvoir le décrire exactement. Mais la psychologie judiciaire démontre que la perception et la mémoire humaines ne sont pas à la mesure de cette prétention. Cette faillibilité contredit la définition du témoignage et pourrait rendre suspecte une modalité pourtant très courante de garantie d'un récit. Il importe d'élargir le cadre anthropologique de la description du témoignage oculaire. Le présent ouvrage propose de redéfinir celui-ci à partir de l'expérience de ses auditeurs. Sous cet angle un témoin est quelqu'un qui relate un événement en certifiant sa description sur la foi d'une expérience personnelle : c'est quelqu'un qui affirme avoir perçu un événement important. Cette rectification invite à inventorier le témoignage comme acte de parole, à considérer les conditions dans lesquelles est reçue une certification de cette sorte, et d'abord l'engagement de son auteur à raconter une histoire vraisemblable, à répondre de façon cohérente aux questions et à conserver une version stable des faits. Surtout, le témoin est tenu de répondre moralement de sa réaction à l'événement, de ses sentiments et de son jugement. Cette exigence éthique, peu pertinente dans un contexte judiciaire, devient essentielle lorsqu'il s'agit de témoigner de ces catastrophes historiques que furent le front de la Grande Guerre ou les camps nazis. Figures nouvelles du témoignage historique, l'ancien combattant ou le rescapé des camps imposent, face aux tentatives négationnistes, la fonction " politique " du témoin comme dispositif de préservation de la vérité factuelle dans l'espace public.
Nombre de pages
234
Date de parution
01/01/1998
Poids
385g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782713212468
Titre
Le témoin oculaire. Les conditions sociales de l'attestation personnelle
Auteur
Dulong Renaud
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
385
Date de parution
19980101
Nombre de pages
234,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : Note notion de l'aveu recouvre trois significations, usuellement referrées à des contextes typiques. Dans le cadre judiciaire, avouer consiste pour le délinquant à reconnaître sa participation à un délit, et ses aveux ont pour horizon une éventuelle sanction. Dans le rituel pénitentiel catholique, la confession des péchés est au contraire orientée vers le pardon, la conversion, l'engagement à rectifier l'attitude fautive. L'aveu peut enfin signifier la capitulation d'un accusé face à l'autorité au terme d'une interaction agonistique ; ce dernier sens, moins saillant parce que plus archaïque, est encore perceptible actuellement, notamment lorsque l'aveu conclut un interrogatoire policier. Si l'histoire permet de reconstituer les glissements successifs de sens, la sociologie observe que, dans les contextes actuels de l'aveu, ces significations sont souvent enchevêtrées. Par exemple dans une situation pénale, un coupable peut avouer ce dont on l'accuse, soit parce que c'est la vérité, soit en espérant la clémence de ses juges, soit par épuisement de ses arguments de défense. Cette polysémie fait de l'aveu un phénomène complexe, susceptible d'intéresser à la fois les chercheurs en sciences humaines et les praticiens affrontés à ses ambiguïtés ; de plus la richesse de sa dimension éthique en a fait un enjeu pour les moralistes depuis Jean-Jacques Rousseau jusqu'à la philosophie analytique. Le présent ouvrage, en proposant un échantillon de ces diverses approches, pose les bases d'une élucidation des dilemmes posés par l'aveu.
Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national. Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre. Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.
Au Ve siècle av. J.-C., les Athéniens pouvaient exiler pour dix ans un citoyen soupçonné d'aspirer à la tyrannie, sans autre forme de procès. Le nom de la victime était inscrit sur des tessons d'argile : les ostraka. Conservés par milliers, ces fragments de poterie livrent aujourd'hui une parole populaire d'une rare intensité : aux noms s'ajoutent parfois des dessins moqueurs et des injures cinglantes adressées aux figures honnies de la cité. Souvent conçue comme un instrument d'oppression populaire, la procédure d'ostracisme était en réalité fort régulée : arbitraire dans son principe, elle était encadrée dans son déroulement et limitée dans ses effets. C'est ce qui explique qu'elle fut globalement acceptée, y compris par ceux qui en furent la cible. Elle permit de domestiquer les citoyens les plus puissants sans provoquer leur défection ni leur révolte. S'appuyant sur une documentation iconographique exceptionnelle, Vincent Azoulay enquête sur l'une des institutions les plus déroutantes de la démocratie athénienne. Il en met au jour le moteur caché - l'honneur et l'infamie - et en explore les résurgences de la Florence de la Renaissance à la Révolution française, jusqu'aux usages contemporains du "dégagisme".
Molho Tony ; Fleming Katherine E. ; Ginzburg Carlo
Sans m'attribuer le mérite de ma survie, le fait est que j'ai miraculeusement survécu. C'est à l'altruisme et à la bonté de certaines personnes, ainsi qu'à la chance que je le dois". Tony Molho retrace, dans un récit à la fois sensible et historique, son enfance en Grèce durant les années 1940, alors que la menace de la déportation par les nazis pèse sur sa famille. Caché chez un couple sans enfant, dans un train, au coeur d'un couvent, il échappe à la mort grâce à la détermination de ses parents et à la gentillesse des autres, des gens ordinaires - voisins, amis, inconnus - souvent modestes qui lui portent secours. Des années plus tard, Tony Molho, passé d'un pays à un autre, d'une langue à une autre, revient sur cette période fondatrice. Il y déploie une réflexion sur l'histoire, la mémoire, l'effacement de la communauté juive de Salonique et interroge la manière dont la conscience du traumatisme de la Shoah l'a aidé à comprendre le cours de sa propre vie.