C'était un bel été. Il changea d'un seul coup. Le 2 août 1914. Soudain, tous les clochers de France se mirent à sonner le tocsin. Sans répit. C'était un déchirement musical. Une note, sonore, distincte, très proche, obsédante. C'était déjà un rythme militaire et l'affolement, à la fin du jour, avait fait place à la tentation de l'héroïsme. On voyait s'agiter tout le monde, à la manière des abeilles filant vers les fleurs du bois, en groupes serrés, parfois disjonctés par une rumeur d'inquiétude. La véhémente rumeur de la gloire et des canons. Nous repliâmes nos cerfs-volants et nous quittâmes la plage. " Dans Le Bois des abeilles, Hortense Dufour, avec le talent qu'on lui connaît, raconte la Grande Guerre, à travers le destin déchirant d'une famille passée maîtresse dans l'art des cerfs-volants. A la fois du côté des Poilus, à qui on a fait croire que mourir pour la Patrie était le plus beau des sorts, et du côté des femmes qui découvrent le poids de la liberté tout en tremblant pour l'homme en danger et l'enfant né d'une folle étreinte, ce roman historique, sentimental et bouleversant, conjugue l'amour avec la guerre.
Nombre de pages
408
Date de parution
12/12/2005
Poids
500g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782080685346
Titre
Le Bois des abeilles
Auteur
Dufour Hortense
Editeur
FLAMMARION
Largeur
153
Poids
500
Date de parution
20051212
Nombre de pages
408,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Si les cendres de l'incendie de Rome ont noirci ma toge, si mes orgies ont marqué les foules, personne ne me connait réellement. Personne ne sait vraiment ce que moi, Néron, empereur de Rome, j'ai pensé, fait et dit. Personne n'a compris que je ne suis pas et que je n'ai jamais été le fanfaron fantoche que l'on présente, l'histrion fou que les délateurs et comploteurs ont poussé aux pires extrémités. Fasciné par les arts, obsédé par les femmes, moi, le petit-fils de Marc-Antoine, j'ai osé les actes les plus excessifs par goût de la provocation. Car surprendre, choquer, brusquer, étonner relève de l'art. Celui des souverains qui impriment leur marque à leur époque. Qui a révolutionné les m'urs de l'austère Rome, émancipé les matrones soumises, vanté les vertus des délices cachés, sinon moi ? Qui a subi la tyrannie de sa mère, Agrippine, celle qui empoisonna ses maris et ennemis à l'aide de potions concoctées par la terrible Locuste pour lui offrir le trône, sinon moi ? Qui est parvenu à s'émanciper de cette reine incestueuse lors d'un ultime crime libérateur, sinon moi, empereur matricide torturé par la peur ? Qui, jouisseur invétéré, osant braver les dieux, a préféré les charmes d'une ancienne esclave chrétienne, prénommée Actée, à la fadeur au teint de complot de son épouse Octavie, sinon moi ? Qui aurait voulu être acteur ou cocher et joua jusqu'à la démesure son rôle de souverain voué à Apollon, Dionysos et Mithra, sinon moi, Néron ... Poussé jusqu'aux portes de la mort - à trente ans - par des traîtres que j'avais aidé tout au long de mon règne d'or et de sang, de luxe et de plaisir, par des nobles qui ne supportaient pas que je préfère la plèbe, je n'ai eu qu'un mot pour saluer mon dernier voyage : "Quel artiste le monde va perdre ! ". Un artiste dont ce roman-mémoire passionné livre un visage nouveau. Au-delà des larmes et du temps, un visage qui mérite d'être regardé autrement. Illustration Axel Buret, studio de création Flammarion.
Charivari: mot du XIVe siècle. " Bruit discordant, accompagne de cris, de huées. " Hortense Dufour nous fait plonger dans le Paris du moyen-âge, avec ses bruits, ses odeurs, son agitation... Maître Coquaigne, le marchand de dentelles, vient de perdre son épouse, Dame Maroie. Les funérailles passées, c'est à qui mettra la main sur ce bel homme aux yeux de loup. Mais lui n'a d'yeux que pour Barbette, la Tant Belle, le trésor de la confrérie des lavandières, menée, battoir à la main, par la terrible Matrone Matrou... Un texte dense, rythmé, empreint de violence, d'humour et de poésie, servi par les illustrations de Blutch, qui a su restituer avec talent un univers fascinant.
Mademoiselle Noémie, une vie simple et passionnée, l'histoire d'une femme courageuse et indépendante. Mademoiselle Noémie est née d'un amour furtif pendant la fête de la Saint-Jean. Sa mère, Catherine, meurt en couches, et Noémie est élevée par ses grands-parents. Grand-mère Bully et grand-père ne survivent pas à la guerre. À la Libération, Noémie devient institutrice au « Phare », village de son île natale, où une nouvelle famille l'attend: le facteur Thibaut, monsieur Morgan le charbonnier, son fils Tigrou, et tous les élèves de sa classe. Un récit tendre et émouvant à la première personne, l'élégance des roses trémières, une photo jaunie du XXe siècle.
Trois femmes: Laura Pondia, sculpteur; Josépha Lacolère, écrivain; Orlanda Ravel, pianiste. Trois artistes engluées dans la toile de leur passion, de leur impuissance et de leur folie, et que seul l'amour de l'art, l'amour des êtres, pourrait délivrer des obsessions qui les harcèlent. Toutes trois vivent au bord de la Marne, dans des maisons humides envahies par les araignées et que les crues, régulièrement inondent. Maisons-pièges, aimées et exécrées, car elles sont le symbole de la décrépitude et de l'enlisement qui menacent celles qui les habitent. Mais que ce soit grâce à leur art ou grâce à leur amour, ces femmes poursuivent avec rage, au cour même de la décomposition, une quête désespérée du bonheur. Autour d'elles, évolue une population grotesque de personnages vils et décadents. le mime Korfou, homosexuel dont le show consiste à mimer chaque soir, dans une cage de verre, l'araignée tissant sa toile et dévorant sa proie; les coiffeurs, amis du mime, grandes folles dont le plus vif désir et de tondre les femmes qu'ils haïssent. Il y a encore Tosca, femme de ménage des trois artistes, créature dépravée et scatologique qui, pour quelques sous, se livre aux plus répugnantes pratiques avec une vieillard richissime. Puis enfin, Mounty, éditrice géniale et monstrueuse, vivant dans l'abomination de tout ce qui a trait au bonheur. Tous ces êtres s'entremêlent, se poursuivent, se fuient dans une sorte de danse de mort où la vie et les désirs de chacun surgissent peu à peu des miasmes pour révéler le but fondamentale par eux tous poursuivi: la conservation, la "garde du cocon". Par une écriture brute et d'une grande violence, Hortense Dufour parvient à faire surgir de cet univers ténébreux, où chacun s'entre-dévore, les lueurs d'un avenir plus limpide où espérance et amour conservent, en dépit de tout, leur chance de triompher.