Les journaux de la vie littéraire participent de la grande entreprise biographique du XIX° siècle qui a voulu faire vivre la littérature au quotidien en l'incarnant dans des auteurs de chair, personnages de plus en plus médiatisés à un moment où le champ littéraire gagnait en autonomie. Les Goncourt créent une forme nouvelle, héritière des mémoires, en écrivant leur fameux journal qui allait susciter tant de vocations de diaristes chez les hôtes du Grenier. Désormais la vie littéraire se reflète dans le kaléidoscope des journaux qui évoquent cénacles et réseaux avec leurs rites et leurs conversations, et qui croquent les portraits des grands et petits artistes contemporains. Les journaux d'une époque tissent entre eux de constantes, subtiles et passionnantes correspondances. Ce volume les fait se répondre, nous faisant entendre les voix alternées des Goncourt, de Rosny, Descaves, Primoli, Régnier, Matthieu Galey et Brenner. Les journaux prennent des formes plus ou moins abouties : cahiers, simples carnets de notes, journaux qui cultivent le style naturel ou l'écriture artiste. A côté des journaux devenus des classiques, nombre de témoignages essentiels restent encore à l'état de manuscrits. Cet ouvrage a voulu présenter plusieurs de ces grands textes non publiés et en donner des extraits significatifs : journaux de Descaves, de Rosny, de Maury, de Primoli, de Romain Rolland. L'étude de ces vastes corpus permet de dégager une poétique du journal de la vie littéraire. Ces ?uvres ont manifestement un intérêt esthétique qui ne doit pas faire oublier leur valeur documentaire pour des historiens de la littérature ou des représentations. Témoignage sur la vie littéraire, le journal est aussi une fantasmagorie, où réapparaissent les acteurs d'un monde disparu refaçonné par un diariste démiurge au gré de ses fantasmes.
Nombre de pages
443
Date de parution
29/10/2009
Poids
595g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753509801
Titre
Les journaux de la vie littéraire
Auteur
Dufief Pierre-Jean
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
595
Date de parution
20091029
Nombre de pages
443,00 €
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Une analyse avec des repères pour connaître les différents styles des écrits intimes, des définitions et d'autres informations pour comprendre et des exercices sous forme de textes à commenter, d'exposés et de dissertations.
Se repérer : le contexte idéologique, le contexte historique, vogue et critique du biographique. Comprendre : le roman personnel, l'autobiographie, le journal intime, unité des écritures de l'intime. S'entraîner : des textes commentés, des exposés et des dissertations pour s'entraîner et vérifier ses connaissances.
La lettre est naturellement vouée au voyage. Elle doit parcourir l'espace pour atteindre son destinataire avec tous les aléas du transport. Le voyage stimule l'activité épistolaire, donnant à la lettre une forme et des contenus bien spécifiques qui permettent de considérer la lettre de voyage comme un sous-genre particulièrement important de l'écriture épistolaire. Ce colloque entend revenir sur les conventions spécifiques de la lettre de voyage qui obéit à des codes implicites liés aux attentes du lecteur mais les transgresse aussi. La lettre de voyage satisfait à la fois des appétits de romanesque, d'aventure, d'exotisme. La description, morceau de bravoure ou brèves notations, semble un élément incontournable ; si elle s'épanouit dans les correspondances romantiques, elle est ensuite remise en question par les épistoliers fin de siècle qui ne veulent plus pratiquer que le voyage intérieur. Les impressions de voyage, euphorie de la découverte ou mal du pays, ramènent la lettre de voyage à sa dimension d'écriture de l'intime, de miroir de l'âme. La lettre est un creuset souple qui favorise la diversité des approches ; elle n'est pas seulement regard mais aussi réflexion sur le monde et elle est alors dotée d'une importante dimension idéologique. La lettre voyage par le monde mais elle circule aussi à travers les textes, à travers les oeuvres. La lettre de voyage nourrit les articles d'écrivains journalistes ; elle est matériau des oeuvres littéraires ; elle accède parfois, elle-même, au statut de véritable oeuvre d'art.Pierre-Jean Dufief est professeur de littérature française à l'université de Bretagne occidentale à Brest.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.