Hélène Duccini propose une histoire inédite du règne de Louis XIII : un parcours à partir du " quatrième pouvoir " que constitue l'arme de la propagande et de la communication. Informer et convaincre, informer pour convaincre : l'époque de Louis Le juste et de Richelieu, âge de la raison d'Etat, est marquée, en effet, par un développement méconnu de l'information politique, de la publicité royale et de la contestation qui envahissent la rue et la place publique. Ses supports en sont les pamphlets, petits opuscules de quelques pages, concurrencés, à partir de 1631, par La Gazette, l'hebdomadaire de Théophraste Renaudot, mais aussi par les images volantes, des gravures souvent dotées d'une forte charge émotionnelle, commandées aux meilleurs artistes du temps (Jacques Callot, Abraham Bosse) : affiches de plein vent, placardées sous les yeux de tous, elles assurent une grande publicité aux événements qu'elles interprètent et mettent en scène. Précédant l'explosion des Mazarinades au temps de la Fronde, les pamphlets de la régence de Marie de Médicis, mais aussi des années de combat qui opposent la France aux Habsbourg dans les années 1630, permettent une plongée dans les débats idéologiques et politiques qui traversent ce règne de révoltes armées et de guerres extérieures. La violence des polémiques atteste la vivacité d'une opinion publique qu'il s'agit à la fois de construire et de convaincre. Richelieu l'avait bien compris : le pouvoir doit capturer à son profit cette " voix publique ", qui fait écho à ses pratiques, pour mieux la contrôler, pour mieux la canaliser. Plus de cent cinquante illustrations commentées permettent de prendre la mesure de l'ampleur de cette pédagogie à l'?uvre dans la France de la première moitié du XVIIe siècle. En prenant le lecteur par la main, Hélène Duccini le guide dans la lecture et l'interprétation des scènes historiques ou allégoriques qui servent la propagande royale, sans oublier les caricatures. Cette reconstitution de la préhistoire de la vie politique à partir des textes et des images qui ont contribué à forger l'opinion publique permet de saisir sur le vif les conflits et les violences qui ont accompagné la " fabrication " de l'Etat absolu.
Date de parution
16/10/2003
Poids
848g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782876733725
Titre
FAIRE VOIR FAIRE CROIRE
Auteur
DUCCINI HELENE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
848
Date de parution
20031016
Disponibilité
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100 notions pour faire le tour de l'histoire moderne"Les temps modernes sont étudiés ici à travers 100 notions, qui couvrent les domaines de la politique intérieure, de la vie internationale, des institutions, de l économie, du social, du religieux et du culturel. Chacune de ces notions est appréhendée dans sa définition première et son évolution, éclairée le plus souvent par des documents de l époque, des illustrations et des cartes. À chaque notion est jointe une bibliographie pour aller plus loin.Dans le champ de ces 100 notions, on trouvera des concepts (Église catholique, humanisme...), des événements (paix de Westphalie, guerre de Trente Ans...), des actes officiels (congrès, traités...), et des termes pour mieux saisir le vécu des individus (famille, carnaval, habitations...).Destiné aux étudiants de tous niveaux, ce livre sera pour eux à la fois un outil de base pour comprendre l époque moderne qui s ouvre avec la chute de Constantinople et se clôt avec la Révolution française, et un instrument à usage ponctuel pour accompagner lectures et recherches.
Né au temps des guerres de Religion, mort à la veille de "la prise du pouvoir" par Louis XIV, Abel Servien (1593-1659) n'est guère présent dans la galerie des serviteurs de l'Etat royal, face à Richelieu et à Mazarin. Mais c'est précisément parce qu'il est un homme de second rang qu'il nous offre un observatoire privilégié pour étudier et comprendre la monarchie d'Ancien Régime. Tout au long de sa carrière politique, ce magistrat dévoué à la cause royale a en effet exercé les plus hautes responsabilités: représentant la France au Congrès de Westphalie destiné à mettre fin à la guerre de Trente Ans, c'est lui qui négocie sous la conduite de Mazarin et appose sa signature au bas des traités en 1648. Pendant la Fronde (1648-1653), il est l'un des trois ministres qui gouvernent avec la régente Anne d'Autriche en l'absence du cardinal. Enfin, en récompense d'une fidélité à toute épreuve, il termine sa carrière au poste stratégique de surintendant des finances, aux côtés de Nicolas Fouquet. Remarquable parcours pour un provincial issu d'un lignage d'officiers dauphinois! Est-ce parce qu'il est mort trop tôt pour avoir été l'objet des poursuites menées par Colbert contre Fouquet qu'il est aujourd'hui tombé dans l'oubli? Seules les immenses terrasse et orangerie de son château de Meudon, racheté aux Guise et transformé, rappellent le faste des fêtes données par le surintendant et témoignent encore d'une magnificence disparue.
L’étranger ? L’international ? Peu à peu, pour qualifier les nouvelles concernant « l’en-dehors »… de la France, les rubriques des journaux, du XVIIe au XXIe siècles, modifient le regard sur le monde. Longtemps, ce qui survenait au loin – ou « le bruit qui en court » (Renaudot) – inquiétait. Aujourd’hui, par leurs techniques de présentation, hommes et femmes-tronc du journal télévisé, en France et ailleurs, banalisent presque les horreurs propos et événements produits au loin… Les sites d’information sur Internet renforcent ce sentiment. Les réseaux sociaux et leurs avatars ne tendent-ils pas, parfois, à surenchérir dans le trivial ? Lors de l’inauguration de la deuxième présidence de Barack Obama, un buzz se produit le jour même à propos de la chanteuse Beyoncé qui aurait mimé l’hymne national en play-back. Le dossier de ce nouveau numéro du Temps des médias s’attache à montrer comment la maîtrise du temps et de l’espace a modifié la connaissance du monde. De l’euro-centrisme de l’époque moderne à la mondialisation contemporaine, les auteurs cherchent à montrer les mutations des modes de médiatisation de ces regards sur l’étranger. Alors que certains articles font le bilan du traitement d’un événement de portée internationale, d’autres font la synthèse de l’évolution des réseaux d’information et de leur mise en images par les médias.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...