La marquise du Deffand tient salon rue Saint-Dominique, où se pressent écrivains, mondains, aristocrates et philosophes. Tous partagent la drogue de la sociabilité et le goût idolâtre de la langue, passions si prenantes que, lorsque Mme du Deffand devient aveugle, à l'âge de cinquante-six ans, elle ne se sent pas détruite. Son grand ouvre, ce sont ses lettres, qu'elle dicte désormais, véritables chefs-d'oeuvre aux amis. Quand l'aristocrate anglais Horace Walpole passe par Paris en 1765 et croise Mme du Deffand à la fin de l'été, il est lui aussi célèbre - écrivain dilettante, voyageur, excentrique, élégant. L'audace de la marquise étonne et séduit bientôt Walpole. Elle est plus vivante que jamais. Cette singularité le conduit à entamer une correspondance, en avril 1766, qui ne cessera qu'avec la mort de Marie du Deffand, en 1780. Plus que tout, la salonnière redoute l'ennui. Elle est toujours en quête de nouveau et, plus profondément, d'étrangeté. Chez Walpole, l'auteur du Château d'Otrante, prototype du roman noir anglais, elle est séduite par l'imagination. Il y a entre eux un accord de fantaisies et de troubles, entre divertissement et mélodrame. Les lettres de Mme du Deffand présentées ici plongent au plus profond de zones aventureuses et obscures, celles de la passion amoureuse que l'on n'ose pas avouer mais que l'on dit trop bien ; une part d'enfance qui, soudain, s'enfuit vers la nuit de la vieillesse et de la mort. Mais il y a là, également, sous la plume sarcastique et terriblement drôle de l'une des plus grandes épistolières françaises, une chronique mordante de l'air du temps, cette douceur de vivre des salons, de la cour et de la ville.
Nombre de pages
384
Date de parution
19/02/2015
Poids
370g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782715237827
Titre
Lettres à Horace Walpole. 1766-1780
Auteur
DU DEFFAND MADAME
Editeur
MERCURE DE FRAN
Largeur
140
Poids
370
Date de parution
20150219
Nombre de pages
384,00 €
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En 1765, Walpole a quarante-huit ans, Mme du Deffand, aveugle, en a soixante-huit. Son esprit, si brillant, attire le voyageur, tandis qu'elle aime à la folie l'étrange auteur du Château d'Otrante. Ironique, dominatrice, la marquise est également capable d'une écoute émerveillée, d'un oubli de la raison ; Walpole l'entraîne vers le fantastique, vers la nuit, où physiquement elle résidait déjà, mais sans en connaître les démons.
Pierre E. Richard a réuni ici 302 lettres inédites que Madame du Deffand adressa entre 1724 et 1780 à ses proches : sa s?ur (à laquelle elle était très liée), son beau-frère, son neveu, sa nièce, ses amis... Un fonds unique de lettres authentiquement autographes que l'éditeur s'attache à resituer chaque fois dans leur contexte familial ou sociétal. Ainsi découvre-t-on une Madame du Deffand " au naturel " et la suit-on - chose étonnante - durant 54 ans, à travers les mille et un petits bonheurs, incidents ou rencontres qui forment la trame d'une vie. Les lettres publiées ici complètent donc avec bonheur celles précédemment éditées.
Née en 1697 sous Louis XIV, Mme du Deffand fait son entrée dans le monde à la faveur des fastes et du libertinage de la Régence. Nature rapide et déliée, douée pour la conversation brillante et l'art de la répartie ciselée, elle fait de son salon du couvent Saint-Joseph l'un des plus prestigieux de l'époque. Elle traverse le long règne de Louis XV et meurt en 1780, au moment où les premiers désordres populaires ébranlent un système que la Révolution ne tardera plus à balayer. Sa correspondance est une vivante mémoire historique. Inlassablement, elle s'entretient avec les grands esprits de son temps : Voltaire, Montesquieu, le président Hénault, d'Alembert et, surtout, Horace Walpole. Ses lettres regorgent de noms propres, d'anecdotes, de relations d'événements, de portraits vibrants de méchanceté et de drôlerie. Mais elles témoignent aussi, comme déjà sa vie mondaine, d'un besoin vital de compagnie : pour éviter le tête-à-tête avec elle-même, fuir le sentiment lancinant de la proximité du néant et une disposition maladive à l'ennui. Besoin qui s'exacerbe encore quand elle devient aveugle, en 1752. Mme du Deffand observe le monde et elle-même avec lucidité. Consciente de son talent, elle ne prétend pourtant pas construire une oeuvre : elle n'écrit que pour son plaisir et pour réaffirmer sans cesse sa liberté.
La nuit de Noël, dans un chalet isolé, deux femmes se disputent violemment. Quelques heures après, Alice est retrouvée morte au fond d'un ravin. Deux ans plus tard s'ouvre le procès du féminicide : sur le banc des accusés, Sarah, sa compagne, et Serge, un guide de haute montagne. Sarah raconte leur histoire - les ruptures, l'emprise, les coups. Elle décrit la dynamique des violences conjugales, mais n'avoue jamais le crime. Une écrivaine assiste aux débats. Elle observe les voix qui se succèdent et se contredisent. Victimes, accusés : chacun parle depuis sa place, avec ses mots, et sa part brute. Au fil du procès, entre silences et angles morts, les certitudes vacillent : tout devient suspect. Jusqu'au verdict. Avec son neuvième livre, Agnès Vannouvong propose un roman sombre et envoûtant.
Tourgueniev Ivan ; Mongault Henri ; Lartigue Pierr
Sourd-muet de naissance, le serf Gérasime est une force de la nature. Il rêvait d'épouser Tatiana, mais celle-ci est promise à un autre. Il se console en recueillant Moumou. La société russe du XIXe siècle est ainsi faite que Gérasime n'a le droit d'aimer qu'une chienne. Encore que... Ecrite pendant la détention de Tourguéniev à ta maison d'arrêt de Saint-Pétersbourg en mai 1852, cette nouvelle interdite par ta censure fut finalement publiée en mars 1854 dans ta revue Contemporain. Texte choisi et présenté par Pierre Lartigue.
Résumé : Félix Fénéon, critique d'art, inaugura un genre exceptionnel : les nouvelles en trois lignes. Il tint, pendant des années, avec un humour noir et une cruauté infinie, une rubrique de trois lignes dans un grand journal parisien. Les faits divers se succèdent à un rythme infernal. Comme si l'ironie du sort était une figure de style... Comme si les malheurs des uns allaient offrir aux autres des bonheurs d'écriture, et de lecture.