Compagne de Voltaire depuis près de quinze ans, "la sublime Emilie" s'éprend au printemps de 1748 du marquis de Saint-Lambert, jeune officier "aux yeux charmants", poète badin de la cour de Lunéville et amoureux inconséquent. De cette passion extrême, il subsiste une centaine de lettres d'Emilie au marquis de Saint-Lambert : billets du matin ou du soir, lignes tracées dans la hâte, mais aussi longues lettres qui résonnent de la passion démesurée de Mme du Châtelet pour un homme qui ne la mérite pas. A travers ces lettres se lit encore l'incapacité de rompre qu'éprouvent Voltaire et Mme du Châtelet, qui ont donné à leur société le spectacle d'un couple mythique et communié dans l'admiration narcissique de leurs grands talents : la rencontre du "poète" et de la "géomètre" symbolise toujours aujourd'hui l'ère des Lumières. Le 9 septembre 1749, Emilie meurt, accablée de souffrance morale après avoir accouché d'une fille de Saint-Lambert. Ses dernières lettres mettent en évidence la détresse d'une femme consciente du désamour de son amant, livrée aux transes de l'angoisse "d'être grosse à quarante ans", et le besoin majeur de reconnaissance d'une intellectuelle qui s'est attachée à mettre un point final à la traduction des Principes de la philosophie naturelle de Newton.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
275
Date de parution
01/11/1997
Poids
340g
Largeur
212mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782842720292
Titre
Lettres d'amour au marquis de Saint-Lambert
Auteur
Du Châtelet Emilie ; Soprani Anne
Editeur
PARIS MEDITERRA
Largeur
212
Poids
340
Date de parution
19971101
Nombre de pages
275,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Les gens heureux ne cherchent rien". Quittée par Voltaire, après dix ans de vie commune passionnée, fusionnelle et intellectuelle, Emilie du Châtelet s'interroge sur ce qui peut encore lui donner le goût de vivre... Elle écrit alors le "Discours sur le bonheur". Mathématicienne de renom (traductrice des "Principes mathématiques de philosophie naturelle" de Newton), polyglotte et philosophe, Emilie du Châtelet nous livre ici l'essentiel de la stratégie du bonheur : "Il faut commencer par se bien dire à soi-même et par se bien convaincre que nous n'avons rien à farce dans ce monde qu'à nous y procurer des sensations et des sentiments agréables". Il ne s'agit pas de consommer de la jouissance immédiate mais d'orchestrer tous les plaisirs possibles sous "l'oeil vigilant de la conscience".
Emilie du Châtelet, d'abord connue pour ses éminents travaux scientifiques, évoque dans ce texte comment elle trouve le bonheur dans mille petites choses du quotidien, mais aussi - et peut-être surtout- dans la passion de l'étude et l'autonomie affective. Une réflexion forte sur l'émancipation, dans la société du milieu du XVIIIe siècle où les relations sont encore très codifiées.
Résumé : "Décidons-nous sur la route que nous voulons prendre pour passer notre vie, et tâchons de la semer de fleurs", écrit Mme du Châtelet dans son Discours sur le bonheur. Contre les principes de l'Eglise selon lesquels seul le paradis apporte repos et félicité à l'âme, les penseurs des Lumières affirment que notre bonheur est sur Terre et qu'il dépend de nous. Comment être heureux et se satisfaire de plaisirs simples ? A travers des formes argumentatives variées, trois grandes plumes du XVIIIème siècle interrogent les contradictions du coeur humain, tiraillé entre raison et passions, et témoignent avec brio des grands débats qui agitent leur époque... mais aussi la nôtre.
Madame Du Châtelet fut l’exception à toutes les règles. Mathématicienne et physicienne sans éducation universitaire, elle concourut avec les hommes par des traités scientifiques et philosophiques qu’elle cacha dans l’anonymat. Elle évita le scandale religieux tout en menant une vie scandaleuse. Elle est l’auteur d’un commentaire dévastateur sur l’Ancien et le Nouveau Testament, rédigé vers 1742, qu’elle prit bien garde de laisser inavoué et inédit – et ce traité resta inconnu jusqu’à la présente édition. Même Voltaire n’osa jamais le faire paraître. Loin de la prétendue sensibilité qu’on a tendance à attribuer à tout(e) auteur(e) femme, ces Examens de la Bible montrent une logique binaire impitoyable. Cet ouvrage si impie a ses paradoxes : il puise presque exclusivement à des sources pieuses ou savantes, n’évoquant ni les libres penseurs du XVIIe siècle, ni les « philosophes clandestins ». Comment situer la critique biblique de Madame Du Châtelet dans l’histoire de la libre pensée au XVIIIe siècle ? Comment préciser le rapport entre sa critique biblique et celle que Voltaire rédigera à Ferney, publiera douze ans après la mort de son amie, et approfondira jusqu’à la vieille de sa propre mort ? Une introduction détaillée tente de situer l’oeuvre de Madame Du Châtelet avec toutes ses énigmes dans l’histoire de la pensée religieuse et scientifique de son temps. Tous ceux qui admirent la Bible, comme texte religieux ou comme texte littéraire, se doivent de lire cette critique féroce.
Dans cet ensemble de nouvelles, Maati Kabbal évoque sur un mode tantôt grave, tantôt burlesque, l'univers étrange et les ambiances chaudes de Khuribga, sa ville natale. Sur fond de chergui (sirocco) et d'embruns de phosphate se déroulent devant nous les roulis lascifs des cheikhates (danseuses du ventre), les séances de beuverie, de sexe et de sport. Sans fioritures et sur le ton de l'autodérision, ce recueil marque un retour sans détours sur les lieux de l'enfance, hantée par la figure imposante d'une tante-mère en mal de maternité. En filigrane transparaît l'interrogation de l'auteur sur la signification du retour au moment où la majorité des jeunes aspirent au départ.
Qui ne connaît ta ville la Porte du Vent, passage obligé pour tous les égarés, les paumés ? Ouverte aux vents marins, aux vents de pluie, aujourd'hui fermée à l'avenir. Accueillante aux brises, elle l'était jadis également aux hommes. Au voyageur arrivé par l'Ouest, elle offrait en prélude un lacis de ruelles étourdissantes ; en titubant, le nouveau venu se mettait sous la protection de son marabout ; il pouvait se désaltérer à la fontaine de la cour intérieure de sa vieille mosquée et y reprendre son souffle. Neuf siècles inscrits dans la chaux et la pierre. Tant d'étrangers sont entrés par là, qui ne sont plus jamais repartis. " Du regard croisé de deux femmes à la fois différentes et très proches, l'une, Selma, rivée à sa ville, à l'emprise de laquelle elle rêve d'échapper, l'autre, Hélène, revenue recoller les " morceaux de sa vie " dans son pays natal dévasté par une guerre sournoise, et d'un narrateur qui prend leur relais pour s'adresser à elles, émerge l'histoire de Bab-Errih - dont on ne saura jamais si elle réelle et transfigurée ou lieu métaphorique - et des destins chaotiques de ceux qui la peuplent...