Roman 20-50 N° 58, Décembre 2014 : Un singe en hiver, Monsieur Jadis ou l'Ecole du soir et Quat'sais
Douzou Catherine
PU SEPTENTRION
18,00 €
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EAN :9782908481839
Aux approches de la cinquantaine, je ne porte pas de cravate, je suis resté mince, mon oeuvre aussi". , nous dit M. Jadis/ Blondin. Aujourd'hui, sa bibliographie critique ne brille toujours pas par son épaisseur : une thèse soutenue en 2008 (c'est peu pour un auteur né en 1922), quelques essais et articles. Quelles qu'en soient les raisons elles sont nombreuses, le constat est clair : la légitimité d'Antoine Blondin est mal engagée. Heureusement que lui est acquise la consécration roturière d'un lectorat amateur de chroniques sportives, de lettrés sans préjugés qui ne se laissent pas intimider par les diktats des autorités. Certes, ce n'est pas demain que l'on verra Blondin au programme de l'agrégation, mais le vingtième anniversaire de sa disparition, en 2011, a été dignement fêté par ses aficionados et Un singe en hiver est un titre connu par nombre de Français - même si c'est surtout grâce à un film banalement mis en scène par Henri Verneuil et amicalement trahi par Michel Audiard. Son oeuvre de création commencée en 1949 avec L'Europe buissonnière, s'est arrêtée, en 1975, sur un recueil de nouvelles, Quat' saisons (1975). La Littérature française depuis 1945 et depuis 1968, manuels à l'usage des premiers cycles universitaires et, durant des années, étalons des côtes littéraires ne s'encombrent guère de cet écrivain du demi-siècle, ni du courant "Hussard" étiqueté "néo-classique" , désinvolte et droitier, dont Antoine Blondin est considéré comme l'un des membres fondateurs . L'histoire et la théorie littéraires ont parfois des oublis bien injustes. Ils reposent toutefois sur le postulat qu'une oeuvre digne d'intérêt doit s'affirmer comme novatrice (ou se prétendre telle); accessoirement, il n'est pas mauvais qu'elle se veuille progressiste. Deux qualités qui font défaut à Blondin. Cependant, sans être novateur, les romans de Blondin auraient pu, auraient dû, retenir l'attention.
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Nombre de pages
144
Date de parution
22/01/2015
Poids
258g
Largeur
160mm
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EAN
9782908481839
Titre
Roman 20-50 N° 58, Décembre 2014 : Un singe en hiver, Monsieur Jadis ou l'Ecole du soir et Quat'sais
Auteur
Douzou Catherine
Editeur
PU SEPTENTRION
Largeur
160
Poids
258
Date de parution
20150122
Nombre de pages
144,00 €
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Jean-Luc Lagarce est désormais un classique du théâtre contemporain et son nom figure à côté de Michel Vinaver, de Valère Novarina, de Bernard-Marie Koltès. Devenu l'un des auteurs français les plus joués actuellement, il s'inscrit dans un des courants importants du théâtre contemporain, celui d'un art recentré sur le discours, en particulier alternatif aux formes dialogales, comme le sont celles de la narration et du monologue, qu'a notamment encouragé Antoine Vitez avec sa célèbre déclaration qu'il faut "faire théâtre de tout". Par les thèmes et les sujets de ses pièces, il est également représentatif d'autres courants dramatiques, littéraires et artistiques: il s'attache à la sphère familiale, privée, à des événements relevant de l'ordinaire, souvent du banal, que ses remaniements de la forme dramatique traditionnelle lui permettent d'approcher, parce qu'il s'éloigne d'un théâtre de la crise pour s'ouvrir plutôt à celui du ressassement, de la reprise de l'exténuation dans la lignée de ceux de Tchekhov, Beckett, Duras. Une première partie de cet ouvrage s'attache à l'examen des influences ou des ponts existant entre l'oeuvre de Lagarce et des auteurs littéraires et philosophiques du présent comme du passé. La deuxième partie pose la question du réalisme de cette oeuvre à travers notamment celle de l'autobiographie et de l'écriture de l'intime. Une troisième partie regroupe des études portant sur la mise en scène lagarcienne de la dispute familiale et des règlements de compte, autour de la mémoire et du passé. La dernière partie se consacre à une approche davantage centrée sur l'écriture dramatique et ses spécificités. Elle aborde les questions des didascalies, du hors-scène et des reprises de discours, toutes trois essentielles chez Lagarce.
Seront étudiés un des premiers et le dernier romans d'Irène Némirovsky : David Golder et Suite française, ainsi que Le Vin de solitude. David Golder (1929), immédiatement adapté à l'écran par Julien Duvivier, eut un grand succès. Il raconte la carrière d'un grand banquier juif, qui se sacrifie jusqu'à la mort pour celle qui n'est même pas sa fille. Suite française parut de manière posthume en 2004 et obtint le Prix Renaudot. Il s'agit du récit de la manière dont un grand nombre de personnages vivent les premières années de la Seconde Guerre mondiale. Le Vin de solitude (1935) est une transposition romanesque de la jeunesse d'Irène Némirovsky, marquée par la haine de sa mère. Ces trois romans décrivent avec un puissant réalisme la société française dominée par les puissances d'argent ainsi que le milieu de la bourgeoisie juive depuis son émigration hors de la Russie jusqu'à son intégration plus ou moins réussie. Ayant des bases autobiographiques, ils nous font connaître la personnalité, volontaire, voire cynique, de leur auteure.
Douzou Catherine ; Gonnard Henri ; Soubeyroux Mari
Les notions de "liberté" et de "contrainte" sont avant tout présentes dans le champ du Droit. C'est dire si elles sont consubstantielles à l'organisation des sociétés. Mais la vie imaginative, la création littéraire, artistique et tout ce qui ressortit à la culture font aussi partie intégrante des sociétés ; c'est cette seconde orientation qu'investit le présent ouvrage collectif par le truchement de l'examen, croisant les approches de façon interdisciplinaire et interséculaire, de la tension entre ces deux pôles. Sa première partie, Sociétés, scrute des enjeux politiques, sociaux, culturels et artistiques de cette dichotomie à partir d'objets d'étude aussi variés que, entre autres, la traduction au XVIIIe siècle par l'abbé Prévost d'une compilation anglaise de récits de voyages, la direction des arts sous Napoléon, un cas d'errance gouvernementale lors des confinements liés à la pandémie de Covid-19 de 2020 ou encore l'appréhension transhistorique de l'apprentissage de la musique par les personnes aveugles. La deuxième partie de ce livre est consacrée aux rapports que l'écriture peut entretenir avec la censure ou les normes en vigueur, que les écrivains s'en jouent, s'en affranchissent ou les transforment en création augmentée. De Mirabeau et Sade à l'auteur israélien contemporain Tomer Gardi en passant par Francesco Gritti, le romancier et pamphlétaire vénitien de la fin du XVIIIe siècle, chacun trouve sa voie en la matière d'une façon spécifique ; mais tous ont en commun d'y parvenir au nom de la liberté de pensée. La troisième, enfin, Contraintes et émancipation des formes, est souvent amenée à aborder les dynamiques positives qu'engendre la contrainte. Si le champ de la littérature continue à y être exploré par le biais d'un chapitre sur Georges Perec ou d'un autre sur Jacques Réda, celui de la musique réapparaît à travers, par exemple, la démarche dodécaphonique de Rodolfo Halffter, compositeur exilé au Mexique à la suite de la Guerre Civile espagnole.
Consacré aux processus créatifs en musique et dans les arts du spectacle, cet ouvrage collectif sur les paradigmes de l'autorité aborde de nombreux domaines : musique, théâtre, danse, chanson, cinéma... Une telle diversité met en écho des problématiques communes qui organisent l'ouvrage en quatre grandes parties. L'autorité se présente sous les traits de la tradition, de ses contraintes créatives mais aussi de ses risques de sclérose et des ruptures qui en redéfinissent les règles. Il s'agit de réfléchir aussi au devenir-auteur et au statut de l'auctorialité dans le contexte d'un dialogue des arts et des mutations des processus de création. Le conflit ou le partage entre des autorités d'origine et de nature différentes, comme en danse ou dans le jazz, aboutissent ainsi à de mystérieuses synergies. Enfin, l'ouvrage aborde la société civile sous l'angle de son ou de ses autorités, que les formes artistiques représentent, interrogent, contestent ou confortent.
Qu'est-ce qu'être père ? Comment la paternité était-elle pensée et vécue au cours des derniers siècles ? Le présent ouvrage cherche à éclairer les profondes mutations de la figure paternelle en Occident du XV ? au XX ? siècle. S'intéressant aux relations personnelles et concrètes des pères avec leurs enfants, notamment tout-petits, aux émotions de même qu'aux enjeux de transmissions et de pouvoir, les contributeurs de ce volume donnent à voir les expériences paternelles et les modèles qui s'imposent aux pères dans toute leur diversité. Au profit d'un dépassement de stéréotypes et de simplifications communes, historiens et historiens de l'art mènent ici une série d'études variées qui révèlent des pans méconnus de la paternité d'hier et d'aujourd'hui.
Envois et Dédicaces constitue une réflexion sur le don du livre, qu'il se manifeste par un ex-dono, un envoi manuscrit ou une dédicace imprimée. Si cette dernière a été étudiée à propos de tel ou tel auteur, il nous manquait encore une réflexion d'ensemble sur celle-ci. Quant à l'envoi, jugé marginal et mondain, il n'a guère été abordé, hormis par les bibliophiles. On en trouvera ici un "bref traité" qui en souligne toute la richesse. Pas plus qu'il n'existe d'éléments insignifiants dans la vie psychique, ainsi que Freud nous l'a appris, il n'existe dans le livre de détail dépourvu de valeur. La modernité s'est intéressée longuement à la signature, beaucoup moins à l'envoi et à la dédicace, parce qu'elle estimait la littérature intransitive. Elle transite cependant et s'adresse à quelqu'un. Et ce qui semble à première vue accessoire joue un rôle non négligeable, sinon capital, dans la constitution du sens d'un livre. Telle est l'hypothèse d'Envois et Dédicaces, et son pari. Sa première partie, "Perspective cavalière" s'interroge, entre autres, sur la position en tiers du lecteur ainsi que sur la place de la dédicace, premiers mots d'un livre qui se révèlent souvent aussi ses derniers mots. La seconde, "Couleurs locales", examine la façon dont quelques auteurs se sont appropriés ce geste: un musicien, Bach, et cinq écrivains, Voltaire, Hugo, Baudelaire, Montherlant, Goffette, ce dernier nous offrant, en guise de conclusion, un poème inédit adressé "à ceux qui partent".
Habbard Anne-Christine ; Message Jacques ; Colette
Cet ouvrage, qui réunit chercheurs français et étrangers, présente un éclairage renouvelé sur la question de l'éthique chez Kierkegaard. Souvent présentée comme une étape intermédiaire entre l'esthétique et le religieux, l'éthique se révèle chez Kierkegaard à la fois la matière et le fruit d'une intense problématisation de ce que signifie être humain: est enjeu la possibilité d'une compréhension éthique de l'exigence d'un "rapport absolu à l'absolu". L'oeuvre étudiée, fondée sur des expériences déterminées autant que sur une culture immense, multiplie sources d'interrogation et terrains d'analyse. Sa forme même implique en matière éthique une réflexion irréductible à une doctrine, tout lecteur se trouvant engagé dans une relation originale avec les questions exigeantes qu'elle pose; cependant, aussitôt suscitée, cette relation échappe à la rassurante ordonnance de la communication entre deux entités finies, non qu'y jouent quelque subjectivisme (supposé par tous ceux qui n'ont pas compris le rationalisme de Kierkegaard) ou certaine haine du moi acclimatée en climat luthérien (alors que Kierkegaard analysa comme désespoir la haine du fini pour le fini), mais parce que les conditions uniques de sa mise en scène appellent un acte patient de lecture, et ouvrent le lecteur à son histoire propre. Que ce soit dans la vulnérabilité d'une relation à autrui, l'écoute musicale, la tension de l'amour, l'expérience du vertige, le travail d'écriture, l'épreuve du religieux ou même dans les échecs de la vie morale, les auteurs s'attachent à comprendre l'intensité paradoxale de cette expérience de soi fondamentale qu'est l'éthique, et que Kierkegaard a su, de façon lumineuse et inédite, magistralement penser.
Face à de nombreuses crises internationales et à des évolutions dangereuses - citons ici seulement la guerre en Ukraine et les conflits au Proche-Orient ainsi que la montée générale du populisme de droite, du nationalisme et des régimes autoritaires en Europe et dans le monde - la diplomatie culturelle française et allemande, portée par des instruments et institutions différents comme l'Institut français et le Goethe-Institut, se voit confrontée à de nouveaux enjeux et défis. Quels sont les nouveaux instruments, quels les échecs et les succès ?