L'homme altéré. Races et dégénérescence (XVIIe-XIXe siècles)
Doron Claude-Olivier
CHAMP VALLON
29,00 €
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EAN :9791026700968
Race, origine, souche... Autant de notions piégées qui font aujourd'hui retour, tant dans les discours politiques que dans les travaux scientifiques, mettant parfois radicalement en tension notre espace public. Ce livre propose, à travers un parcours qui embrasse une grande variété de champs entre le xviie et le milieu du xixe siècle, depuis les généalogies nobiliaires ou les textes théologiques jusqu'à l'histoire naturelle et la médecine, en passant par les pratiques d'élevage, de revenir sur l'histoire complexe de ces notions, la manière dont elles furent intégrées à des savoirs hétérogènes et mobilisées dans des dispositifs de pouvoir très divers.Il ne s'agit pourtant pas d'une histoire générale de l'idée de race, encore moins d'une histoire globale du racisme. Son parti pris est d'interroger systématiquement les rapports entre la question de la race et celle, moins connue mais décisive, de la dégénérescence, c'est-à-dire de l'altération ou de l'écart par rapport aux qualités d'origine. Ce choix conduit à souligner l'importance, pour l'histoire du racisme, d'un racisme de l'altération, qui saisit les différences entre hommes moins sous le mode de l'altérité radicale, en contestant l'unité de l'espèce humaine et en absolutisant les différences, qu'en les réduisant à des versions altérées, dégradées ou attardées, de soi-même et de l'identité humaine, qu'il conviendrait de régénérer, corriger ou perfectionner.Si ce livre perturbe parfois certaines dichotomies à l'?uvre dans l'historiographie du racisme, il vise aussi à montrer combien une histoire manichéenne masque la profondeur à laquelle est inscrite la notion de race, y compris dans les savoirs les plus contemporains; et combien plus polymorphe et malheureusement plus diffus est le racisme, entendu comme un ensemble de techniques de domination fondées sur la race. Il ne s'agit pas ici de dire où le racisme n'est pas mais bien là où on peut le trouver aussi: dans l'affirmation de l'unité de l'espèce, dans un certain humanisme universaliste ou dans le libéralisme politique. Il n'y loge ni à titre de reste ni à titre de trahison ou de contradiction: il y a ses logiques propres. Ce sont ces logiques que l'ouvrage s'efforce d'explorer.Claude-Olivier Doron, ancien élève de l'École Normale Supérieure (Ulm), est maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l'Université Paris Diderot.
Nombre de pages
586
Date de parution
31/03/2016
Poids
762g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9791026700968
Titre
L'homme altéré. Races et dégénérescence (XVIIe-XIXe siècles)
Auteur
Doron Claude-Olivier
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
140
Poids
762
Date de parution
20160331
Nombre de pages
586,00 €
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Doron Claude-Olivier ; Lefève Céline ; Masquelet A
Cet ouvrage issu de séminaires de recherche du Centre Canguilhem (Université Paris VII), qui réunissaient des professionnels venus d'horizons divers (praticiens hospitaliers, sociologues, philosophes), s'efforce de faire le point sur les évolutions complexes et parfois contradictoires qui affectent aujourd'hui le domaine de la santé. D'un côté, le développement d'une médecine toujours plus technicisée et spécialisée, soumise à des contraintes économiques importantes, conduit à réduire la place accordée la clinique individualisée; d'autre part, cependant, l'émergence de nouveaux acteurs dans le domaine de la santé, tels que les associations de patients, ainsi que le développement des maladies chroniques et de problèmes liés à la prise en charge de la vieillesse et du handicap, ont contribué à mettre au premier plan l'exigence d'une prise en compte de la subjectivité des patients et à accorder une place centrale non plus simplement à la dimension curative et technique de la médecine, mais à la dimension du soin. Ce sont les enjeux et les ambiguïtés de cette dimension du soin et de l'accent mis sur la subjectivité et la responsabilité du patient qui sont interrogés dans ce travail.
La médecine occidentale doit ses avancées à la mise à l'écart du patient souffrant et à l'objectivation du corps humain. L'investigation biologique et la révolution de l'imagerie, à la fois diagnostique, interventionnelle et fonctionnelle, inaugurent à l'heure actuelle un nouveau mode d'approche du corps malade qui rend caduques des pans entiers de la clinique et de la chirurgie traditionnelles. On assiste à une clôture et une relégation du corps que la technique rend désormais quantifiable et transparent. Dans la suite des analyses de Georges Canguilhem, les auteurs de cet ouvrage - médecins, philosophes, psychanalystes et anthropologues - plaident pour une pratique médicale qui s'adapte à ces transformations tout en prenant en compte le malade comme sujet souffrant, doté d'un corps entier, intégré dans un environnement. Ils souhaitent le développement d'une médecine qui reconnaisse la présence de ce corps et l'expérience qu'en a le patient, en accepte les risques et les spécificités, et cesse de simplement le reléguer derrière des objectivations rassurantes mais parfois trompeuses.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...