J'ai commencé à écrire ce roman à l'automne de l'année 1943, sur un lit d'hôpital, n'ayant en ma possession qu'un unique cahier d'écolier dont m'avait fait cadeau le médecin et un bout de bois sur lequel était attachée une plume." L'auteur de ces lignes, Iouri Dombrovski, écrivain, historien, anthropologue, archéologue, poète, juif, tzigane, russe et polonais a trente-six ans. II sort de quatre ans de camp sibérien. Ce roman, son premier texte achevé, déjoue toutes les attentes. Car en pleine guerre patriotique, au fond du Kazakhstan, il invente un pays ressemblant à une France possible que les nazis occupent, il invente une famille ordinaire où des humanistes résistent, d'autres trahissent, il invente des officiers nazis falsifiant des fossiles pour rester crédibles, il invente un monde redevenant primate. Il invente tout. Mais, en 1949, son livre sera qualifié de "cosmopolite fasciste", et son auteur renvoyé pour dix ans en Sibérie. A son retour, en 1958, cet homme en trop, comme tous les revenants des camps, reprend son roman, se remet à inventer.
Ce conservateur des antiquités qui prend la plume pour nous raconter son histoire et son expérience, qui est-il? C'est un fonctionnaire d'Alma-Ata, la capitale du Kazakhstan, où des civilisations successives ont laissé leurs vestiges. Mais cet homme, tourné par goût et par métier vers un passé prestigieux, est aussi le témoin du présent, celui de la société stalinienne de 1937, un temps où règnent la peur et la police. Perché entre lune et terre, dans son clocher d'église transformé en salle d'étude, le conservateur, sorte de Huron des contes philosophiques, amoureux maladroit et fonctionnaire modèle au zèle intempestif, ne peut s'empêcher de se mêler des affaires d'en bas. Il décrit la passivité des " braves gens " et leur accoutumance au tragique quotidien, l'absence de sens critique, l'" espionnite ", la justification tranquille de la délation. Analyse du phénomène stalinien comme manifestation du despotisme universel hérité de la Rome impériale et de Byzance, alliant drame et faconde, érudition et poésie, Le Conservateur des antiquités se situe au rang des chefs-d'oeuvre mythiques de la littérature occidentale du XXe siècle.
Ce conservateur des antiquités qui nous raconte son histoire est un fonctionnaire d'Alma-Ata, capitale du Kazakhstan, où des civilisations successives ont laissé leurs vestiges. Ainsi tourné, par goût et par métier, vers un passé prestigieux, il est aussi un témoin du présent, celui de la société stalinienne de 1937, de ce temps où la peur et la police étreignent la vie quotidienne. Mais il appartient lui-même à l'univers qu'il veut éclairer: c'est le Huron des contes philosophiques. Entre lune et terre, dans le clocher d'église transformé en salle d'étude, ce héros perché décrit la passivité des braves gens et leur accoutumance au tragique quotidien, l'absence de sens critique, l'"espionnite ", la justification tranquille de la délation par les meilleurs esprits, sur le ton d'un Fabrice del Dongo vivant sous une terreur quasiment onirique. Analyse du phénomène stalinien comme manifestation du despotisme universel hérité de la Rome impériale et de Byzance, Le Conservateurdes antiquités se situe au rang des chefs-d'?uvre de la littérature occidentale du XXe siècle.
Structuré en Etat unitaire dès 1747, l'Afghanistan n'a cessé, durant toute son histoire, de voir son unité remise en cause. Lorsqu'à la suite des attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis sont intervenus sur son territoire, un peu plus de vingt ans après les Soviétiques, pour y chasser le régime des taleban, l'Afghanistan est entré dans une ère nouvelle. Aujourd'hui, malgré de réels progrès politiques, le pays reste à réunifier et reconstruire. Malgré l'action d'éléments armés occidentaux, les menaces ne sont pas effacées et les forces de l'islam radical peuvent se reconstituer à tout moment à partir des zones frontières avec le Pakistan. Ainsi donc, sans l'appui militaire et politique de l'Occident, ce nouvel Afghanistan âgé de cinq ans peut-il marcher seul ? La nouvelle donne efface-t-elle les lignes de fractures géographiques et identitaires profondes du vieux pays ?
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.