Le Myope c'est Jean Dartois. Jean Dartois achève son adolescence au moment de la guerre d'Algérie. Il a rencontré dans un bistrot de banlieue Maurice Permanent qui, comme lui, aime bien le vin blanc sec. C'est un maçon communiste qui vend les journaux de son parti avec ses camarades Surfé et Cavignot. Toute une partie du roman traite donc de l'engagement politique de ce jeune bourgeois, de ses réactions devant ce qui lui plaît et le repousse dans le Parti. Apprenant que la torture se pratique en Algérie, il est scandalisé que les communistes ne s'insurgent pas plus violemment contre cette pratique qu'il considère comme le déshonneur suprême de son pays. Il s'exile. Quand il reviendra il rencontrera Dominique et le roman s'achève par la vie commençante du couple. Un tel résumé ne donne pas une idée du ton du livre. Ton, tour à tour réaliste, lyrique et plein d'une naïve tendresse. Réaliste quand il nous décrit la vie de ces militants de base qui s'expriment dans une langue populaire très savoureuse. Réaliste quand nous assistons au déjeuner dominical chez le papa Cavignot ou à la vente des journaux devant la bouche de métro, poétique comme une chanson des rues quand il nous peint l'idylle entre Brigitte, la fille des Cavignot, et Jean, idylle qui ne se transformera pas chez ce dernier en véritable amour et qui laissera la jeune fille blessée. Lyrique quand nous voyons s'éveiller dans un coeur pur et honnête comme celui de Jean la souffrance devant la guerre, la torture, les malheurs de l'homme, ou quand, dans un long retour aux sources à travers la plaine picarde, Jean va assister à l'enterrement de son oncle et médite sur le destin des siens. D'une profonde et touchante humanité enfin, quand, au terme du roman, Jean et Dominique s'essayent à constituer un couple, à se comprendre et à tenter l'aventureuse épreuve de l'amour. Bernard Privat
Nombre de pages
218
Date de parution
09/09/1975
Poids
240g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782246002451
Titre
Le myope
Auteur
Dollé Jean-Paul
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
240
Date de parution
19750909
Nombre de pages
218,00 €
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Du jour où Dionysos s'en est allé, la pensée occidentale est née, perverse et monstrueuse, traînant le monde entier vers son destin : celui du nihilisme achevé. Là se dessinent les cartes sombres, obscures et nostalgiques, de l'exil blanc, loin des contrées du plaisir et de la félicité. C'est en amont de cette errance que fait retour Jean-Paul Dollé, aux sources du déclin où s'origine notre malheur : les grands fantasmes qui hantent la conscience de l'Occident, les mythes régulateurs où s'ancrent la " philosophie allemande ", la " politique française ", l'" économie anglaise ". Voie d'accès au plaisir pourra se lire aussi comme un commentaire rêveur de la formule de Lénine sur les trois sources du marxisme. Comme tous les textes prophétiques, ce livre est d'abord archaïque. Son dialogue avec l'origine annonce cette parole singulière que le passé est devant nous, incertain et familier, notre futur probable, non encore advenu. Etrange classicisme, anachronique et subversif, où s'élaborent déjà, dans les hasards de son langage, les concepts fondamentaux de la philosophie de demain. Une pensée affirmative et non plus réactive, qui ne cherche plus à nier, à rompre ou à polémiquer, qui renonce à citer, à commenter, à référer et où se lisent du coup les prémices d'une nouvelle morale et d'une autre politique.
On ne fait pas, peut-être, de bonne littérature avec de bons sentiments. A coup sûr, on fait de la mauvaise philosophie avec du malheur. L'exaltation de la souffrance, comme valeur, n'est pas une éthique ; le masochisme est la jouissance de l'idiot. Et la fadaise post-soixante-huitarde - marxisme-léninisme rénové, freudo-marxisme, bouillie sur les droits à la différence - prouve que le désir révélé par Mai n'a pas encore trouvé sa traduction. Dès lors, il urge d'en finir avec la haine, la névrose collective et l'obsession de la crise : la vraie modernité, c'est la conscience, pour chaque sujet, d'une contradiction entre l'exigence de ne se recommander que de lui-même et le fait qu'il se sache constitué de langage et d'histoire. Assez donc de fascination pour la mort. On peut résister sans croire, entreprendre sans espérer. Penser c'est toujours penser le pas encore pensé, transformer c'est toujours frayer un chemin pas encore ouvert. Cela a été possible, tragique quelquefois, mais c'est toujours possible. Danser maintenant."J.-P.D.
Pierre Goldman traverse en météore les années 60 : philosophe autodidacte, il participe à tous les combats politiques de l'extrême gauche : la liberté de l'Algérie, le Vietnam, l'Amérique du Sud... Antifasciste intraitable, il se bat physiquement contre l'OAS et ses complices au Quartier latin. A l'Union des Etudiants Communistes, il ferraille avec ses camarades Krivine, Debray, Butel, et les ulmiens prochinois Robert Linhart, Benny Levy, contre la direction stalinienne du PC. Hanté par l'épopée de la Résistance, par l'héroïsme de Jean Moulin et des combattants du ghetto de Varsovie, il se sent en dette perpétuelle et ne pense s'en acquitter qu'en devenant à son tour un combattant. Il s'engage dans la guérilla au Venezuela. L'aventure échoue, il se retrouve demi-solde en France. Pour survivre, il commet des hold-ups. Il est alors accusé du meurtre de deux pharmaciennes, boulevard Richard Lenoir. L'affaire Goldman commence. Au terme d'un deuxième procès, il est acquitté. Mais Goldman est assassiné mystérieusement, à 35 ans. Miroir de la génération gauchiste, il en figure l'éclat et la part d'ombre.
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
C'est l'une des maladies les plus craintes par les Français, mais aussi l'une de celles que le public connait le moins. C'est le grand mal du siècle, appelé à devenir dans les prochaines années la première préoccupation de santé de nos sociétés, mais un mal que la Recherche et la médecine ne savent pas encore soigner. Pourtant, à terme, il est probable que chacun connaîtra, dans son entourage, un proche atteint de la maladie d'Alzheimer. Les chiffres sont connus : 47 millions de cas de démence dans le monde, plus de 800 000 patients en France, 140 000 nouveaux cas chaque année, avec la perspective de voir ces chiffres doubler d'ici l'an 2030. Près de 20 % des sujets âgés de plus 80 ans en sont atteints. Les syndromes aussi : troubles de la mémoire, perte d'autonomie, démence, apathie progressive. Mais qu'est-ce, précisément, que cette maladie qui nous vole ce que nous avons de plus précieux, nos souvenirs et notre identité ? Qu'est-ce qui, dans le cerveau, dysfonctionne ? Comment la diagnostique-t-on ? Oublier le nom d'untel ou un mot doit-il suffire à nous alarmer ? Et comment la soigne-t-on ? Où en est la recherche ? Un médicament pourrait-il un jour être trouvé ou faut-il nous résoudre à voir de plus en plus d'hommes et de femmes sombrer dans l'oubli ? Quel sera alors le rôle de l'Etat ? Pour répondre à ces questions, et pour la première fois, le spécialiste de la maladie d'Alzheimer, le neurologue Bruno Dubois prend la parole et nous dit tout. Ce qu'est la maladie (I) : comment elle affecte les patients, l'entourage et la société. Comment on la prend en charge, ce que la société en sait. Son histoire (II) : du premier cas diagnostiqué par Alois Alzheimer aux différents plans présidentiels en passant par les aventures médicales et scientifiques qui ont permis de mieux la cerner. Ce que nous pouvons espérer (III). Le suivre dans cette épopée scientifique et ce cours magistral, c'est partager l'expérience d'un neurologue chevronné qui a contribué à définir la maladie pour mieux la vaincre ; comment il a dû se battre pour la faire reconnaitre comme une maladie spécifique, pour obtenir certains appareils nécessaires au diagnostic, pour informer aussi, et aller contre les inepties relayées par les médias, d'après lesquelles un carré de chocolat pourrait prévenir ou même guérir ; comment il se bat aujourd'hui pour lever des fonds. Dans cet ouvrage passionnant, il met enfin des mots sur cette maladie redoutée et livre sans fard toute la vérité sur Alzheimer. Un document choc, nécessaire.