L'architecte algérois Halim Faïdi a eu l'opportunité unique de survoler Alger pour la photographier. Il a confié ce travail au photographe Kays Djilali. Cet ouvrage propose les photographies aériennes prises à cette occasion. On y reconnaît la Grande Poste, ici la dense Casbah, là, Bab-el-Oued et son front de mer, ailleurs, ces énigmatiques zones de proche banlieue. Mais certaines vues surgissent parfois, insolites et déroutantes au point de sembler des toiles abstraites. Inédites et exceptionnelles à plus d'un titre, ces images donnent à voir des facettes inattendues d'une ville familière et méconnue à la fois. Elles éclairent Alger d'un jour singulier, la révélant tour à tour figée et mouvante, incontestablement fascinante. Trois textes les accompagnent. Une préface de HalimFaïdi, initiateur du projet, lauréat du Prix national d'Architecture et d'Urbanisme en 2012. Il se livre à une réflexion sensible sur cette aventure et revient sur son making of. Un texte de l'écrivain Nina Bouraoui, entre méditation grave et déclaration d'amour fiévreuse à la ville de son enfance. Enfin, du poète Malek Alloula, un récit de pleine lumière, ou se mêlent sensations et expériences initiatiques.
Bon Philomène ; Thomas Karine ; Djilali Kays ; Dje
« Dans ce guide les lieux de balades sont légion. Très bien documenté, cet ouvrage est l'un des premiers à révéler les mille facette d Alger.» --Jean-François Rampal, Ulysse«Entre charme intemporel et singulière modernité, dix déambulations à la fois classiques et insolites, qui racontent le dédale d'une ville qu'il faut découvrir.» --Caroline Guiol, Côté Sud«Ce livre, bien plus qu'un guide, est un prétexte à évoquer tantôt l'art et la littérature, tantôt la musique, où encore des moments du passé d'une ville phare de la Méditerranée.» --François Zabbal, Qantara Magazine des cultures arabes et méditerranéennes
Pourquoi l'Algérie peine-t-elle à transformer son immense potentiel en un projet de développement cohérent ? Pourquoi les réformes se succèdent-elles sans résoudre les blocages, tandis que les crises semblent se répéter sous de nouvelles formes ? Cet ouvrage propose une lecture originale de cette énigme. Au-delà des explications politiques ou économiques, il met en évidence une fracture plus profonde : la rencontre inachevée entre une société héritière d'un ordre traditionnel et une modernité venue d'ailleurs. De cette tension sont nées les fractures sociales, les impasses institutionnelles, les crispations identitaires et les violences qui ont marqué l'histoire contemporaine du pays. Mais il est aussi un livre d'espérance. Il refuse aussi bien la nostalgie d'un passé idéalisé que l'imitation de modèles importés et ouvre une voie vers l'émergence d'une modernité enracinée dans la mémoire collective. Au-delà du cas algérien, il pose une question universelle : comment une société traditionnelle peut-elle entrer pleinement dans le monde contemporain sans perdre son âme ...
Djilali Bencheikh est né en Algérie dans la vallée du Cheliff à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après des études d'économie à Alger puis à Paris, il se tourne vers la vie associative, le journalisme et enfin la littérature. Ses publications sont: Mon frère ennemi (ed. Séguier, 1999); Voyage au bord de l'enfance (ed. Paris-Méditerranée, 2000). Il est actuellement chef d'édition à la section française de Radio Orient où il anime une chronique quotidienne de littérature intitulée "Au fil des pages".
Pour échapper au temps du massacre, Salim se réfugie dans un territoire inexpugnable, celui de la mémoire. En revisitant quelques personnages du passé, il s'aperçoit qu'il n'a lui-même jamais franchi les bornes de l'enfance. Délicieuse occasion alors pour voguer au gré de l'imagination et de la géographie : un rêve andalou qui ne se limite pas à la nostalgie, des aventures d'écolier où la "guerre des boutons" le cède très vite à la vraie guerre, le souvenir d'un beignet amer substitué à un vélo, le contre-pied de Ben-Nicolas, le seul petit roumi ami des Arabes... Jusqu'à cet ultime retour au pays où les massacres sont pudiquement évoqués, au passé. Évocation de l'exil, des racines, des gens du voyage. Loin de vouloir jouer les redresseurs de tort, Djilali Bencheikh comme son personnage Salim - son double -, souhaite simplement lancer un bouquet de fraîcheur à la face de ses contemporains. Juste pour dire que le bonheur est d'abord un acte de liberté.
Gerbehaye Cédric ; Rousseaux Xavier ; Deceulaer Ha
Panoptik ouvre des portes rarement entrebâillées : celles de trois prisons bruxelloises. Pendant plus de dix ans, Cédric Gerbehaye y a partagé le quotidien des détenus et du personnel pénitentiaire. Dans un livre construit comme une enquête, il y fait dialoguer ses images avec un ensemble d'archives photographiques exceptionnelles ? portraits anthropométriques de prisonniers réalisés dès les années 1910 ? pour raconter l'histoire de l'enfermement sur plus d'un siècle.À la croisée du documentaire, de l'histoire et de l'art, ce livre révèle la nécessité d'une transformation en profondeur du paysage carcéral, en Belgique comme ailleurs en Europe. Éclairé par les textes de deux historiens, il invite à repenser notre rapport à la peine et l'idée même d'humanisme que nous souhaitons défendre.
« Les éditions le Bec en l'air proposent de redécouvrir le talent de ce photographe proche des gens, aux antipodes de l'imagerie coloniale de l'époque. En mariant qui plus est, la beauté de l'image et l'intérêt du texte. » --Le Monde diplomatique« Les portraits sont magnifiques, souvent concentrés sur un seul sujet, comme si Sved était littéralement hypnotisé. » --Libération« La puissance architecturale et monumentale de certains paysages, la beauté de personnages hiérarchiques, certaines images illuminées font, de ce Maalesh, un récit visuel intemporel qui laisse entrevoir des fragments d'éternité. » --Le Photographe
Jacob Nzudie photographie ses clients dans un supermarché au Cameroun tels qu ils désirent être vus. Ce lieu n est pas anodin. Destiné à une clientèle privilégiée, souvent composée d'expatriés occidentaux, il n'accueille pas la plupart des Camerounais. Il est utilisé par certains de ceux qui le fréquentent comme un instrument de rêve. On se rêve en nanti, en « indigène évolué » qui se passerait des marchés à ciel ouvert, de leur manque d'hygiène, de leur offre de produits exclusivement locaux et de la promiscuité des compatriotes peu fortunés. Le supermarché nourrit le fantasme. Même si ce sont d'abord les nécessités professionnelles et économiques qui ont conduit Nzudie à faire du magasin son « studio », son travail photographique possède un sens caché: sa production explicite les rapports ambigus de ses compatriotes à l urbanité et le désir d'ascension sociale dans cette société très hiérarchisée. --rencontres-arles.com
Al di là (au-delà) est une traversée poétique de Naples et de Palerme, deux villes millénaires saisies dans leur part d'ombre et de mystère. Par ses références à la peinture classique, Martine Voyeux compose en argentique couleur un récit fragmentaire où le réel bascule imperceptiblement vers l'étrange. Silhouettes surgies de la nuit, madones protectrices, visages croisés au hasard des rues : chaque image semble relever d'un tirage de tarot, oscillant entre vie et mort, visible et invisible.Dans une gamme chromatique dense, presque crépusculaire, la photographe révèle un « au-delà » tapi sous la surface du quotidien. Elle débusque le merveilleux dans le banal, le sacré dans l'ordinaire, et fait de Naples et Palerme des cités en suspens, habitées par leurs propres fantômes.