L'action d'Angry Bird se déroule dans un village qui voit naître un conflit religieux entre ses habitants. Autrefois vivant en bonne intelligence, ils doivent à présent faire face à une radicalisation d'un autre âge. Dans le même temps, deux adolescents, l'un issu d'une famille chrétienne et l'autre d'une famille musulmane, se découvrent mutuellement, autour d'une tablette électronique. Ils se retrouvent ainsi chaque soir pour jouer ensemble, alors que leurs pères tentent de se dresser contre ce rapprochement et que la tension monte tout autour d'eux. Mais ces Roméo et Juliette du Caucase décident de créer leur propre jeu. Le village, les parents et les dieux deviennent les jouets d'une lutte cruelle et impitoyable, à la fin apocalyptique. Le jeu devient plus brutal encore que la réalité et prend une dimension prophétique.
La Chance de ma vie (And Here I Am) retrace le parcours d'Ahmed Tobasi, né dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie pendant la première intifada. Il est témoin pendant son enfance des répercussions violentes de l'occupation : la deuxième intifada, les raids militaires, l'invasion et la destruction partielle du camp. Engagé dans la lutte armée, il devient prisonnier politique à 17 ans. Il est libéré après quatre ans d'incarcération et s'exile en Norvège où il se forme en tant qu'acteur et metteur en scène. Son engagement résistant prend alors une nouvelle forme, celle d'un théâtre politique qu'il développe à son retour au camp de Jénine en 2013. Hassan Abdulrazzak, auteur d'origine irakienne résidant au Royaume-Uni, s'est saisi de cette histoire en mêlant le réel au fantastique et le comique au tragique pour restituer la complexité d'un voyage aux accents doux-amers. Ahmed Tobasi incarne ainsi son propre personnage dans ce spectacle qui tourne à travers le monde depuis 2017, articulant le parcours d'un homme en quête de sa définition de la liberté avec ! 'Histoire de la résistance palestinienne autant armée que culturelle et artistique.
Ils se prénommaient Szlama ou Kalman, Schiffra ou Rivka, et leurs noms aussi étaient difficiles à prononcer. Tailleurs, casquettiers, maroquiniers, ils vinrent tenter leur chance en France, de la Belle Epoque aux Années folles, fuyant l'antisémitisme et la misère qui sévissaient en Pologne. Ils avaient foi dans la France, et pour seule ambition l'espoir d'une vie meilleure, en travaillant sans relâche, comme tous les immigrés depuis que le monde est monde. C'étaient des hommes et des femmes ordinaires, des familles ordinaires. De fait, ils se marièrent, firent des enfants et tâchèrent d'être heureux, mais le conte de fées prit fin. En octobre 1940, la République se transforma en une dictature antisémite et xénophobe qui allait les pourchasser puis les livrer aux nazis. Ce sont, pendant ces temps extraordinaires, leurs fortunes diverses qui sont racontées ici, où la chance joua le rôle principal, mais aussi leur instinct, leur lucidité. Chez les générations suivantes, leurs silences ou leurs récits parcellaires ont laissé beaucoup de questions sans réponses, des manques, des béances. Frédéric Pluskwa est né en 1953, à Paris. Médecin retraité, il vit dans un hameau du Larzac méridional. Par temps troublés, des familles ordinaires est sa première expérience dans le domaine de l'écriture.
Extrait de la préface de Gilles BoulanLes parents ont quitté la campagne pour venir s'installer à la ville. Ils se sont arrêtés sur la colline des anges et des djinns au-delà du périph, cette frontière infranchissable entre leur bidonville, la décharge, l'usine toxique de «Stop herbe» et la ville. Vingt ans plus tard, «leurs enfants sans nombril» rêvent de partir à leur tour. Cette fois beaucoup plus loin, où un autre périphérique les séparera de la belle ville. Une seule chose aura réellement changé, ces jeunes gens «mauvaises herbes» auront plutôt recours à la bonne fée marraine de la télévision qu'à la gitane et à sa magie.Avec une belle intelligence, une grande simplicité de moyens et beaucoup d'émotion, Sedef Ecer raconte la similitude des destins, l'éternité de cette misère qui reproduit les mêmes schémas dans les pays en développement comme dans les pays développés. L'exclusion, le recours à des travaux dangereux (l'usine de sablage des blue-jeans a remplacé l'usine de production d'herbicide), la seule force du rêve pour nourrir un quelconque espoir.