Pour une désaliénation des études africaines. Repenser l'africanisme postcolonial
Diop Amadou Sarr ; Niane Boubacar
L'HARMATTAN
24,00 €
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EAN :9782343200965
Les études africaines, dans le domaine des sciences sociales, puisent leurs registres analytiques dans un mode de savoir décliné en dehors des réalités et des préoccupations du continent africain. Le projet de ce livre s'inscrit dans cette entreprise de reconfiguration ou rénovation des études africaines portée par le débat sur la désaliénation des études africaines. L'objectif est double : elle vise à dessaisir les études africaines de l'encastrement, de l'intrusion de l'eurocentrisme et de son versant opposé, à savoir l'afrocentrisme. Il s'agit de montrer que dans le projet de refondation de l'africanisme, les sciences sociales africaines devraient être au service du continent, dans la double bataille du développement et de la construction du leadership africain achevé.
Nombre de pages
224
Date de parution
03/06/2020
Poids
354g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343200965
Titre
Pour une désaliénation des études africaines. Repenser l'africanisme postcolonial
Auteur
Diop Amadou Sarr ; Niane Boubacar
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
354
Date de parution
20200603
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
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Le Tome Cinquième des Mémoires du Docteur Birago Diop, le dernier ne cesse-t-il de répéter, se place sous le signe de la continuité. Au fur et à mesure que Birago évoque une partie de sa vie qui se rapproche de l'actualité, il devient un chroniqueur. Les événements se multiplient, les lignes directrices s'estompent, les thèmes majeurs ne s'imposent plus. Tout semble également important, tant l'auteur dans cette évocation de ses amis, parents et mente préférés... s'en donne à coeur joie. Il n'écrit certes pas pour séduire. Il se fait plaisir et fait plaisir à ses amis. Tant mieux si le public, le grand public, y trouve son compte. Comme dans les volumes précédents, on reste confondu devant la précision des détails. Birago a une bonne mémoire et il aime en user. Il confère moins d'épaisseur aux faits dans ce volume, peut-être parce qu'il considère qu'il doit être le dernier recueil de sa Mémoires, qu'il veut y dire tout le reste. C'est là que se situe l'innovation ; il change son rapport aux événements, se situe un peu plus en dehors. Mais pour ce qui est de dire les choses, on sait qu'il y excelle. C'est d'ailleurs à ce niveau que l'on peut saisir la continuité des Contes d'Amadou Koumba aux " Mémoires ".
L'intérêt porté à la crise des postulats et des stratégies de développement en Afrique a permis une sédimentation des théories africanistes du développement, avec des efforts de théorisation sans réelle unité ni cohésion. L'objet de cet ouvrage est d'examiner ces différentes théories, de repérer les idéologies, les paradigmes et les logiques sous-jacentes qui irriguent leurs cadres analytiques, mais surtout de suggérer, en toute humilité, un déplacement des problématiques vers des alternatives esquissées en termes de ruptures. L'opposition prévalant dans cet ouvrage confronte à juste titre la vision cartésienne à la vision de la complexité des systèmes humains : la première suppose l'universalité des solutions, le déterminisme et donc le caractère prédictible des thèses, la domination du modèle occidental (rationnel) où tout comportement s'appuie sur la raison. L'auteur y oppose la diversité des trajectoires inhérentes aux situations humaines, l'imprévisibilité et donc la non-généralisation des solutions pour résoudre les problèmes du développement. C'est sur un chantier infini que débouche l'hypothèse centrale de cet ouvrage, et le nombre de questions qu'il soulève, de façon directe ou indirecte, est le signe incontestable de la complexité des thématiques abordées. La question de fond, à laquelle l'ouvrage convie les spécialistes des sciences sociales africaines, est celle de savoir comment, pour le siècle post- bipolaire, opposer à "l'invention de l'Afrique" une "invention du monde" par l'Afrique.
D'inspiration postmoderne, plusieurs courants d'études africaines postcoloniales se sont inscrits dans l'entreprise de déconstruction des cadres analytiques issus de "l'ordre épistémologique occidental" . Le regard critique sur la production des discours sur les conflits en Afrique, constituant l'axe central de cet ouvrage, prend ancrage dans ce tournant paradigmatique opéré dans la pensée africaniste pour redonner sens aux savoirs sur les phénomènes sociaux en contextes africains. L'objectif de notre ouvrage est de questionner les discours sur les conflits en Afrique formulés sous le prisme de l'approche réductrice des paradigmes de l'ethnicité. L'enjeu est de procéder à une exploration, dans l'optique de Balandier, des territoires de la conflictualité, afin de contribuer par "le détour" à la découverte de nouvelles lignes de sens d'un phénomène aussi complexe et récurrent. Aux antipodes des généralisations induites par les paradigmes de l'ethnicité apparaît alors un objet sociologique très circonscrit : des dynamiques conflictuelles diverses aux sources et contextes variés. Dans la lignée de la décolonisation des savoirs en Afrique, il s'agit de proposer une lecture des conflits par une approche du social qui se démarque de la "surdétermination" de l'ethnicité comme source d'analyse des dynamiques conflictuelles.