Tristes topiques. Souvenirs anthropologiques, passions et questions
Digard Jean-Pierre
L'HARMATTAN
21,50 €
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EAN :9782343242231
Les moments saillants d'un itinéraire d'anthropologue à l'éclectisme assumé sont envisagés ici sous un jour inhabituel : à l'amont des travaux publiés ou à paraître, dans des "coulisses" de la recherche trop souvent laissées dans l'ombre. Chemin faisant, apparaissent les convictions, mais aussi les interrogations que le monde contemporain peut inspirer à une anthropologie critique s'efforçant de ne jamais prendre les discours pour argent comptant. Enfin, loin de s'en tenir à des constats pessimistes, le livre appelle à une approche positive des faits sociaux et culturels, où l'interprétation, à contre-courant des tendances actuelles au verbalisme pseudo-savant serait strictement encadrée car l'anthropologie sera scientifique ou ne sera plus.
Nombre de pages
200
Date de parution
16/09/2021
Poids
243g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343242231
Titre
Tristes topiques. Souvenirs anthropologiques, passions et questions
Auteur
Digard Jean-Pierre
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
243
Date de parution
20210916
Nombre de pages
200,00 €
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La part la plus spectaculaire de l'histoire humaine -invasions mongoles, guerres napoléoniennes, conquête de l'Ouest -évoque irrésistiblement les grands mouvements de cavalerie. Mais le cheval était aussi présent, il n'y a pas si longtemps, sur les routes, les chemins de halage, dans les champs, les villes, les usines, au fond des mines. Aucun animal n'a été aussi proche de l'homme, aucun ne l'a autant fasciné. Puissant et fougueux, il ne se laisse contrôler, aujourd'hui encore, qu'au prix de trésors d'attention, d'intelligence, de sensibilité. Loin d'être le serviteur de l'homme, le cheval est sa force. L'un et l'autre sont liés par l'histoire d'une conquête réciproque, que Jean-Pierre DIGARD s'attache ici à retracer.
Comment expliquer la passion croissante des Français pour leurs animaux ? Du labrador au pit-bull, du chat persan au rat, en passant par le cheval et la faune sauvage, l'amour qu'ils portent aux animaux est l'un des grands phénomènes de société de notre époque. Les Français sont attachés à leurs animaux de compagnie moins que les Américains mais plus que les Européens. Les mouvements de défense des animaux commencent même à s'ériger " en entrepreneurs de morale ". Le modèle de société décrit par Orwell dans La Ferme des animaux serait-il en train de se mettre en place ... A la vérité, les Français n'apprécient pas autant tous les animaux : s'ils aiment à la folie les chats, les chiens et les chevaux, qui les valorisent, ils ne ressentent guère de tendresse pour le bétail et la volaille, qui les culpabilisent. Analysant notre " système domesticatoire ", Jean-Pierre Digard dénonce les excès de la passion animalière et montre la confusion qui semble s'établir entre droits de l'homme et droits des animaux, au détriment du lien social et des valeurs humanistes. N'est-il pas temps, conclut-il, d'aimer les hommes parce qu'ils sont des hommes, et les animaux parce qu'ils sont des animaux ...
Depuis des millénaires, l'homme voue aux animaux domestiques une passion qui s'est rarement démentie. Pourtant, les bêtes, même les plus fidèles, trahissent leur maître, livrant à l'anthropologue les ressorts les plus secrets de l'action et de la pensée, bref, de la nature même de l'homme. Par domestication, il faut entendre l'action que l'homme exerce en permanence sur les animaux qu'il détient, ne serait-ce qu'en les élevant. Corollairement, il n'y a pas des espèces domestiques et des espèces sauvages, mais des animaux - appartenant à quelque deux cents espèces, du chien au bombyx du mûrier (ver à soie) - sur lesquels l'homme a exercé, à un moment ou à un autre, d'une manière ou d'une autre, une action de domestication. Celle-ci repose avant tout sur un désir plus ou moins inconscient, lié à l'hominisation, d'appropriation et de transformation de la nature et des êtres vivants. En domestiquant des animaux, l'homme établit avec eux des rapports de pouvoir et/ou de séduction qui ne sont pas, au fond, si différents de ceux qu'il entretient avec ses semblables. D'où les sentiments passionnés que les animaux domestiques inspirent si souvent aux humains, citadins modernes aussi bien que chasseurs-cueilleurs, pasteurs nomades ou paysans. A travers l'inventaire exhaustif d'un domaine traditionnellement réservé aux archéologues, aux zoologues et aux zootechniciens, c'est donc une véritable anthropologie de la domestication animale qui est ici fondée.