Vous voyez bien cet anneau, dit-il au sultan ; mettez-le à votre doigt, mon fils. Toutes les femmes sur lesquelles vous en tournerez le chaton raconteront leurs intrigues à voix haute, claire et intelligible : mais n'allez pas croire au moins que c'est par la bouche qu'elles parleront. - Et par où donc, ventre-saint-gris ! s'écria Mangogul, parleront-elles donc ? - Par la partie la plus franche qui soit en elles, et la mieux instruite des choses que vous désirez savoir, dit Cucufa ; par leurs bijoux. - Par leurs bijoux, reprit le sultan, en éclatant de rire : en voilà bien d'une autre. Des bijoux parlants ! cela est d'une extravagance inouïe. - Mon fils, dit le génie, j'ai bien fait d'autres prodiges en faveur de votre grand-père ; comptez donc sur ma parole. Allez, et que Brama vous bénisse. Faites un bon usage de votre secret, et songez qu'il est des curiosités mal placées." Cela dit, le cafard, hochant de la tête, se raffubla de son capuchon, reprit ses chats-huants par les pattes, et disparut dans les airs.
Nombre de pages
318
Date de parution
19/03/2026
Poids
170g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080161659
Auteur
Diderot Denis ; Adam Antoine
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Date de parution
20260319
Nombre de pages
318,00 €
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Un de ses amis, le marquis de Croismare, s'étant intéressé au sort d'une jeune femme qui demandait à sortir du couvent où elle avait été placée contre son gré, Diderot eut l'idée facétieuse, en 1760, de lui adresser des lettres prétendument écrites par la religieuse qui lui demandait secours. Le marquis tomba dans le piège, une correspondance s'ensuivit, et l'écrivain, pris à son propre jeu, finit par composer les mémoires que Suzanne Simonin était censée avoir écrits à l'attention de Croismare. « Effrayante satire des couvents » - la formule est de Diderot -, ce roman d'une destinée malheureuse est d'une impitoyable vérité. Mais d'une vérité également engagée, car derrière la voix de Suzanne résonne celle de l'auteur lui-même, qui ne consent pas à voir l'épanouissement humain entravé par l'enfermement ni les exigences de la nature bafouées par la complaisance conjointe des familles et de l'église. Diderot y est présent tout entier.édition de Claire Jaquier.
Jacques, qui voyage en compagnie de son maître, possède une personnalité plus complexe que celle d'un valet de comédie : il est bavard mais aussi quelque peu philosophe et c'est à son fatalisme qu'il doit son surnom. Pour combler l'ennui, il promet à son maître de lui raconter la suite de ses aventures amoureuses. Mais ce récit est sans cesse interrompu soit par son maître, soit par des interventions ou incidents extérieurs, soit par des "histoires" autonomes venant se substituer au récit initial, soit par des discussions entre le narrateur et le lecteur.